Passions d’avril

Publié le 14 Avril 2006

Tiens, c’est Pâques.
C’est le moment d’écouter les passions de Jean-Sébastien Bach avant de se goinfrer de chocolat, d’agneau et de pinard.
JSB a écrit deux passions (selon Saint-Jean et selon Saint Mathieu) qui sont des sortes d’oratorios ou de drama per musica.
Comme il bossait comme maître de chapelle, les édiles de la ville de Leipzig ne lui permirent pas de composer de vrais opéras.
Ces deux œuvres figurent à mon avis parmi les dix plus belles œuvres chorales composées sur cette planète.

La Passion selon Saint-Jean (BWV 245) est de toute façon une passion pour moi.
Le chœur d’ouverture « Herr, unser Herrscher » est à se mettre à genou !
Il commence par un « fleuve » orchestral hallucinant : Glissement torrentueux des cordes d’où émergent les bois (flûte, basson, hautbois) en sonneries, en appels, en cris.
On imagine un fleuve gigantesque (la foule des pèlerins ?) venant faire éclater au pied de la croix, la plus puissante, la plus vibrante et la plus magnifique des clameurs : Les quatre voix unies du chœur déchirant le ciel ténébreux de nuages noirs du cri « Herr, Herr, Herr » Seigneur, Seigneur, Seigneur.
La passion de Jean se poursuit en alternance d’airs mélodieux, de récitatifs pathétiques et de chorals poignants jusqu’au très beau chœur final « Ruht wohl » (repose en paix) qui m’arrache toujours des sanglots.

La Passion selon Saint-Mathieu (BWV 233) est très différente finalement : Composée pour double chœur (voire triple si on compte le choeur d’enfants) c’est un monument à lui tout seul ; le rouleau compresseur de l’Harmonie !
Le chœur d’entrée est lui aussi fabuleux et un des sommets de la composition : Deux chœurs qui s’appellent et se répondent et entre lesquels glisse en cantus firmus un choral d’enfants.
Et puis il y a cet air d’alto « Erbarme dich, mein Gott » (Pitié pour moi, Seigneur)… Quelque dix minutes de bonheur intense !

Bien que je sois un « baroqueux », j’ai toujours aimé la version légendaire et moderne (Wagnérienne) de la Saint-Mathieu par le Philharmonique de Berlin dirigé en 1973 par Karajan (Chœur du Singverein).
Pour la Saint-Jean, je n’en démordrai pas : La version de 1971 de Nikolaus Harnoncourt (Consentus Musicus de Vienne + Chorus Viennesis + les Petits Chanteurs de Vienne qui se défendent comme des chefs)
Cette version sera mise dans mon cercueil (avec moi, hein !) sinon je viendrai hanter tout le monde grave à chier.

Fin de loup

 

Rédigé par Martin-Lothar

Publié dans #Quantiques du loup

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

laouenanig 15/04/2006 12:07

j'avais oubliéBWV 233, je connais pas!sur la mienne, y a marqué 525!zut, c'est peut être pas de çà que l'on parle...Enn?tu l'as retrouvé le gros c****** à la BM?sans dec', faut que je l'écoute ( la passion, pas la BM, si le Loup nous dit que c'est très fort, c'est que çà doit l'être..)

petiterenarde 14/04/2006 22:30

il vaut mieux l'écouter vivant que mort, bach...bon, ok, je sors...