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Martin-Lothar

Du haut de contre à la basse (3/x)

24 Août 2006 , Rédigé par Martin-Lothar Publié dans #Quantiques du loup

Une équipe de chercheurs de l'université de Bologne viennent de déterrer le cadavre du célèbre castrat Farinelli (1705-1782) afin d'étudier comment son anatomie a réagi à la castration !

Farinelli

Farinelli, source Wikipedia

Bon moi, je ne vois pas encore l’intérêt du truc hein !
C’est vrai que les castrats sont une espèce en voie de disparition…
Ils ont même tous disparus et le dernier en date se nommait Alessandro Moreschi qui était chanteur à la Chapelle Sixtine au début du siècle n° 20.

Un castrat est un chanteur de sexe masculin ayant subi la castration avant sa puberté afin de conserver sa tessiture et son registre d’enfant.
Vous allez me dire : « A quoi bon ? »
Les castrats ont été inventés en des temps où les musiciens criaient misère (ce qui est encore le cas aujourd’hui, hein ! surtout quand on colporte n’importe comment leurs œuvres et leurs droits) et où il était souvent interdit aux femmes de chanter dans des églises ou dans des opéras.
L’intérêt aussi du castrat sur une voix féminine, c’est qu’il a plus de coffre et que son registre (aigus/graves) est généralement plus étendu.
Ce n’est pas le tout d’avoir une belle voix, il faut aussi qu’elle soit l’outil pour l’expression d’un maximum d’émotions et de vibrations.
L’autre intérêt c’est que même sans leurs boules, ils restent des garçons et qu’ils chantent vraiment d’une « autre manière » que les filles : Il y a en effet (à mon sens) une nette différence « sexuelle » notamment dans la « respiration » et dans l’articulation des sons.
Mais bon, c’est mon opinion hein !
L’inconvénient par rapport à une voix de femme, c’est que d’une manière générale ils ne sont pas toujours aussi « justes » et surtout, ils ne peuvent jamais dans les registres aigus être aussi à l’aise ni monter aussi haut que les vraies gonzesses qui en ont deux où je pense.

Pour l’instruction de mes lecteurs de chez Tousâges Tousexes & Toutpoil, je livre la liste des « voix humaines » de chez Tousâges Tousexes & Toutpoil communément admise par les mélomanes patentés.
Je précise que cette liste a été établie avec célérité, autorité, commentaires et sympathie par Giovinetta (Cantatrice de grands talents et coloc sur le loftblogue Frivoli)
Pas de la merde quoi !

De haut en bas vous avez donc :

  • Soprano (je passe léger, colorature, spinto, lyrique, dramatique qui sont autant de caractères que des hauteurs)  et les sopranistes (j'ai pas été regarder comment ils sont faits)

  • Mezzo (soprano)

  • Alto et contralto et contre-ténor à l'Anglaise (voix de tête comme Alfred Deller, Henri Ledroit) et j'y mettrais les castrats même s'ils sont intermédiaires car en voix de poitrine puissante comme les ...

  • Haute-contre à la française (voix de poitrine poussée très haut comme JP Fauchécourt)

  • Ténor napolitain ou non

  • Baryton (martin et autres oiseaux)

  • Baryton basse, intermédiaire évidemment

  • Basse, basse noble, basse profonde. Il doit là aussi y avoir des subdivisions.


Dans tout cela, j’ai mes préférences, bien sûr, mais c’est une autre histoire et une autre note !
Ceci étant…
J’ai écrit quelques lignes plus haut le mot « vibration »
Ce mot, cette « idée » est en fait la clé de tout l’univers et de la vie…

La première chose que nous faisons quand nous naissons : Nous crions !

Nous gueulons et dégueulons tout ce que nous pouvons.

Nous crions, (et nous chantons aussi), car nous vibrons seul, tout seul et tout nu pour la première fois de notre vie.

Car nous avons attrapé le plus haut-mal de l’univers : La vie !

C’est vrai que ça fait chier ! (au sens propre, sale et figuré)
C’est vrai que ça doit faire mal.

Nous étions bien dans notre œuf hein ! Trop bien !

oeuf

Pendant des mois, nous étions en un décubitus fœtal des plus reposants.
Nos poumons étaient gorgés d’un nectar exquis que nous « respirions » et « expirions » sans le savoir et qui nous nourrissait à chaque seconde sans que nous ayons à le demander ou que nous ayons la colère de l’exiger ou l’angoisse d’en manquer.
Nous étions dans une chaleur des plus douces, en état d’apesanteur, dans un silence et une paix « royale » voire « divine »
Tout juste la palpitation du grand cœur de notre matrice nous berçait : Poum poum,  poum poum, poum poum…
Luxe, calme et volupté.
Nous autres petits garçons, nous pouvions même bander tout à notre aise sans que personne ne le remarque, s’en moque méchamment (ou pas) ou nous le demande…
Nous avions d’autres vagues « échos » et vibrations d’un « ailleurs » dont nous nous foutions comme de l’an quarante.
Le grand pied bleu quoi…
Le Paradis !

Et puis un jour, il y a eu cet « ordre » : Dehors !

Fait chier !

Les plus grands physiciens actuels vous expliquent que quelques secondes avant le « big-bang » l’univers était réduit à un seul point.
Les géomètres ajouteront qu’un point n’a aucune dimension quel qu’elle soit.
Non seulement ce point primordial n’avait pas de dimension, mais il n’était non plus la continuité d’aucune ligne, l’expression d’aucune figure, la réalité d’aucun plan, surface ou volume.

Un point, c’est tout.

Et tout fut en un seul point.
Ils vous diront aussi que dans ce point sans corps ni âme, il y avait toute l’énergie de l’univers à l’état pur.
C’était la concentration de toutes les forces, de toutes les possibilités, de tous les destins, de toutes les évolutions, de tous les états et de toutes les dimensions.
C’était le point primordial, la Verbe, le Grand Quanta !
Lui aussi était dans son « paradis »
Et puis, il y a eu un ordre aussi à ce moment-là.
Qui le donna ?
Je ne me prononcerai pas sur ce problème, ou cette fonction (comme beaucoup d’autres)
Mais je cherche hein !
Je n’ai plus que ça à foutre d’ailleurs…
D’aucuns affirment que c’est le point lui-même qui se donna l’ordre (puisqu’il était tout en rien) et qui fit le « big-bang »

Toujours est-il que cela fut.

Toute l’énergie possible (actif) se libéra et « inventa » en quelques secondes quelque chose d’opposé, la matière (passif) simplement pour avoir quelqu’un avec qui s’engueuler (ou causer calmement)

Et tout alors ne fut que vibration…

Et notre bébé est viré de sa matrice.
Et ce petit point de toute espérance, de toute possibilité et de toute probabilité sortira de sa matrice comme il mourra : En serrant les poings.
D’abord on lui coupe le « grand lien » qui le reliait à la matrice, son FAI (Fournisseuse d’Abondance et d’Indolence)
Les vacances sont finies !
Et il vibre alors ; il gueule !

Fait chier !

En quelques secondes, ces poumons se remplissent de ce qu’il sent être du vide et de la solitude : De l’air, du gaz sec, froid, acide, inconsistant.
Il gueule !
Ça doit faire mal !
En plus, tels les Shadocks, il faut pomper sans cesse pour obtenir ce gaz de merde.
Et celui qui ne gueule pas se fait pendre par les pieds et reçoit sa première fessée !
Il gueule !
En quelques minutes, il devient le « réceptacle » des toutes les contraintes et de toutes les vibrations de l’univers : Températures, bruits, lumières, caresses, baisers, odeurs et surtout…

Surtout !

Oh ma mère !

Surtout !

Oh mon père !

La pesanteur, la gravité, la chute, l’inertie, la vieillesse, la mort !

En quelques heures, il fait encore la connaissance et engrange les vibrations et l’énergie de toute une société : Enfants, adolescents, gens mûrs vieilles personnes : Soprano, Alto, Ténor, Basse…

Jean-Sébastien Bach (qui dans ma meute vient de suite après moi, Arthur Rimbaud et avant Marguerite Yourcenar) a composé la cantate « Nun Komm der Heinden Heiland » (BWV 61 pour les fans) :
Le chœur d’ouverture de cette œuvre qui célèbre la naissance et la venue du sauveur (tout bébé est un sauveur potentiel ou pas) est une vibration hallucinante sur la vie :

Viens maintenant, Sauveur des païens
Enfant reconnu issu de la Vierge
Tel que le monde entier s’étonne
Que Dieu lui envoie pareille naissance.

C’est une ouverture « à la française » et par « ordre d’apparition » vous avez d’abord les sopranos, puis les altos, puis les ténors et les basses chantant à leur tour « Nun Komm… »

Ces quatre voix vibrantes se fondront enfin dans…

Dans…

L’harmonie, la révélation, la vie.

Tout cri est un chant
Tout chant est un cri.
Tel le nouveau-né, l’humanité a crié et a chanté avant même de se lever ; de peindre, de parler d’écrire ou de se battre.
Les enfants chantent alors qu’ils ne savent ni lire ni compter et écrire et c’est bien chanter qu’ils aiment le plus au monde.
Ecouter un enfant chanter guérit de tous les cancers de la vie.

Certains musicologues se sont baffés grave pour déterminer quel était le premier instrument de musique.
Certains avançaient le tambour ou le xylophone (un simple tronc de bois évidé) ; d’autres la flûte (en roseau ou en os percé)
Il est évident toutefois que le premier instrument de musique au monde est le corps humain.
C’est même le plus beau et le plus compliqué.
Des grandes orgues à côté, c’est de la gnognote.
C’est pourtant grandiose, complexe et beau un orgue, hein !
C’est un souffle dans des tuyères bien ordonnées.
Ça vous donne des frissons irrépressibles quand ça raisonne, vibre dans une cathédrale de plus haut style.
Bien orientée ou pas
Que l’on soit croyant ou pas.

En faisant ainsi vibrer leur corps « en harmonie », nos ancêtres des cavernes ont compris (reçu) le secret des secrets de l’univers.
Ils ont tout compris (perçu) de la vie.

Résumons nous : Au moment du big-bang, l’univers n’était qu’un point d’énergie sans taille, ni forme, ni dimension et finalement sans existence propre.
C’était le Grand Quanta.
Il était proche du néant sans que le néant soit car le néant ne peut rien produire, modifier altérer, détruire ni contenir quoi que ce soit (sinon ce n’est pas du néant, hein !)
Soyons réalistes sinon logiques.
Bref, le Grand Quanta était sans être : C’était une sorte d’infinitif de l’être qui n’avait personne pour le conjuguer.
(OK mes métaphores sont un peu simplistes, mais je n’étais pas là quand ce qui devait arriver arriva, hein !)
Le Grand Quanta s’emmerdait grave dans son grand tout seul où il ne pouvait même pas voir à quoi il pouvait bien ressembler.
Finalement (et originellement) la création de l’univers est une grosse dépression due à la solitude.
Je vous le dis comme je le sens, hein ! En cette fin d’un mois d’août plus pourrie t’es blanc comme un cachet d’aspirine (vitaminé C).

Le Grand Quanta inventa donc le miroir, le grand Autre.
Il créa alors de ce qu’il était en potentiel tout ce qu’il lui fallait pour être en réel : L’addition et la soustraction ; La multiplication et la division ; les puissances et les racines ; l’injection, la bijection et la projection.
Il inventa cette fabuleuse trinité : L’opposé, l’inverse et le contraire qui permet à l’unité de générer l’infini et l’éternel.
Il inventa l’Autre, son miroir.
Il inventa le temps et la conjugaison.
Il inventa la communication et l’amour.
En rencontrant l’autre, l’énergie s’est fait vibration (et vice vertu, pour ne pas dire lycée de Versailles)

Bon au départ, c’était un grand beau bordel de chez foutoir hein !
Il y avait des ondes et des vibrations altruistes dans tous les sens.
Pas le moindre pion, comptable ou flic pour surveiller ou réguler tout ça.
A un moment donné pourtant, deux ondes (ou plus) se sont télescopées et ont dû créer ce que l’on appelle « l’effet papillon » voulant que les battements d’ailes d’un papillon en Europe génère des ouragans aux antipodes.
Les forces multipliées des chocs de ces ondes (réverbération) ont fini par créer des zones compactes, résistantes, absorbantes ayant une certaine agrégation, une certaine cohésion, une certaine « affinité » un certain sens.
L’unité exprimée créa ainsi un nœud, un groupe.
Dans la théorie du chaos, on appelle ça des « attracteurs étranges »

Difficile de trouver une bonne image pour vous expliquer ce que peut-être un « attracteur étrange »
Je vais essayer quand même : Quand vous êtes dans votre bain mousseux et quand vous êtes las de jouer avec votre canard en plastique qui ne fait plus coin-coin depuis longtemps quand vous appuyez dessus, vous rentrez dans la contemplation bestiale des amas de mousse qui se forme au dessus de votre nombril ou de votre zizi (notamment)
Comme pour certains nuages, vous voyez apparaître alors de formes reconnues : un papillon, une montagne, un arbre, la botte italienne, un éléphant, un dénoyauteur de pastèque, que sais-je ?
Le grand chaos de la surface de votre baignoire devient alors un espace quantique abyssal.
Jusqu’à ce que votre mère vous gueule de venir à table ou que le canard jaune vous rappelle à son bon souvenir en détruisant sur son passage toute la carte de l’Europe (l’Espagne avait une drôle de gueule, mais bon).
Ces formes de mousses formées sur votre corps reçoivent des ordres et des contrordres dont la moyenne (ou la tangente, je vous le fait rapide, hein !) est appelée « Attracteur étrange »
Ce n’est pas très loin des fractales (et c’est peut-être le contraire, voire l’inverse)
Et la matière fut ainsi que votre bain dans un certain ordre et même, dans un ordre certain.

Le compositeur italien Claudio Monteverdi inventa (avec d’autres, dont Biber en Allemagne) la polyphonie à l’aube du siècle n° 17 de notre ère.
Il composa en 1610 les Vêpres de la Vierge.
Dans cette œuvre, il y a un Magnificat.
Le Magnificat, que l’on soit croyant ou pas, est le Cantique de tous les cantiques.
C’est même le cantique du quantique.
Il réunit en effet les gloires de la Matrice, du Père, du Fils et du Saint Esprit.
Ces trucs-là ne sont que les composantes du Quanta en fait : L’unité, l’opposé, l’inverse et le contraire (et vice vertu, hein !)
Le Gloria de ce magnificat est « crié » par deux ténors qui se répondent en écho sur le lit (le fleuve, l’océan) du « cantus firmus » des soprani et d’un orgue.
CF le prologue de l’Evangile de Saint-Jean (et bien d’autres textes moins hérétiques)
Quand j’entends ces quelques mesures, ces vibrations, cette harmonie, je ne peux plus vibrer : Je suis tétanisé.
Sicut erat in principio, et nunc, et semper et in saecula saeculorum…
Ah mais !

Fin de loup

 

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Commenter cet article

Pierre-jean 24/08/2006 22:05

Juste avant de lire cet article, j'écoutais Declan Galbraith, c'est vrai que ça a du coffre ces petits machins. En fait, je crois que les coupables des ouragans, ce sont ces petits monstres braillards et non ces innocents lépidoptères. Si un papillon provoque un ouragan, alors quatre petits marmots comme les Tokio Hotel provoquent l'apocalypse ! :-)