Le saigneur à dit…

Publié le 21 Octobre 2006

Je suis dans ma petite Clio pour aller faire des courses hebdomadaires chez Champion.
A peine sorti du garage, je mets la radio qui est fixée sur Radio Classique.
Par un effet du hasard, je tombe dans un creux, c’est-à-dire entre deux morceaux.
Ce qui va suivre s’est réalisé en quelques secondes :

  • Un orchestre de cordes se lance dans son thème ;

  • Quelques mesures et je reconnais du JS de chez Bach ;

  • Je connais ce morceau, mais ne peux le nommer dans mon esprit embrouillé du samedi matin ;

  • C’est un orchestre ni baroque, ni moderne, ché plus ;

  • Il y a une telle pulsation dans le jeu des archets que je reconnais incontinent ce bon vieux John Eliot Gardiner à la baguette si ouverte ;

  • Quelques mesures plus tard et notre Bach devient du Vivaldi ;

  • Je connais ce morceau, mais ne peux encore le reconnaître ;

  • Quelques mesures encore et notre Vivaldi redevient du Bach ;

  • Je parie toujours pour Gardiner ;

  • J’exclus les quelques œuvres de Bach sur des thèmes de Vivaldi ;

  • Vivaldi n’a pas composé sur des thèmes de Bach ;

  • Pourtant ils sont bien là-dedans tous les deux ;

  • A-t-on découvert un nouveau manuscrit ?

  • Mais je connais ce morceau, mais ne peux encore le nommer ;

  • Quelques mesures encore et notre Vivaldi joue à saute-mouton avec Bach ;

  • Bon là, tout de go, il y a un chœur qui s’enchante sur un « Dixit Dominus »

Bon OK : Tout faux le loup !

Si ce n’est pas Bach ou Vivaldi, c’est l’autre génial affreux jojo (né en 1685 comme le père JSB et le Domenico de chez Scarlatti)

Le développement épatant du chœur en est patent !

  • C’est lui !

  • C’est Jojo.

  • C’est toujours Gardiner aussi.

  • Et si c’est Gardiner, le chœur est le Monteverdi Choir et l’orchestre, c’est le Monteverdi Orchestra.

  • Je parie mon poids en cacahuètes népalaises !

  • Ça pulse trop.

  • C’est trop bon

  • Ça déchire grave.

  • J’en arrête la bagnole sur le bas-côté pour écouter tout ça en fermant les yeux.

  • Les voix du chœur s’empilent ou s’enchevêtrent inexorablement en un jovial feu d’artifice sur les bases vibrantes des cordes : C’est une cathédrale d’un bonheur idéale qui se compose dans ma tête…

  • Puis ça retombe en gerbes et remonte soudainement en fontaine de jouissance, de voluptés et d’ordre.

  • Et ça recommence…

Et puis le silence et la voix dans le poste qui désannonce :
« C’était le chœur d’entrée du Dixit Dominus de George Friedrich Haendel interprété par le Monteverdi Choir & Orchestra dirigés par John Eliot Gardiner »

Le Saigneur a dit ce jour que le loup avait droit à quelques minutes de paradis.

GF Haendel a composé ce Dixit à l’âge de 22 ans alors qu’il voyageait en Italie.
Moi, à 22 ans, je ne savais même pas péter mélodieusement.

Note : Le Dixit Dominus est tiré du psaume 110 de David (109 pour la Vulgate)

Dixit Dominus Domino meo sede a dextris meis donec ponam inimicos tuos scabillum pedum tuorum
Parole du Seigneur à mon Seigneur: Assieds-toi à ma droite, Jusqu'à ce que je fasse de tes ennemis (ou de tes malheurs. NDA) ton marchepied.

Fin de loup

Rédigé par Martin-Lothar

Publié dans #Quantiques du loup

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Commenter cet article

laouen 22/10/2006 09:38

Werewolf, je te rassure: Martin Lothar n'écoute pas que du Monteverdi ou du Bach...nan, j'ai rien dit!!!bises

werewolf 21/10/2006 20:38

Moi je préfère m'adonner aux bacchanales