Ô Asvin, répandez sur moi le suc de l’abeille, ô maître de la splendeur, afin que j’adresse aux hommes
une parole pleine d’éclat. (Atharva-Veda, 91)
Le faux-bourdon est une cloche, comme dit Pierre-Jean et il est aussi
le mâle (1) incapable, feignant et pleutre de l’abeille (le faux-bourdon, pas Pierre-Jean hein !) On dirait un peu un préretraité des régimes
spéciaux franchouillards.
Car le royaume des abeilles va bien mal ; le saviez-vous les gens ?
Notre adorable, mythique et indispensable bz-bz à pain d’épices se tire ; se casse ; se barre, en nous laissant seuls comme des cons
avec notre mobile, notre GPS, notre vaporisateur à pesticides et notre moule à gaufre électronique made in China.
Mais que se passe-il donc dans la république séculaire, légendaire, divine et laborieuse des apidés ?
Une butinerie mutinerie ?
Une révolution ?
Une grève sur le tas de miel ?
Une épidémie ?
Un génocide ?
Nul ne sait encore très bien, mais beaucoup énumèrent déjà les multiples causes possibles de la disparition de quelque 50 % à 90 % de la population des abeilles dans les dix dernières années
(selon les zones de notre patate planétoïdale)
Sans elles, nonante pour cent des plantes bouffées par l’homme ou ses esclaves animaux seront privées de moyen naturel de
reproduction (pollinisation par butinage)
Ça fait peur hein !
Je ne vous parle pas du miel car sans abeille, on ne parlera plus jamais de miel…
Foutre de merde, un monde sans miel serait aussi ennuyeux qu’un jour sans pain ou une tartine sans trou !
Bon évidemment, comme d’hab, nos bons spécialistes humains y vont de leur flonflon de chapelle au politiquement incorrect pour
accuser les divers assassins et cela donne le tintamarre suivant :
Voilà le tableau et la liste des suspects…
C’est sans doute tout cela en même temps : Une association de malfaiteurs maffieux, je vous le dis.
Ah si le monde scientifique était organisé comme une bonne vieille ruche de remise champêtre, de bocage ou du coin du bois, nous y
verrions sans aucun doute plus clair et plus vite dans ce massacre atroce, car les abeilles sont beaucoup moins bêtes, moins compliquées et plus humbles que certaines tribus dégénérées de rats ou
de coyotes humains hein !
Les loups taquins vous diront aussi que s’il y a de moins en moins d’abeilles, c’est qu’il y a de moins en moins d’ours pour se
bouffir de miel !
Et s’il y a de moins en moins d’ours, c’est qu’il y a de plus en plus d’hommes malpropres, crétins, jouisseurs, profiteurs,
égocentriques, démagogiques et inconscients.
Les abeilles subiraient-elles ainsi le triste sort du dronte (ou dodo) des îles Mascareignes ?
Il faut dire que les destins de l’homme, de l’ours, de l’homme qui a vu l’ours et de l’abeille sont liés depuis qu’il y a des
loups-garous ; c’est-à-dire, bien avant le déluge et l’arche du Capitaine Yvan Noé lui-même !
Mais c’est une autre histoire, une autre légende que je vous conterai bientôt, si vous êtes sages, natürlich !
On t’aime l’abeille, reste avec nous !
(1) « Les abeilles dont les mâles forment une caste de princes fainéants, goulus turbulents,
jouisseurs, sensuels, encombrants, imbéciles et manifestement méprisés. » (In la Recherche)
(2) « Une espèce d'abeille japonaise élimine les frelons intrus dans l'essaim en le couvrant de plus
de cinq cents abeilles qui forment une boule serrée et provoquent la mort par surchauffe de 44 à 46 ° C (In la Recherche)
A suivre
Fin de loup
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