Sociologie de la patate chaude

Publié le 12 Septembre 2005

Classé dans la série : « Les angoisses du loup-garou »

Dans la vie professionnelle notamment, une patate chaude est une affaire, un dossier, un projet, une demande quelconque que personne ne tient vraiment à gérer ou à traiter et qui se passe de main en main jusqu’à son explosion, son oubli total ou son « malheureux égarement »
Bien souvent, au départ, la « patate chaude » est une affaire très simple qui pourrait se régler en quelques minutes à peine si une malheureuse obscurité de base ne tissait pas rapidement tout un écheveau d’embrouilles, d’erreurs ou de malentendus qui la chauffent rapidement et la fait circuler de bureau en bureau.
Il peut s’agir aussi d’une demande dans un domaine ou une matière un peu exotique qui, par le manque du regard d’un expert dès le commencement, transforme rapidement notre patate en un engin extra-terrestre que tout le monde cherche à éviter à tout prix par la suite.
C’est le premier destinataire qui souvent chauffe la patate : Parce qu’il n’a pas le temps ou qu’il est mal luné ce jour-là, il comprend de travers et ajoute immédiatement une couche obscure sur laquelle il se focalisera jusqu’à l’abandon et la transmission de la patate au premier venu. Cette cession sera évidemment accompagnée de la première analyse erronée que le deuxième receveur ne cherchera pas forcément à contourner ou à critiquer.
Le troisième receveur aura sur les bras notre patate copieusement arrosée de tous les qualificatifs voulus (un pot de pus, un truc indémerdable, un mouton à cinq patte etc.) et sans même y mettre son grain de sel, cherchera immédiatement une quatrième victime ou poussera discrètement notre patate dans un coin de son bureau espérant secrètement qu’elle y sera oubliée ou que si elle explose, cela se passe pendant ses congés.
Eventuellement, la patate peut tomber entre les mains de quelqu’un chaussé d’un esprit élémentaire et méthodique qui ira directement à la requête première et réglera le problème en trois coups de cuiller à pot : la patate est alors refroidie et consommée en quelques minutes.
Ce génie-là doit alors bien se garder de faire de la pub ou de crier victoire trop fort, au risque de se voir labellisé comme un grand spécialiste de tout et de retrouver un lundi matin, tout un saladier de patates bien brûlantes déposé par « on ne sait qui » sur son bureau. Au fond du saladier, il y aura aussi quelques bons vieux squelettes sortis opportunément de bien des placards…
Les patates chaudes se consument ou se consomment le plus discrètement possible !
Note du loup : Je sais à qui je vais encore donner faim...

Fin de loup

Publié dans #Angoisses

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schera 13/09/2005 19:31

Les gauffres c'est sympa aussi :)

martinlothar 13/09/2005 19:13

Get Low : Attention avec trop de patates chaudes on arrive par faire un gâchis parmentier !Lewis : effectivement, d'où l'expression : rat la patate !Werewolf : avec ta purée, je t'avais vu venir avant même d'avoir fini d'écrire ce texte. Comme quoi, on finit tous par se connaitre un peu et c'est vraiment sympha.Enn : Entièrement d'accord avec toi : n'importe quel commentaire nous réchauffe le coeur, sinon la patate.Tippie : ça ce n'est pas n'importe quoi comme commentaire : je ne sens plus mes mollets !Mlle Moi (Words,Words,Words) : Que d'expérience ainsi prodiguée ! C'est vrai que tu as une grande culture - et pas de patate - et tu es loin d'en être une.STV : Décidemment, je m'attends à tout de toi : manger des crépes en septembre... vraiment (c'est malin, j'adore les crépes et tu m'en a donné envie)

STV. 13/09/2005 08:51

Comment tu as su que la raclette et/ou la tartiflette était mon plat préféré ? C'est malin : ce soir j'étais censé faire des crêpes, mais subitement j'ai envie de changer de menu...STV.

Mlle Moi 13/09/2005 03:08

Le problème, avec ce type particulier de patate, c'est qu'il ne se comporte pas comme toute bonne patate bien élevée et consciente de son devoir le feraitPar exemple, quand on la lâche par terre, au lieu de s'écraser (en purée) et faire profil bas, ben elle rebondit et te revient dans la gueule.Très délicat à manier, la patate chaude.

enn' 13/09/2005 00:27

tout blogueur qui se respecte, fût-il un loup, éprouve un petit pincement de plaisir à la lecture d'un commentaire, aussi banal fût-il.

Tippie 12/09/2005 23:35

Troisieme jour depuis la decouverte des "Chroniques du loup garou".Troisieme jour qu'au fur et a mesure que je lis l'article du jour, je me dis: "trop fort. Vraiment trop fort!"Troisieme jour, que je conclue la lecture par un "Ah, c'est excellent!" que je n'ose meme pas mettre en commentaire car 1/ c'est pas tres constructif. 2/ tout le monde doit deja le penser. 3/ je me repeterai, tous les jours, inlassablement.Mais bon, aujourd'hui, faut quand meme que je le dise: Excellent! Absolument excellent.C'est un regal.

werewolf 12/09/2005 23:23

Puréééé !

lewis 12/09/2005 21:55

Parfois on trouve aussi des rats crevés au fond du saladier.

Get Low 12/09/2005 20:50

ahaha, moi qui ai un mont(icul)e de patates chaudes sur mon bureau en ce moment, qu'est-ce que je fous là a écrire ce commentaire inutile ?je trouve la sociologie de la patate chaude forte interessante.