Adieu, vieux machin…

Publié le 4 Mars 2007

Classé dans la série : « Les angoisses du loup-garou »

Je ne sais pas si vous êtres comme moi, mais j’ai toujours un petit pincement au cœur quand il s’agit de me débarrasser d’un vieux truc définitivement usé ou explosé qui vous aura rendu de bons et loyaux services pendant des années.
Ce peut être un grille-pain, un aspirateur, un vêtement, un poste de radio, un bol, une assiette ou un ordinateur.
Ce vieux machin vous aura accompagné quotidiennement pendant des décennies ; il aura vieilli avec vous et à force, une sorte de connivence, une amitié presque s’est établie entre vous et cet objet.
Quelquefois, le truc aura été acheté sans crédit avec une fierté non dissimulée et quelque angoisse avec le premier salaire de son premier boulot…

Faute de performance, d’allumage et de place, il vient un jour où le rebut, la remise, la décharge devient incontournable et vous partez un soir d’un pas funèbre porter la chose au local des poubelles.
Un dernier regard, un petit mot ne serait-ce qu’un petit « merci mon vieux » et vous vous en retournez le cœur un peu pincé pour vous renseigner sur les derniers modèles en étalage.

Le deuil est de courte durée et se termine généralement quand on arrive enfin à sortir le dernier bidule Aïethèque de son emballage compliqué grave à rendre fou un polytechnicien.
Avec fébrilité, on zappe quelque peu l’énorme documentation et l’on procède au premier essai.
Quelquefois, l’appui sur le bouton marche arrêt ne donne rien car dans son excitation, on aura oublié de brancher le truc dans la prise.
Le deuxième essai est enfin concluant et l’on se félicite de son achat malin en humant l’odeur du neuf et en procédant aux réglages de ses préférences.
On reste quelque minute à contempler le « machin » qui vous aura coûté dix fois moins cher que l’ancien ; qui a un design qui en jette grave ; qui a des boutons, des diodes et des puces électroniques partout et qui vous offrira béat de multiples fonctions dont vous ne vous servirez jamais.

Le lendemain matin, vous grillez vos premières tartines avec ce jeune et beau robot ++ et c’est alors que le doute et le remord s’installent : Jamais cette petite connerie pimpante dans sa prétention neuve ne tiendra plus d’une année et jamais, elle ne vaudra l’ancien, jamais !
Vous repensez alors à votre vieux machin abandonné aux poubelles et vous vous dites qu’une fois amoureusement le truc nettoyé, une fois retapé ou bidouillé malin, il pourrait encore servir à quelque chose : Comme pot de fleurs, porte-crayons, poterie antique à vitrine, presse-papier ou fontaine zen.
Au moins, il passerait près de vous une retraite utile et méritée.

Alors, encore en pyjama, vous courrez comme un fou vers le local des poubelles…
Trop tard !
Vous en sortirez les larmes aux yeux en regardant le camion des éboueurs disparaître au bout de la rue.

Adieu vieux machin, je t’aimais bien tu sais…

Fin de loup

Publié dans #Angoisses

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Monsieur Julien 09/03/2007 07:22

"Adieu, vieux machin…"Vous n'y allez pas de main morte avec Jacques Chirac..."Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais j’ai toujours un petit pincement au cœur quand il s’agit de me débarrasser d’un vieux truc définitivement usé ou explosé qui vous aura rendu de bons et loyaux services pendant des années."Je savais que notre président était usé...notre premier-ministre Coton-Tige l'avait dit....mais explosé??? Au niveau du tympan alors...."Adieu vieux machin, je t’aimais bien tu sais…"Heureusement, ça finit bien...Respectueusement, cher loup. Votre talent, lui, n'est pas usé.

pierre 05/03/2007 23:01

Ouais, et quand après cinquante ans de mariage on jette sa femme ou son mari pour une call girl ou un escort boy ça fait à peu près le même effet.

Leu Warou 05/03/2007 20:32

Anita : En France, pour se débarrasser des vieux machins de 12 ans, de tous bords et de tout poil d'ailleurs, il faut un crise profonde et violente et surtout que des têtes tombent graves !Bière Premier : Jamais je ne photographierai cette saloperie !Enn : Ça me fait penser à une belle anecdocte sur un grille-pain. Merci.Louen : Avec des semelles de rando, tu peux faire une bonne tartiflette hein !Nijenn : Ton homme est un sage et garde-le aussi longtemps que possible. N'est pas vieux machin qui veut !

Nijenn 05/03/2007 17:48

Je ne peux RIEN jeter. Aucun vieux machin, même totalement hors d'usage. Mon homme s'y oppose catégoriquement. Une pièce entière de la maison, son "atelier", regorge de ces vieux machins qu'il faut enjamber pour atteindre le moindre tournevis. Pour me consoler, je me dis que cette manie a quelque chose de rassurant. L'état de "vieux machin" nous attend tous au tournant, non ?

laouen 05/03/2007 07:58

Excellente remarque Anita... Si quelqu'un a la solution, qu'il le fasse savoir.Ton histoire de vieux machin jeté à la poubelle me rappelle mes sandales de rando, à la semelle tranchée, aux brides arrachées.avec un peu d'ingéniosité, elles auraient pu encore parcourir la campagne!!!par manque de place (bagage avion oblige), je les ai abandonnées, soit disant hors d'usage, dans une poubelle d'hotel à Petra, Jordanie...Je ne m'en remettrai jamais, même ma fille me demande encore souvent comment j'ai pu oser faire ce geste odieux.Snif.. je m'en vais me faire griller une semelle, nan, tartine..bises

Enn' 04/03/2007 22:44

On s'attache à tous ces vieux machins. Le seul grille-pain que j'aie eu est passé, en flammes, par la fenêtre.Maintenant je fais griller mes tartines sur un diffuseur : un machin en inox percé de trous, sur le gaz. Le robot rape carottes c'est pareil : il m'a lâchée un mois après l'expiration de la garantie, maintenant je rape à la main. Et ainsi de suite. Pour le machin dont parle Anita...ben là je ne vois pas de solution.

Bière Bremier 04/03/2007 20:52

Je veux une photo du nouveau grille-pain de l'espace.

anita 04/03/2007 20:45

On peut se séparer du premier commentaire: il date un peu...

anita 04/03/2007 20:24

Moi, il y a un certain vieux machin que je me coltine depuis douze ans, avec nombre de mes concitoyens, auquel je ne serais pas fâchée de dire adieu.Maintenant, quand je vois l'horreur soit-disant aïtèque par laquelle ils parlent de le remplacer...