La fête à Jean-Ba.

Publié le 24 Juin 2005

Classé dans la série : « Divers et d'autres saisons »

Tiens aujourd’hui c’est la Saint-Jean et il y en a qui ont déjà allumé les feux de croisement pour nous tenir tous bien au chaud en ce début d’été glacial.
Attention, c’est la Saint-Jean Baptiste : A ne pas confondre avec Saint-Jean le Blogueur (on l’appelle aussi « l’apôtre » dans les bars branchés et « bouche d’or » dans les cabinets dentaires), mais on en reparlera dans six mois, au prochain solstice.

Une belle paire de saints, ces Jean là.

Il faut dire qu’on les confond souvent tous les deux, parce qu’ils n’arrêtent pas de se suivre à six mois d’intervalle - ou de se précéder comme on voudra – comme sur un vélodrome ou un circuit de F1.
C’est un peu comme les frères Choux-macheurs qui s’éclatent dans leur bas skate à moteurs et à roues caoutchoutées chez Michelin. (Quand c’est livré à temps, comme dit l’Indien à la police)
Cette histoire de calendrier a d’ailleurs été piquée aux Romain avec leur Janus (Jean qui rie et Jean qui pleure)
J’arrête, je suis vache.

Jean-Ba lui, c’était le plus vieux, le plus rigolard et le plus agité.
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Né d’une famille biblique très chic – c’était le cousin de JC (Jésus-Christ, pas Jacques Chirac) par sa mère, et l’on dit qu’il descendait en ligne directe d’Adam et Eve ; ce n’est pas de la merde hein, et ce n’est pas donné à tout le monde – Il a pété les plombs très jeune, comme Arthur Rimbaud, Che Guevara et moi d’ailleurs aussi.

Il a quitté sa famille bourgeoise de Bohème pour aller apprendre à fumer de la moquette dans une école kibboutz de Baba-cool écolos : les Esséniens.
On dit même qu’il y avait fait entrer son cousin JC et que c’est lui qui lui avait appris à fumer si bien le linoléum pelousé.
A vrai dire, on les considère comme des jumeaux ces deux cousins-là.
Ils s’aimaient beaucoup, peut-être beaucoup trop disent les mauvaises langues ; mais bon, cela ne nous regarde plus.
Ce qui est sûr, c’est que Jean-Ba a appris à nager à JC et à lui faire du ski nautique ascensionnel : il y a même des photos dans toutes les églises du monde.
Jean-Ba donnant à JC le baptême de l’ère chrétienne.
Il lui aurait aussi appris tous les trucs de magie, le dopage, le coupage du vin, la boulangerie, toutes les manips et les embrouilles pas possibles que le JC a pratiqués par la suite pour arriver premier sur le podium du grande course à pied du Golgotha. (Couronne d’or en mai 33 après lui-même et en 1972 avant JC – Jacques Chirac cette fois)

Je suis sûr que c’est Jean-Ba aussi qui a appris à JC à si bien parler dans les conférences de presse.
Parce qu’il causait bien le JC : Il portait le débat dans tout le pays avec ses acolytes, ses satellites et des paraboles (Le câble n’existait pas encore) et il parlait vrai en plus : des paroles d’évangile qu’ils ont dit dans la presse locale.
Jean-Ba en fait c’était le coach de JC, son impresario.

Parce que Jean-Ba, c’était un sacré intello et un empêcheur de tourner en rond pas possible : La bête noire du président de l’époque, Monsieur Hérode.
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Lui l’Hérode, ce n’était pas un rigolo par contre : une terreur sanguinolente et un fanatique religieux en plus.
Il faisait nettoyer tout au cachère, comme Saint-Nicolas-de-Neuilly, et n’hésitait pas à massacrer des innocents.
Oui, il a fait tirer à la kalachnikov sur des gosses rien que pour retrouver une famille de squatteurs de crèche familiale et municipale.
Ceci étant, comme tous les politiques de l’époque – ça n’existe plus aujourd’hui, heureusement – il faisait des trucs pas propres et pas catholiques dans le dos des députés, des citoyens et des journalistes : Des parties de jambes en l’air avec des membres de sa famille.
C’est de l’inceste et ce n’est pas beau du tout paraît-il et même que Jean-Ba a ouvert sa gueule à l’agora de 20 heures pour dénoncer ces pratiques douteuses voire scandaleuses.

Quand l’Hérode a appris ça – dans un dancing, le Salomé, où il partouzait avec sa généalogie – il a piqué une crise pas possible et a fait mettre Jean-Ba en examen pour diffamation fausse de chez grave.
Il l’a même carrément foutu au trou comme le dernier des jean-foutre.
Pour fêter çà, l’Hérode a organisé une orgie musclée au cours de laquelle il a perdu au poker menteur – ou au monopoly, je ne sais plus - contre sa propre meuf.
Il a été obligé de lui donner ce qu’elle voulait : du pâté de tête au Jean bon fumé.
Alors, comme on manquait de jean bon, on a coupé la tête de Jean-Ba ; on l’a mise sur un plateau avec une feuille de salade et un quart de tomate et on l’a servi à la meuf d’Hérode qui n’y a vu que du feu de Saint-Jean.

Voilà la triste histoire de Jean-Ba qui n’avait pourtant pas la tête dans la poche.

Ce soir, il va y avoir les feux traditionnels : plusieurs bagnoles brûlées en joie dans nos belles banlieues par de jeunes chrétiens fervents ; sous l’orage et dans le désespoir.

Moi, je vais allumer une bougie et écouter à fond la caisse, l’ouverture de la passion de Saint-Jean de Saint-Jean-Séb-Bach par Saint-Jean Nicolas Harnoncourt.
Ou peut-être aussi, j’imagine et si j’ai un instant de Karma : Saint-John Les nonnes en lisant quelques pages de Saint-Jean Giono.

Note du loup : En photos, Jean-Ba peint en clair-obscur par un autre sacré voyou rimbaldien et sulfureux, Il Caravagio.
L’autre, c’est aussi un Jean-bas, plus jeune et en prière, mais je ne sais plus de qui c’est – Pas de moi en tout cas.

Fin de Jean-loup.

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