Martin Lothar (depuis 2005)

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Lundi 3 octobre 2005 1 03 /10 /Oct /2005 20:57

Classé dans la série : « Divers et d'autres saisons »

Ce matin dans le métro de chez RATP, j’étais assis le nez plongé dans mon journal informatique préféré (l’incontournable, précieux et humoristique « AvosMacs ») quand, à la station Concorde, un homme est venu s’asseoir en face de moi.
Un rapide coup d’œil me fait détecter un attaché-case, un costard, une cravate et la cinquantaine d’un respectable homme d’affaires bon chic, bon genre.
Mon regard est alors attiré – et définitivement scotché -  par une chose qu’il tient ostensiblement dans sa main gauche : un filet à crevettes !
C’était un instrument, manifestement usagé d’une largeur d’environ 80 centimètres au bout d’un long manche en bois.
Il le tenait tel Zeus, son bâton de foudre, d’un air des plus dégagés.
Il y a des moments comme ça où de tels décalages sorti tout droit de l’univers de l’absurde ou du non-sens anglais suspend le temps pour quelques secondes d’éternité. Je me croyais dans un film de Tati ou des Monty Python.
A nos côtés, deux collégiennes assises l’une en face de l’autre commençaient à gonfler et à rougir dans la tentative d’étouffement de leur fou rire.
Quelques stations plus tard, alors que les deux filles pleuraient de rire les dents serrées, notre homme se leva et quitta la rame manoeuvrant au plus juste et avec toute la dignité voulue, son improbable filet de pêcheur.
Bon, le métro parisien est un transport en commun comme tous les autres et il n’est pas anormal d’y voir des gens y trimballer toutes sortes de choses plus ou moins insolites : Cela va du lampadaire à la chaise en passant par la cage à hamster et le cactus géant et volubile qui fait de la place autour de soi (Très utile aux heures de pointe)
J’ai même vu un poisson rouge dans son eau et son bocal !
Moi-même, il m’est arrivé un jour de transporter un transat que la Tante Bidule avait amoureusement remis en état pour la Grand-mère.
Etre dans une rame de métro en plein hiver avec un transat vous oblige quand même à prendre un air très détaché de tout, surtout quand par maladresse vous le laisser filer et qu’il tombe en se dépliant complètement.
Par contre, il m’a fallu pas mal d’effort pour le replier tant j’étais secoué par le mélange explosif du rire et de la honte.
C’est comme les cartes routières : j’y passe toujours un bon moment pour tenter de les replier avant de les chiffonner rageusement.

Fin de loup


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