Le plan du Labyrinthe

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Les hurlements des autres

Lundi 30 juin 2008
Un soldat qui ne fait jamais d’erreur ne sera jamais un être humain, mais une simple et ignoble machine à tuer et l’accident existera même dans la pire des guerres qui du reste n’explosera jamais par hasard ou par l’étourderie des peuples ou de leurs armées.

Fin de loup

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Dimanche 29 juin 2008
« Les premiers qui s'éloignent du bord avertissent que la glace plie sous eux, qu'elle s'enfonce, qu'ils marchent dans l'eau jusqu'aux genoux ; et bientôt on entend ce frêle appui se fendre avec des craquements effroyables qui se prolongent au loin comme dans une débâcle » (Philippe de SÉGUR (1780-1873) Histoire de Napoléon et de la Grande Armée pendant l'année 1812)

En vérité je vous le dis, certains de nos bons savants nous prédisent aujourd’hui que le pôle nord perdra toute sa glace au milieu de cet été de l’an de grâce 2008 pour la première fois depuis des millénaires.
C’est la débâcle, l’universelle débâcle !
Je vous affirme toutefois que sans glaçon au pôle, il ne faut pas pour autant en faire tout un pastis, mais réfléchir et travailler pour voir plus loin que ces mauvaises nouvelles qui n’en sont peut-être pas.
A vrai dire, une telle débâcle d’été comme le prochain embâcle d’hiver ne seront ni les premières ni les dernières.
Notre bonne vieille planète, âgée de quelques cinq milliards d’années en a vu d’autres et des plus vertes, des moins mûres, des toutes aussi fumeuses et surtout des plus glacées.
Il fut un temps en effet où elle n’était qu’une énorme boule de neige (bâclée et embâclée) tournant bêtement dans la vastitude de notre système planétaire autour d’un soleil point encore pubère.
Il fut un autre temps où elle n’était que chaos fumeux enfumé par les volcans et les météorites de tous les diables.

Il fut une époque où la vie naquit on ne sait encore trop comment ni trop pourquoi et où elle se propagea dans des conditions les plus extrêmes et les plus obscures sous le doux nom d’archaebactérie
En ces temps, la terre n’était que d’eau et les dieux étaient des fumeurs noirs qui s’ennuyaient graves en s’admirant nuit et jour dans une glace primaire, dans un étrange miroir en abîme voire en abysse.

Les mots « débâcle » et « embâcle » ont pour cœur le mot « bâcle » qui a pour racine le latin « baculum » (bâton)
D’autres penchent pour un emprunt au mot néerlandais. « bakkelen » (geler superficiellement, coller, attacher )
Une bâcle était un bout de bois ou une grosse poutre servant à fermer une porte et le verbe « bâcler » est un synonyme de « fermer » « boucler » ou encore « empêcher » mais c’est aussi un homonyme du « bâcler » au sens de finir à la hâte un travail ou une œuvre.
Ne voyant pas très bien le rapport sémantique entre ces deux « bâcler », j’émet l’hypothèse que ce dernier a plutôt pour racine l’italien « basta » ou le français « baste » qui signifient « suffire » mais bon, basta !
Notons aussi que si le mot « débâcle » est féminin ; son contraire « l’embâcle » est masculin et ne me demandez surtout pas pourquoi !

Le substantif « Banquise » proviendrait de l’ancien scandinave « pakkis ou pakki » (tas ou paquet de glace) sachant que le suffixe « -ise » ou « -isse » se retrouve dans « l’iceberg » (montagne de glace) ou « l’Islande » (pays des glaces)
J’ai entendu dire que l‘Iceberg, ce monstre marin, cet animal en voie de disparition craque autant qu’il chante d’une longue plainte fascinante et inquiétante telles les légendaires ou homériques sirènes.

Quant au mot « glace » il vient du bas latin « glacia » ou « glaciés » (glace, glaçon, dureté, rigidité)

C’est sans doute un embâcle puissant et glaçant qui chassât les Viking de leurs terres nordiques pour le faire rappliquer vers le grand sud anglais, irlandais, allemand, frison ou normand entre l’an zéro et l’an mille.
C’est éventuellement, une belle débâcle qui leur permit de se porter vers le grand Ouest et d’y découvrir leur « Vinland » légendaire, mythique ou pas !
Le Vinland fut un peu pour les Nordiques ce que l’Atlantide fut aux Grecs ou aux Romains : Un autre monde sinon un nouveau monde.
Il y a une forte probabilité pour que ce nom de « Vinland » (terre des vignes – sauvages) désigne toutes les nouvelles terres découvertes à la fois par la glace comme par les Vikings d’Erik le Rouge telle Terre-Neuve, le Canada, le Groenland, l’Island ou d’autres îles septentrionale à jamais englouties par les eaux ou cachées par les glaces.

Notre bon malouin malin Jacques Cartier n’aura donc pas été le premier ni le derniers des Européens à construire sa cabane au « village des cabanes » alias « Canada » ou encore « Stadaconé »  et enfin « Québec »
Tiens à propos, notre bonne ville de Québec fêtera le 3 juillet prochain le quadri centenaire de sa fondation : Il faudra jeudi que je me fende d’un ICul de circonstances, pour ne pas dire d’un ice-cul !

Illustration : Carte (contestée) de 1434 faisant apparaître pour la première fois à l'Ouest le «Vinland » et donc probablement l‘Amérique. (Source Wikipedia)

Fin de loup

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Samedi 28 juin 2008

Le Rire a toujours été le seul remède contre la misère, la solitude, le malheur, la connerie, la maladie ou la mort. A vrai dire, en nos jours paumés et technos en diable, comment peut-on prendre encore au sérieux des choses, des institutions, des idées ou des gens que n’ont jamais été sérieux de leur vie, de leur mort, de leur condition, de leurs théories, de leurs ancêtres, de leur race, de leur civilisation ni d’autres Eve ou du vert Adam ?
Le Rire, le grand Rire, le beau Rire cristallin, pur, lumineux, insolent, enfantin, sonore, intelligent face à toute leur fausse culture pompeuse, décorée, pontifiée, maffieuse, lénifiante et à jamais sclérosée ; le Rire morveux, mais libre, pissant en archidiacre entre ses deux grandes sœurs, la Science et la Connaissance.
Le Rire, frère de la Vie pour la vie.
Le Rire enfin, instinctif ou spirituel, l’arme absolue, le premier des dieux et l’unique clé de tous nos paradis.

Illustration : Peintre anonyme du siècle n° 17, Portrait de l’archi divin Maître François Rabelais.

Fin de loup

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Jeudi 26 juin 2008
On dit souvent trop bêtement que les cimetières sont remplis de gens indispensables. De nos jours, en Occident, on pourrait le dire justement des maternités.

Illustration : Caspar David FRIEDRICH, (1774-1840) L’entrée du cimetière (1825) Huile sur toile (143 x 110 cm) Gemäldegalerie, Dresde (Allemagne)

Fin de loup

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Mercredi 25 juin 2008
D’après un sondage international récent, le Français serait le plus insupportable, le plus radin, mais le mieux habillé des touristes de cette planète. Bref, de la merde dans un bas de soie (Merci à Messieurs Napoléon et Talleyrand !)
Comment veut-on défendre universellement une langue – sinon un pays - qui n’expriment désormais et à tout va que critiques, mépris, morgues, vanités et fatuités ?

Fin de loup

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Mardi 24 juin 2008

En ce jour de la Saint-Jean le Baptiste, nous apprenons une nouvelle toute fraîche et toute mouillée : Il y a de la flotte sur la planète Mars !
La sonde américaine Phoenix qui est en train de bêcher sur la calotte polaire de là-bas, vient en effet de trouver des glaçons sous la couche de cette terre rouge qui est toujours très à la mode sur cette planète.
Les Martiens sont donc des gens propres et civilisés car non seulement ils sont censés se laver les dents, mais en plus, ils peuvent se faire baptiser et offrir l’eau et les glaçons du Pastis de Marseille ou de Mars tout court.
Ouf !
On peut respirer car tant qu’il y aura du pastagua à trinquer, les guerres des mondes pourront bien attendre quelques jours.
J’écris quelques jours car ladite sonde est en train d’analyser un peu de sol martien et à cette fin il faut que dans un four embarqué elle chauffe à plus de mille degrés les échantillons prélevés.
Imaginons que le Martien moyen soit de la taille d’un ver de terre de Mars, si par mégarde on en grille un dans l’appareil, je ne vous raconte pas l’incident diplomatique !
Si ça se trouve aussi, tous les Martiens sont planqués derrière une dune en se marrant comme des baleines à regarder la sonde ramasser de la glace qu’ils ont piquée quelque temps avant sur le pôle Nord de notre bonne vieille Terre.
Il faut se demander en effet si le réchauffement climatique n’a pas bon dos et si nos glaciers ne seraient pas plutôt pillés que fondus.
On devrait surveiller les pôles terrestres mieux que ça je pense, ça éviterait aux ours polaires dérivant paumés comme jamais de se faire abattre comme des chiens enragés en Islande par des Martiens certainement.
Je vous aurais prévenus hein !

Illustration : Photos de la glace martienne prises par la sonde Phoenix.


Fin de loup

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Lundi 23 juin 2008

Le vrai labyrinthe est un endroit d’où l’on ne sort jamais.
Le vrai labyrinthe a une seule ouverture qu’il est souvent difficile de trouver, mais il n’a aucune issue ; pas même cette improbable entrée que de toute façon on oubliera bien vite.
L’intérêt d’un vrai labyrinthe, c’est de le découvrir entièrement ; d’en visiter chaque couloir, chaque escalier, chaque cellule, chaque salle, chaque chambre qui en fait ne seront jamais les mêmes à chaque passage.
La force et le mystère d’un vrai labyrinthe, c’est qu’il nous amène à en refaire les plans à tous les carrefours ou au fond de toutes ses impasses.
Même son architecte en perdra toujours son Latin, son Grec ou sa géométrie, pour ne pas dire son algèbre.
Ainsi ce pauvre Dédale n’en est sorti qu’au péril de sa vie et au prix de la mort de son fils Icare.
Le secret du labyrinthe est dans le milieu, dans son cœur où brillent, se morfondent ou battent encore sans doute bien des secrets ou des mythes antédiluviens.
Il y aurait peut-être en ce mitan quelque minotaure ou autre Pan terribles et cornus ?
Un Graal, un chaudron, la carte des cartes ou encore un manuel de survie ?
Pourtant, ce cœur n’est jamais au centre : Ce serait trop facile et donc, pas vraiment humain.
Les linéaires de ses couloirs se perdent dans l’infini, dans l’éternel ou sans aucun doute dans ce centre impossible, incalculable.
Le mythe du labyrinthe est né en Crête dit-on sans que l’on sache vraiment ce que signifiait ce mot.
Thésée et Ariane n’auront rien inventé avec leur fil à la gomme : Ils ont triché en fait et cela du reste ne leur a pas porté bonheur…
Aujourd’hui, il y a beaucoup de labyrinthes tracés et effacés à travers toute notre belle et grande Europe : De l’Ukraine à l’Irlande en passant par les cathédrales ; en visitant bien des châteaux de Versailles ou d’ailleurs ; en allant à Compostelle ou à Stonehenge.
Non seulement on ne peut que se déplacer dans le vrai labyrinthe pour aller on ne saura jamais où, mais en plus, il se déplace avec nous.

Illustration : Labyrinthe de l’église de Lucques (Lucca) (Italie)


Fin de loup

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