Le plan du Labyrinthe

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Les hurlements des autres

Mardi 31 mai 2005

Classé dans la série : « Les runes du loup-garou »

J'ai retrouvé ça au fond de ma tanière parmi les feuilles et les ossements :

Proverbes et sentences

Les amputeurs s’effondrent ensuite
Les marabouts témoignent à Noël
Les horloges s’exhibent depuis des lustres
Les commensaux s’accusent à temps
Deux archanges crottent à l’instant.
Les amants pédalent au crépuscule
Le passé balaye soudainement.
L’idéologue frissonnera bientôt.
Les démolisseurs s’échinent parfois.
Les martyrs se méfient à jamais.
Les carnivores exultent longtemps.
L’humour descend sans cesse.
Les illusionnistes mégottent à jamais.
Les donateurs jaillissent la nuit.
Les observateurs rêvassent cette année.
Les musiques claironnent à temps.
Les notables rajeunissent désormais.
Les scouts votent trop souvent.


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Mardi 31 mai 2005

Classé dans la série : « Divers et d'autres saisons »

Les loups ne comprennent pas tout.

Aujourd’hui, mardi 31 mai 2005, 13 heures environ
Rue d’Amsterdam, Paris IX
France
Europe - pour le moment encore - Allez je joke...
Une rue qui descend et qui ne monte jamais comme disait l’autre.
Je marche.
Je vais pour croiser une pauvre vieille femme porteuse d’oripeaux, de sacs élimés et de chiffons gras, attributs génériques des SDF et autres miséreux.
Soudain elle s’arrête et me fixe d’un regard courroucé.
Puis hurle grave :
Manger du papier ça fait niquer voilà !

Son cri a dû être entendu jusqu’à Saint-Germain (en Laye) et même plus loin.
J’en ai eu les oreilles sifflantes et rouges jusqu’à l’entrée de la FNAC : J’ai eu très peur et suis d’un naturel assez émotif.

Je n’y suis pas entré d’ailleurs dans la caverne d'Ali Baba.

Me suis posé un cul,  au pied de la pile d’horloges d’art même pas à l’heure.
Pour méditer sous ce symbole du temps et la protection de Saint-Lazare sur ce cri abscons, fuligineux et pathétique.
Sur cette phrase énigmatique mais définitive quand même.
Surtout définitive : « Manger du papier ça fait niquer »

Les enfants (d'avant Outreau), les misérables, les poètes et les témoins d’assise disent toujours la vérité.
C’est leur seule richesse.

N’aurai-je donc rien compris à rien ?
Ni au papier ni à la nique ?
Après tout ce temps et cette agitation ?

Cette méditation fut vaine…
Je suis parti, dépité en même temps et dans le même état que le rayon de soleil qui m’avait soutenu jusqu’à lors.

En tout cas, je ne lirai plus jamais un livre ou un journal du même oeil
Et je ne baiserai plus jamais de la même façon.

Il faudrait que j’essaye quand même de baiser en lisant.

Comprenne qui pourra.

Fin de loup.


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Lundi 30 mai 2005

Ah oui, j'ai oublié...
ça m'était venu dans l'heureux air en revenant du boulot et j'ai pas pu le noter parce que j'étais du genre sardine.
A propos du chiffre quatre des franchouillards.
Les singes - les français donc, si vous m'avez bien lu - ils aiment bien - ils adorent même  - couper les cheveux en quatre.
Ils ont même une expression pour çà - devinez quoi ?

Couper les cheveux en quatre !

Bingo !
Trop fort !
Même qu'il y en a un - mais il est pas français lui, l'heureux homme - mais il connaît trop grave son français lui - qui a inventé un mot savant :

La tétrapiloctomie...

Bon, d'accord il faut avoir fait du grec où s'être allé voir chez eux.
Ce mec, c'est Umberto Eco.
Un rital de chez rital.
Bon d'accord, il vieillit mal disent d'aucun - mais pas moi - mais pas son saumon.
On en reparlera de l'Umberto.
Lui s'en est un qui a des couilles au cerveau.
Et il l'es a pas dans la poche.
Je t'aime Umberto.
Excusez-moi.
Bon appétit.

Fin de loup

 

 


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Lundi 30 mai 2005

Classé dans la série : « Les runes du loup-garou »

Le loup ne fume pas... Il fulmine.
J'ai retrouvé ça au fond de ma tanière parmi les feuilles et les ossements :

Une gitane écrasée dans du beurre...

Comprenne qui pourra
Moi je me comprends.
Fin de loup.


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Lundi 30 mai 2005
Les eaux de Vincennes devaient être troubles ce matin.
On y avait fait une étrange vaisselle ou lavé un sale linge des familles…

Le chancelier autrichien Metternich avait dit au congrès de Vienne, peu après Waterloo :

L’Afrique a ses singes et l’Europe a ses français

Un ouistiti c’est souvent marrant mais le macaque peut être chiant.
Surtout quand il n’a plus de cacahuètes.

Il ne va plus y avoir grand monde pour leur jeter des arachides maintenant.
Pourvu que le distributeur ne tombe pas en panne.

Et puis il y a les trois singes en ligne - Laissez tomber Bob Morane - on en reparlera :

Le premier, à gauche, qui se cache les yeux et qui dit : « Non, je ne veux rien voir »
Le troisième, à droite, qui se bouche les oreilles : « Je ne veux rien entendre »
Et celui du milieu qui se bouche le bouche.
Un singe sur trois ne s’exprime pas. Il est muet, fermé, autiste…
C’est à gerber.
Gare au gorille !
ô peuple des singes où est ta victoire ?

Un singe sur quatre parce qu’il y a celui qui dit « oui » et que l’on ne voit pas.
Il y a toujours quatre trucs en France :
Les quatre mousquetaires,
Les quatre Suisses,
Les quatre mâts,
Le club des quatre,
Les quatre côtés de l’hexagone…

Ce lui qui a dit "Oui" doit être caché derrière les trois autres,  et leur tourne le dos.
Je ne sais pas où il met les mains et ce qu’il cache :
Le nombril ?
Le front ?
L’anus ?
Le sexe ou la gorge, là où il y a des boules…

Des coqs triomphants ont chanté au l’aube de ce lundi les deux pieds dans la merde.
Ils n’ont réveillé personne.
Ils n’intéressent plus personne.
Les moutons se sont coupé leurs deux oreilles pour s’endormir dessus.
Tombés dans le coma.
Les chiens se grattent l’oreille de la renommée ou se sondent le cul avec leur langue de bois.
Les rats s’électrisent d’impatience
Les hyènes salivent.
Les singes ont voté et les vautours vont bientôt roter.
Le singe est amer et le loup inquiet.

Comprenne qui pourra.

Fin de loup.

 


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Dimanche 29 mai 2005

Classé dans la série : « Les runes du loup-garou »

J'ai retrouvé ça dans au fond de ma tanière parmi les feuilles et les ossements.

Au cycliste rageur, la révérence des chats.

Comprenne qui pourra.
Moi, j'ai pas encore compris...
Fin de loup.


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Dimanche 29 mai 2005

Classé dans la série : « Les colères du loup-garou »

J'ai voté !
Ah la la !
Quelle aventure !

Finalement je n'y suis pas allé en bermuda ni pieds nus.

J'ai retrouvé ma carte d'électeur : elle était à sa place.
Ainsi que ma carte d'identité.
Et le catalogue de la Redoute Automne Hiver 2003.
Par contre je n'ai pas encore retrouvé ALRTP de Marcel P.
J'ai donc emporté le catalogue de la Redoute ci-dessus déjà mentionné pour lire et me détendre dans l'isoloir.
Avant de prendre un décision.

J'arrive au bureau de vote.
Je pensai arriver dans un désert, genre Sahara, mais je me retrouve dans un Carrefour un jour de solde de la foire aux vins.
La foule.
Hurlante
Agitée
Mais pas de caddies.
Des gosses partout même sous les bureaux de votes.
Ils jouent à cache-cache
Est-ce bien légal tout cela mais bon.
Je m'en fout

Une queue par possible à chaque bureau de votre (trois)
Des queues donc dans tous les sens.
Une vrai partouze républicaine.
Je m'approche de la table d'entrée pour prendre une enveloppe.
Bousculade
Quinze personnes m'ont précédées.
On solde les enveloppes et les bulletins ?

Je sors mon portefeuille pour prendre les cartes de truc et de machin.
Dans le geste, j'extirpe  mon bulletin "Zut..." qui tombe par terre.
Et disparaît sous le bureau.
Une petite main le ramasse rapidement et regarde...
Le gosse veut sortir de sous la table pour montrer mon Zut à son père
Il se cogne grave la tête.
Hurlement
Le gosse en pleurs se lève en brandissant mon Zut
Son père le lui arrache des mains.
Il va y avoir un mauvais quart-d'heure...
Où t'as trouvé ça ?
Le gosse se retourne vers la foule interloquée et inspecte les suspects.
Finalement il désigne une dame devant moi...
Ouf !
Mais on se croirait chez Outreau.
C'est à vous ce papier Madame ?
Je sens monter le malaise le scandale, le lynchage d'une innocente...
Je prends le partir de fuir.
Je suis un lâche.
J'ai honte.

Au passage et sans trop regarder je saisis une enveloppe et un bulletin.
Je ne vois pas si c'est un oui ou un non.
Un non ou un oui - Pour ne pas influencer le jury.
On verra dans la queue...

Je me rue vers l'isoloir et en même temps je glisse le bulletin dans l'enveloppe.
Aucun isoloir n'est libre.
C'est la folie ce référendum.
Ils ont peut-être tous appris récemment qu'il n'y avait pas de second tour...
Je prends la première queue venue - si 'j'ose dire.
Mais c'est la plus longue.
Il y a des jours où ça ne fait pas plaisir ce genre d'opportunité.
Coup d'oeil (et de bol) - zeugme - la queue est celle du bureau 10 et moi je suis titulaire à vie du bureau 9 où il n'y a personne.

Je saute vers l'urne funèbre n° 9 et tend mes cartes et mon enveloppe avec un sourire non dissimulé.
Le préposé prends les cartes et me rend l'enveloppe.
Il donne une carte à sa collègue et annonce mon matricule républicain.
Une troisième préposée compulse alors l'inquiétant registre des citoyens happy fellows.

Là-bas, le procès Outreau-Zut semble s'être terminé.
Mon Zut a dû partir dans une poubelle.
Ma carrière politique est finie.
Aux ordures.

Soudain, j'entends crier mon nom.
On hurle au loup.
Je frémis...
Puis on m'invite à insérer mon bulletin - ce que je fais sans attendre.
C'est rigolo de voter quand même...
Je vois tomber mon enveloppe à travers les parois glassnosk de l'urne.
Non sans une petite érection.

Alors là, je m'aperçois que je n'ai pas regardé quel bulletin j'avais mis trop rapidement dans l'enveloppe.
Maudit gosse !
Petit con !
Bon vas je te pardonne...

La fête est finie...

Je repars la tête basse, honteux, déçu, vidé.

Je ne saurai jamais ce que j'ai voté !

Je n'aurai même pas profité de la nostalgie d'un retour à l'école primaire.
Une fois de plus, je ne sais pas ma poésie...
Finis les touche-pipi...
Adieu Eric.

Je n'irai pas ce soir au Champs casser des vitrines et jouer du trombone.

Et il n'y pas de second tour dimanche prochain.

Qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire dimanche prochain ?

Fin de loup.


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