Le plan du Labyrinthe

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Les hurlements des autres

Vendredi 29 février 2008
Nous sommes tous passés par le col, ce lieu étrange et naturel de montagne où le point le plus haut des points bas égale exactement le point le plus bas des points hauts. (Michel Serres, Le Tiers Instruit)

Toute pierre est montagne en puissance. Les initiés passe facilement d’une grandeur à une autre. (Roger Caillois, Pierres)

Juin3.jpg
Bleus les monts, bleus comme les lueurs des âmes bohémiennes ; bleus à se perdre, maudits ou graciés des largesses du jour.

« Dis petit frère, crois-tu que nous reviendrons nous mouiller de ces merveilles d’azur ? »

Bleus les monts, bleus comme les aubes fossiles de nos nuits en leurs flots miroitants ; bleus comme la lame de nos âmes sur le morfil du soir nubileux.

« Nous repasserons sans doute, petite sœur, demain ou à l’heure du retour »

Bleus les monts, bleus comme l’ambre méthylène de nos lents sommets ; bleus comme l’eau d’amour sous le ciel vibrant des monades claires.

« Et à notre retour tout sera comme cela, petit frère ? »

Bleu, le monde, bleu comme le sang giclant des moiteurs cristallines ; bleue, la margelle des sources luisant de l’espoir d’Océans nébuleux.

« Petite sœur, il n’y a pas de raison pour que cela change, crois-moi »

Bleus les monts, bleus comme l’ombre de l’homme au midi des soulanes herbeuses ; bleus comme l’ombrée confiante des frayeurs animales.

« Et nous, petit frère, serons-nous les mêmes au retour ? »

Bleu, le monde, bleu comme l’ondée flagellant les dômes outremer ; bleus comme les tapis moussus de nos sommeils les plus purs.
 

« Petite sœur, nous serons ce que nous aurons mérité, je pense »

Bleus les monts, bleus comme les aubes fossiles de nos nuits en leurs flots miroitants ; bleus comme la lame de nos âmes sur le morfil du soir nubileux.

« Allez viens petite sœur, il nous faut naître maintenant ! »

Bleus les monts, bleus comme les lueurs de nos âmes bohémiennes ; bleus à se perdre, absous ou maudits des grandeurs du monde.

***

Note : Texte de Martin Lothar sur un tableau « Juin 3 » (2006) de Jean Lafforgue (toujours né).
J’ai connu les œuvres de Jean Lafforgue grâce à Saturnin Abadie (en lien aussi à droite, pub).
J’ai mis en lien, à droite, pub, son site de peintures, mais vous pouvez aller aussi voir d’autres de ses travaux sur papier en cliquant ici.

Fin de loup

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Vendredi 29 février 2008
EmpereurAuguste.jpg
Ce n’est que tous les quatre ans qu’on fête l’Auguste ;
Je mets donc sur ce blog son buste
Car c’est juste.

Fin de loup

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Jeudi 28 février 2008
J’ai créé à gauche pub, une nouvelle série de « pages » intitulée « les Intégrales »

Ces intégrales regroupent des articles qui ont été publiés sur ce blogue en plusieurs épisodes parfois fort éloignés les uns des autres.

Du fait du transfert sur Over-blog, les liens internes des épisodes vers le suivant ou le précédent seront obsolètes bientôt.

Les articles seront toutefois conservés dans ce blogue dans leur catégorie respective et en fin de ces pages « intégrales », j’ai mis un lien vers eux afin que vous puissiez lire les commentaires émis au moment de leur publication.

La première de ces intégrales concerne la série « la destinée d’Harry Potter » (épisodes 1 à 7) sachant que je termine tout juste la lecture du dernier tome « les reliques de la mort » dont je vous rendrai compte bientôt de mes impressions.

Bonne lecture.

Fin de loup

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Mercredi 27 février 2008
« La mort c'est un peu comme la connerie. Le mort, il ne sait pas qu’il est mort, ce sont les autres qui sont tristes. Pour le con, c’est pareil… » Philippe Geluck.
CourbetOrigineMonde.jpg
Le mot « con » est sans aucun doute un des plus anciens de notre belle langue et c’est de nos jours, l’insulte sinon l’injure et l’interjection la plus employée au pays de Clovis, de Rabelais, de Voltaire, de Cambronne, de Brassens et de Nicolas Sarkozy.
D’ailleurs, ô con, ce dernier vient une fois plus de s’illustrer et de l’illustrer en illustrant vert l’étiquette d’un péquin et ce, en un lieu mythique de la France profonde et éternelle : Le salon de l’Agriculture.
Bon moi, vous le savez, si j’avais encore quelques affinités politiques, je n’en aurais sûrement pas pour Notre Saigneur président, mais pour une fois, je ne lui donne pas tord d’avoir prononcé sans le vouloir ce « pauvre con » qui tel un pavé ou autre couille médiatique fait encore déborder certaines mares ou potages de canards pressés ou ouébiques.
Pour le moins, je me mets à sa place (s’il ne peut s’y mettre calmement) et dès lors, j’aurais pour ma part non seulement répété audit péquin qu’il était un pauvre con méga grave à chier, mais en plus, je lui aurais mis sur sa grande gueule de con la main qu’il aurait refusé de me serrer en affirmant ne pas vouloir s’en salir.
Ce quidam de mes deux devrait en effet apprendre que les mots « démocratie » ou « société » qu’il doit avoir sans doute dans la bouche ou au bord de l’anus à longueur de sa vie de merde signifie un comportement politique réservé aux gens respectueux de l’opinion de ses concitoyens sinon de ses congénères même si le vote est de plus en plus un piège à cons.
A injurier bêtement, on se fait insulter ou du moins, on se fait envoyer justement se faire voir chez les Grecs Turcs ou les Albanais.

L’injure, l’insulte et l’invective sont des armes à double tranchant dont le maniement sans danger requiert une grande expertise, une vaste culture ou du moins un minimum d’intelligence, sinon d’éducation.

Ceci étant, ce n’est pas la première fois qu’un président de la République française a quelque écart de langage indigne ou pas de son rang et de sa fonction : De Gaulle avait bien qualifié les Français de « veaux » et Mitterrand avait traité de « chiens » certains journalistes trop aboyeurs.
Si ces deux hommes d’Etat sont en l’état, morts, les Français n’en restent pas moins un troupeau avachi de veaux cons comme leurs cornes, aboyés en panique par des clébards pouilleux, ringards et sycophantes. 

Pour en revenir au glorieux mot con, l’incontournable encyclopédie Wikipedia consacre à ce monument de la civilisation française un long article bien intéressant et documenté (en lien en fin de cette note)
Où l’on apprend ou l’on réapprend qu’à l’origine, le con désignait le sexe féminin ; qu’à l’instar de ce dernier, il nous vient des fonds des âges sinon de la plus haute Antiquité et qu’il n’a été remis que très récemment dans le vocabulaire vulgaire ou officiel tout en changeant de sens. Il est en devenu un « gros mot » comme synonyme de « niais », puis de « bête et méchant » et enfin une insulte, une injure, une expression en forme de couteau suisse.

Ce mot est au demeurant (et au demeuré) si utilisé qu’il en perd d’ailleurs à la fois ses origines, ses sens précis et son mordant (pour ne pas dire son venin).
De nos jours en effet, le mot « con » est urticant, réactif, défensif, machinal, spontané, comminatoire ; le « con » est populaire, militaire, poétique, agressif, politique. Le « con » est snob, bobo, de gauche comme de droite et de bon ou de mauvais ton et aloi ; le « con » est héroïque, de haute et de basse noblesse ; le « con » est raciste, royal, jubilatoire, incantatoire, réactionnaire et rhétorique.
Le « con » est impérial, haddockien ou anarchiste ; le « con » est pavlovien, gaulois en diable et en Toutatis ; le con est cosmique, astronomique, polysémique, universel et enfin quantique.

Quelle destinée et que de « lettres de noblesse » désormais pour un si petit mot de seulement trois lettres et d’une syllabe dont les origines sont barbares voire obscures et qui fut pendant des siècles banni honteux de tout discours et de tout texte !
Le mot « con » devrait désormais avoir assurément sa place de choix dans les plus grands dictionnaires et autres panthéons linguistiques ; en trônant flamboyant sur un piédestal en or massif aux côtés des « Liberté » « Laguiole » « fraternité » « pandiculation »  « égalité » « brimborion » « Champagne » « oxymoron » « Beaujolais » « ornithorynque » « Camembert » « palimpseste » et autre « anticonstitutionnellement » des familles franchouillardes !

Pour ce qui concerne l’étymologie du mot « con » tout le monde s’accorde sur le mot latin « cunnus » (vulve ou coin, creux) qui dériva sur un « cuniculus » puis en vieux Français « connil et connin » désignant le lapin.
Ce « cunnus » latin proviendrait d’un mot indo-européen «*kust »  (intestin, rein, vessie) «*sker » (couper) ou encore de «*(s)keu » (cacher)
Or donc, comme nous sommes tous des cons quelque part, nous n’en sortons tous pas moins de l’antique con de la vierge déesse Mère comme des lapins du chapeau du magicien du monde.

Sans penser que cette explication étymologique est une connerie grosse comme le braquemart du Grand Pan, je vais en rajouter là, sous vos yeux et méninges éblouis, de ma propre thèse hardie, lupine et néanmoins garoue :
J’affirme en effet qu’avant de désigner le sexe féminin, le mot con ne signifiait pas autre chose qu’un vulgaire « jambon »
HedaJambon.jpg

Pour le prouver, je vous rappelle que le très british « bacon » des œufs incontournables de tout breakfast britannique qui se respecte de sa Reine, d’Oxford, de Cambridge et de leur Rule est un mot d’origine plus française tu meurs ! (Honni soit qui mal y pense !)
Maître François Rabelais l’employa bien souvent pour parler des jambons de France, de Thélème et de Navarre et l’orthographia parfois par « bas con »
Le mot français « bacon » (jambon) attesté depuis au moins le siècle n° 13, viendrait du Francique « bakko » (jambon ?) et dériva en « baconer » (dépecer un jambon) et « baconier » (Celui qui vend ou fait du bacon, du jambon, un charcutier enfin)
Or donc, le mot « con » n’a rien a faire avec les lapins, mais avec les cochons qui dans le bas coin de leur corps engraisse du « bas con » en n’arrêtant pas comme d’autres gens bons de faire le « con » dans le « con » de leur truie. CQFD !
C’est pourquoi tous les hommes sont des cons et que ce sont aussi tous des cochons.

[NDA : Ici reposait avant autocensure un passage un peu scabreux garni des mots jambon, crème, torchon, con, serviette, cru, à l’os, périodique]

Le mot « con » vient donc du con jambonnant du cochon et ne désigna le blason du sexe faible que beaucoup plus tard et du moins par un artifice en flou artistique.
Si ma thèse est conne pour certains, elle a pour mérite (agricole) au moins de rapprocher le plus puissant mot français du totem magique et sacré de toutes les Gaules romaines ou pas et de tous les Gaulois, Celtes ou pas, cons ou pas : Le Sanglier !

Vive le con !
Vive le cochon !
Vive le jambon !
Vive Bayonne, les Ardennes, l’Ardèche, l’Auvergne, la Vendée, la Savoie, la Corse, Aoste, Parme, Paris, York, la Westphalie et la Forêt-noire !

Et surtout : M.A.C. ! Morts Aux Cons ! (affreux, sales, méchants, riches ou pauvres)


Illustration : Gustave COURBET (1819-1877) L’origine du monde (1866) Musée d’Orsay, Paris.
Willem Claesz HEDA, (vers 1594-1680, Haarlem) Nature morte au jambon (1651) Collection du prince de Liechtenstein, Vaduz.

Référence : Article pas con sur le mot con : in Wikipedia

Fin de loup

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Mardi 26 février 2008

Les bas cons sont ont-ils forcément des gens bons ?

Fin de loup


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Lundi 25 février 2008
Je conçois que l’on puisse préférer l’Ecosse au Var, mais est-ce bien raisonnable de laisser le causse aux veaux ?

Fin de loup

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Dimanche 24 février 2008
AertsenStillife.jpg
Ça m’arrive les trente-six du siècle à l’occasion du ménage (de moins en moins) hebdomadaire et ça commence par le déplacement d’un bibelot pour embrayer par une valse infernale de tous les meubles de ma tanière.
Des meubles et de leur contenu compacté savamment dans leur poussière sainte sinon archéologique…

C’est à quoi j’ai passé ma journée d’hier.

C’est l’occasion (ou jamais) de me rappeler que j’ai des vertèbres en plus ou moins bon état et que certaines choses n’ont pas disparu dans la poubelle par un genre de miracle toujours recommencé à chacune de ces croisades de propreté et d’agencement !

Outre de virer la poussière, je jette tant que je peux dans une poubelle préparée pour l’occasion.
Je retrouve évidemment tout un tas de trucs que je cherchais depuis des lustres : Certains sont voués incontinent aux gémonies des déchets ; d’autres reprendront leur place en toute quiétude, à peine débarrassés des moutons du temps.
Comme leur meuble d’ailleurs, car après le grand bal du loup, tout finit par revenir à sa place comme si de rien ne fut – ou si peu…

En fin de compte, seul l’aspirateur est repu – et c’est déjà ça – car tout ce qui a été foutu à la poubelle est alors ressorti en inventaire avec des « Mais non, pas ça ! Ça peut toujours servir un jour ; je verrai » ou des « Je ne peux quand même pas jeter ce machin sans valeur et inutile profond hein ! »
Le problème et le vice de la chose sauvée des éboueurs, c’est qu’elle ne retrouve évidemment plus sa place dans son nid d’origine.
Et hop ! Au loup de réfléchir pour recaser cette merde infâme si possible à l’abri de son regard quotidien ; des fois qu’il s’en servirait !

Cette propension à collecter et à garder mordicus les objets les plus inutiles et minables qui soient a un nom savant (que je vous laisse chercher ou exprimer par commentaire) et c’est le syndrome d’un maladie psychique (voire psychiatrique) dont je vous causerai prochainement.
« Mais non, pas ça ! Ça peut toujours servir un jour ; je verrai »

Illustration : Pieter AERTSEN, (Vers 1508-1575, Amsterdam) Nature morte (1552) Kunsthistorisches Museum, Vienne

Fin de loup (courbaturé)

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