Martin Lothar (depuis 2005)

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Vendredi 27 avril 2007 5 27 /04 /Avr /2007 18:00
Colin Girard naquit en l’an 1450 dans un hameau non loin de Loches au pays d’Anjou.

Son père était un meunier prospère dont il était le cadet de quatre enfants et à cet égard, sa destinée était dans les ordres et la religion ; ce qu’il admit très tôt.
Colin avait toutefois une grande passion pour le travail du bois, la menuiserie et la sculpture et, dès l’âge de dix ans, il avait déjà acquis dans la contrée une belle réputation en la matière.
Plusieurs de ses statuettes ou retables lui furent même achetés pour quelques écus symboliques et allèrent orner des églises ou des chapelles de la région.

Dès qu’il eut quatorze ans, Colin fut admis comme novice à l’Abbaye de Beaulieu-lès-Loches et il fut confié à l’apprentissage de frère Benoît de Montigny, un des plus fameux maîtres sculpteurs de l’époque.
Après un temps et grâce à son attitude, son courage et la qualité de son travail, il obtint la permission de l’abbé d’aller visiter sa famille au moins une fois par mois.
Pour cela toutefois, il lui fallait voyager seul et de nuit pendant près de trois heures sur une route mal fréquentée.
La fin de la guerre de cent ans avait en effet jeté sur les chemins du pays toute une génération violente de mercenaires, de pillards et d’égorgeurs qui n’avaient rien à se mettre dans le ventre six jours sur sept et qui, par conséquent, n’avaient aucune pitié ou le moindre respect pour la vie des malheureux pèlerins ou autres voyageurs qu’ils massacraient avant de les dépouiller de tout ou de rien.
Colin était cependant malin, vigoureux et très agile ce qui, allié à une belle prudence, lui fit faire plusieurs voyages sans encombre.
De plus, il ne cheminait pas sans un lourd gourdin qui lui servait aussi de canne et il ne partait jamais sans avoir dans sa besace un ou deux grands ciseaux à bois dont la taille et le tranchant pouvaient dissuader de bonne façon les plus hargneux des assassins.

Un soir de mai 1465, Colin Girard quitta une nouvelle fois l’Abbaye pour rejoindre son hameau natal.
L’air était si doux et si parfumé et la lune brillait d’une telle plénitude qu’en marchant, Colin se laissa aller à quelques rêveries et à une insouciance un peu imprudente.
A peine eut-il parcouru la moitié d’une lieue en effet, atteignant le petit calvaire de Choiseul, qu’il perçut un mouvement derrière lui.
D’instinct, il se baissa le plus vite possible tout en retournant et il sentit alors le souffle d’un gourdin qui lui passa à moins d’un pouce de la tête
Dans le même geste, Colin jeta violemment le sien vers son agresseur qu’il manqua.
Le bandit leva de nouveau son arme et l’abattit sur le jeune homme qui, malgré un pas de côté, fut atteint à l’épaule et chuta lourdement.
Le tueur s’approcha alors de Colin affalé dans la poussière pour reprendre son assaut, mais d’un coup de rein, le garçon se retourna vivement et s’appuyant de ses mains décocha une telle ruade que son adversaire fut projeté contre le calvaire où il s’assomma à moitié sans pour autant lâcher son terrible bâton.
Profitant de ce court instant, Colin plongea la main dans sa besace pour en sortir une des ciseaux à bois.
A peine eut-il réussi, que l’homme s’était avancé de nouveau sur lui plus que menaçant, mais Colin esquiva cette fois le coup en se ruant sur lui.
Il lui planta le ciseau en plein ventre.
L’homme sur figea quelques secondes telle une sinistre statue.
Pris de fureur, le garçon donna alors un nouveau coup qui fit plier son adversaire qui cette fois s’écroula en hurlant.

Colin Girard resta plusieurs minutes à genou, haletant, immobile, brandissant encore son ciseau sanguinolent et contemplant effaré sa victime qui, à terre, râlait et gémissait.
Le jeune homme avait appris que par ces temps sans pitié, il devrait un jour défendre sa vie bec et ongles et qu’il serait forcé pour cela de blesser, voire de tuer son prochain, aussi ignoble serait-il.
Ce jour était arrivé et Colin en cet instant, devant le corps agonisant de son ennemi, ne savait pas trop quoi faire ni penser.
Il n’était toutefois pas résolu à achever cet homme ni même à le laisser souffrir de façon atroce pendant des heures voire des jours.

Colin décida de retourner à l’Abbaye et d’y demander aide et conseil.

Le frère Benoît l’accueillit et écouta avec attention et angoisse le récit de son élève en tachant de le réconforter de son mieux tant il était désemparé et choqué.
Ils décidèrent enfin d’atteler un âne à la charrette servant à la récolte du bois d’œuvre et d’aller ramasser le corps du bandit.
Quand ils parvinrent au calvaire, l’homme était toujours à terre, inconscient, mais en vie.
Ils le placèrent avec précaution sur la carriole et rentrèrent à l’Abbaye.

L'abbé accepta sans plaisir que le blessé fut conduit à l’infirmerie et soigné du mieux que l’on pouvait.
Le frère infirmier fit de mauvaises grimaces en examinant les blessures et d’un regard triste informa Colin que sa victime n’en avait pas pour bien longtemps.
Pour tenter au moins de réduire la douleur, il appliqua sur les plaies quelques onguents de son secret et partit se coucher sans illusion.

Colin Girard était effondré : Il était maintenant trop tard pour reprendre la route et il se sentait bien trop énervé pour aller dormir.
Il pensa que la vie sur cette terre n’était vraiment pas loin de l’enfer tel que l’on pouvait l’imaginer : Les justes comme les voyous étant souvent amenés à porter l’offense, la souffrance ou la mort à son prochain sans que personne ne sache vraiment le pourquoi du comment.
Quelle que soit sa santé, l’existence de cet homme qui tenta de le tuer sans vergogne n’aura été qu’une succession d’échecs, d’humiliations, d’angoisses et de souffrances plus ou moins de son fait et s’il réchappait de ses blessures, le gibet serait sans aucun doute sa dernière vision du monde.

Il resta de longues minutes seul dans l’infirmerie à regarder dormir le blessé.
C’était un homme de taille moyenne et de trente ans environ et curieusement, il n’avait pas ce physique bestial ou rustre caractérisant souvent les gens de sa condition.
Les traits du visage étaient plutôt fins et gracieux ; la peau quoique tannée par l’errance et les cheveux semblaient avoir été longtemps soignés.
Quant aux mains, longues et fines, elles n’étaient certainement pas celles d’un soldat ou d’un paysan.
Finalement, gagné par la fatigue, Colin s’endormit sur sa chaise.

Il fut réveillé à l’aube par un gémissement.
Ouvrant les yeux, il vit alors que le blessé avait repris conscience et le regardait tristement.
Colin s’approcha de lui et le questionna sur son identité et sa condition, mais en vain car l’homme était beaucoup trop faible pour parler et la douleur semblait gêner sa respiration.
Ils se regardèrent alors de longues minutes en silence, droit dans les yeux et Colin fut bientôt empli d’une étonnante et profonde sympathie pour cet être agonisant.
La matinée se passa ainsi dans une étrange et silencieuse communion des esprits, entrecoupée d’un sommeil fiévreux pour Colin quand le blessé perdait conscience à nouveau.

En début d’après-midi, l’infirmier vint refaire les pansements sans que sa physionomie ne manifeste toutefois plus d’espoir.
Dès qu’il fut parti, Colin décida d’engager un monologue intense et il raconta alors toute sa courte vie au malade qui semblait l’écouter avec attention et gratitude.
Colin lui expliqua sa passion pour le travail du bois, son amour des formes et des couleurs, son admiration pour la nature et cela avec une ferveur, une volubilité et un entrain insoupçonnés à tel point qu’il lui sembla que son discours soulageait un peu les souffrances et l’angoisse de son auditeur.

En début de soirée, le blessé fut secoué par une telle crise de douleur qu’il lança un regard paniqué au novice et fit un effort intense pour parler.
Entre deux cris ou râles, il demanda à Colin de lire sur sa tombe une épitaphe qui était écrite sur un parchemin roulé dans une des poches de son paletot.
Il avoua ensuite qu’il aurait aimé avoir ces mots gravés sur sa pierre tombale, mais qu’il était trop heureux en ce jour de savoir que son corps ne pourrirait pas sur un gibet et sous le regard envieux des corbeaux.
Colin sortit alors du manteau un petit rouleau de papier enveloppé dans un tissu vert qu’il montra au mourant.
Ce dernier acquiesça et il sourit même quand Colin lui promit tout de go qu’il graverait de la plus belle manière cette épitaphe sur une planche du bois le plus solide qui soit.
Le sourire de l’homme fut aussitôt remplacé par une grimace horrible ; il cracha bientôt un flot de sang et expira dans un soubresaut.

En larmes, Colin avec l’aide de l’infirmier couvrit le mort et le descendit dans la crypte de la chapelle où il attendrait son enterrement jusqu’au lendemain.

Le jeune homme rejoignit alors l’atelier de sculpture où il se promit de travailler la nuit entière à la gravure de l’épitaphe.
Ayant déroulé le parchemin, il lut ces mots :

CY GIST ET DORT EN CE SOLLIER,
QU'AMOUR OCCIST DE SON RAILLON,
UNG POUVRE PETIT ESCOLLIER,
QUI FUT NOMME FRANCOIS VILLON.
ONCQUES DE TERRE N'EUT SILLON.


Martin Lothar le 27 avril 2007


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Jeudi 26 avril 2007 4 26 /04 /Avr /2007 19:40
Le texte de cette première partie a été regroupé avec la seconde dans cette note.

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Mardi 10 avril 2007 2 10 /04 /Avr /2007 21:49

La réponse à ma question de ce matin a été trouvée par Anita, la grande pêcheuse de baleine : Il s’agissait bien de « l’étoile Mystérieuse » une aventure du grand Tintin de Maître Hergé traduite en Picard du Vimeu & Ponthieu (Abbeville jusqu’à la côte) par Jacques Dulphy et Jean-Luc Vigneux.

DSCN1189

J’ai passé les fêtes pascales à Amiens (ma tanière natale) où j’ai trouvé cet album qui est le quatrième à avoir été traduit en Picard.
Les trois premiers l’avaient été en Picard de Tournai (Belgique)

Je rappelle que la langue Picarde est une des principales langues d’Oïl et qu’elle a été des piliers de la langue française. 
Comme d’autres langues de moins en moins parlées, elle a gardé ses divergences (à l’écrit comme à l’oral) d’un patelin à l’autre.
Les principales variétés du Picard sont les suivantes : L’Amiénois, le Vimeu-Ponthieu, le Vermandois, le Thiérache, le Beauvaisis, le « chtimi » (ex-bassin minier de Lille), plusieurs  dans la région lilloise (Roubaix, Tourcoing, Mouscron, Comines), le Rouchi (Valenciennois, salut min fiu Werewolf) et le Tournaisis (Belgique)
Je mettrai la traduction du dialogue dès demain.

Bravo Anita !

Fin ed leu

 

 


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Mercredi 4 avril 2007 3 04 /04 /Avr /2007 20:44

Pour répondre à ma question du jour d’aujourd’hui, l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours ne peut que se faire appeler Arthur.

Le prénom Arthur signifierait en effet « ours » en langue celtique ou brittonique. Il provient du mot « arth » qui a donné le mot breton contemporain « arzh ».
Artio était une déesse celte en forme d’ourse.

Pour ma part, j’irai même plus loin : Arthur signifierait « Ours ours » dans la mesure où le mot « arth » a été romanisé, voire latinisé en « Arturius » qui ajoute adroitement (et sans innocence) le suffixe latin « Urius, Urus ou Urs » (ours)
Ce suffixe est lui-même à l’origine du mot « arctique » et qualifie tout ce qui est au nord, polaire, ou plus exactement dans la zone d’influence de la Grande ou de la Petite Ourse stellaire.

Quant à « se faire appeler Arthur » (se faire engueuler grave, grosso de chez Modo) commença en France occupée pendant la guerre de chez Mondiale n° 2 où nos bons voisins Allemands demandaient dans la langue de Goethe de bien vouloir respecter le couvre-feu de vingt heures (acht Uhr = huit heures) et d’aller voir le journal du même bois ou écouter Radio Londres)
La résistance et la langue populaire ont fait le reste et se faire rappeler « acht Uhr » est devenu très vite « se faire appeler Arthur »

Bon sinon, l’Arthur le plus célèbre était roi et un des neuf Preux et dînait à vingt heures pétantes, assis à une table ronde.
On ne voit pas de rapport avec l’ours, ni avec les Allemands, quoique…
Mais ceci est une autre note (et Artio sait si les loups connaissent bien les ours !)

Fin de loup

 


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Mardi 3 avril 2007 2 03 /04 /Avr /2007 15:13

Pour répondre à un commentaire d’hier de l’excellent et savoureux Nicolas, auteur du blogue qui ne manque pas de souffle ni de chinoiseries « L’inspiration du vent » (en lien aussi à droite, pub) je précise que les crapauds coassent, sifflent et flûtent tout à la fois.
J’avais loupé le « sifflement » pour m’être focalisé sur le mot « flûter » que je préfère amplement aux deux autres.
A ma connaissance, au moins un auteur atteste la flûte du crapaud (comme du merle et du vent d’ailleurs) :
Henri Pourrat (Ambert, Auvergne, France, Europe, planète Terre, système solaire, Voie Lactée, Univers et plus loin, je ne sais 1857-1959) l’auteur de « Gaspard des montagnes » et du « trésor des contes » : « Les crapauds, soudainement, cessèrent tous deux de flûter »
Et jean Giono : « J'aime bien que le vent me flûte autour des oreilles
» (Un des Baumugnes)
Et encore : « Au fond de l'air tremble la flûte d'une source
» (Giono, Colline)

Certes, une hirondelle ne fait pas le printemps, une loi ne refait pas l’humanité comme un journal officiel ne fait pas non plus une langue et pour accorder quelques grâces à notre malheureux crapaud, en souverain solitaire et néanmoins solidaire, je décrète que désormais il flûtera.
Car tel est mon bon plaisir…
Ah mais !

J’ajoute que la flûte, taillée dans le roseau, hôte de ce marais ou d’autres d’un même bois tendre ou encore ciselée dans l’os, est sans nul doute avec la voix humaine, l’instrument de musique le plus ancien du monde (et tu meurs si je mens)
Le mot « flûte » vient du latin « flare » (souffler) ou « flatus »(souffle)
Mais derrière ce Latin flatulent, un mot non attesté, sinon un dieu Pan bien oublié souffle ou flûte encore dans la nuit des temps et depuis la plus haute Antiquité.

Pour finir, trois alexandrins crapoteux qui ne déplairont pas à Saturnin (l’indispensable poète naïf, pas le canard médiatique) :

Par pudeur, les anciens crapauds portaient le pagne
En flûtant tristement dans leurs froides campagnes
Pour que leurs fils sifflent des flûtes de champagne


Fin de loup

 


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Samedi 24 mars 2007 6 24 /03 /Mars /2007 21:38

Dédicace du jour : A Nijenn et à tous nos sages ouragans pour que la mort nous prenne de ses plus beaux gants.

La mort m’étant impossible à vivre, voici la stèle de tous les possibles ; ma trace sur une pierre d’éternité. Il en va de ma survie.

Les jouteurs coiffent l’ondine
Que le voyou repousse cordialement ;
Dans l’ombre, l’amasseur jardine
Et l’amour est permanent.

Les suicidés s’agiteront plus tard.

Je vois s’enfiler les militants
Dont les clopes sont gelées ;
L’arnaqueur est sortant
Et j’attends.

J'irai froisser les bougres dans ces écoles dorées.

Nous étions de pauvres bavards
De pavots et de buvards.

Je leur ai dit de gratter ces heures granitiques.

Je vois frissonner le gibier
Dont l’étoile est brisée ;
Le courtier est sincère
Et je serre.

A termes, les ignorants chahutent.

Je leur ai dit de livrer leurs abbayes gouachées.

Le pochard supporte une beuverie
Que les bébés mesurent en grognant ;
Loin du bief, ces dames zappent
Et la suite est bonne.

Il y a des navires tueurs
Que l’Indien démonte
Et de faux inventeurs.

Les marmottes fument l’été.

Sape le nuage qui randonne
Et patine sur la tonne.

Il y a des couleurs rythmées
Que savoure l’attoucheur
Et des rapaces chauves.

Les hommes s’enferment à temps.

Je vois s’embraser l’iguane
Au pull étonnant ;
Le pauvre est déchiré
Et  s’acharne.

Je leur ai dit d’amputer ces bustes provisoires.

Fâche le pendu qui file
Et baille sur la pile.

Je leur ai dit de perfuser ces fossiles
spécieux.

Forge le jaguar qui s’enferre
Et lézarde sur nos terres.

Les flâneurs fermentent en fait.

 


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Samedi 24 mars 2007 6 24 /03 /Mars /2007 15:01

L’origine du mot « Europe » se perd évidemment dans la nuit des temps.
On l’attribue communément à la déesse Europa ou « Europè » dont le nom est composé des mots grecs « large » et « œil »
Europa voudrait dire ainsi : « La fille aux grands yeux »

europe_vase

Europa était fille d’Agénor et petite fille de Poséidon et elle fut enlevée par Zeus transformé en taureau qui lui donna sur une plage de Crète peuplée de platanes trois fils dont le roi Minos de Crète.
Nous sommes donc au cœur de la Mythologie quand on se souvient que notre Minos de roi demanda à Dédale (père d’Icare) de construire un labyrinthe pour y enfermer un taureau garou de Minotaure.
Ce pauvre bâtard de Minotaure sera tué par Thésée grâce à un coup de fil d’Ariane.
Si cette Ariane était une flèche, ce n’était pas pour autant une fusée et contrairement à ce qu’affirment certains cancres, elle n’est pas la mère ni d’Airbus, ni d’Ikea, ni de Nokia.

Pour d’autres, « Europe » viendrait du mot phénicien « ereb » qui signifiait « le couchant » (l’Ouest) par opposition au « Levant »
Par ailleurs, les anciens Grecs appelaient « Europe » toute la partie continentale de la Grèce par opposition encore à la partie « insulaire ».

Certains mythologues (mais pas mythomanes) signalent enfin un certain « Euros » fils d’Eos (l’aurore) et d’Astræos (le vent du crépuscule). Ce serait le vent du Sud-ouest qui, quand il est très en colère, peut aussi prendre les noms de Martin ou de Lothar !

Demain sera l’anniversaire de notre Europe aux vieux parapets.
Elle aura en effet cinquante ans le 25 mars 2007 ce qui est décidemment trop jeune encore.
Certes c’est un bébé aux grands yeux bien encore myopes pour l’heure, mais ça se corrige désormais.
Elle grandira et elle sera bien voyante et bienveillante, malgré les crachats, les chiures et les pissats que des ringards de tout poil drapés dans des bannières souillées de sangs impurs déversent à tombereaux dans son berceau en oubliant toutes les couches-culottes, les biberons et les goûters qu’elle a déjà partagés avec eux.
L’Europe est déjà malgré tout une communauté et une famille de pensées, de cultures et de travail et elle doit être la « Matrie » de nos enfants sinon de nos petits-enfants.
C’est du moins la grâce, la foi et le salut que je leur souhaite…

Je rappelle que la devise de l’Europe est « Unis dans la diversité »
C’est plus qu’une devise, c’est un évangile, un ultime testament : Quatre mots alignés tels quatre doigts formant une phrase forte comme un pouce.

Moi, je t’aime, toi, la fille aux grands yeux.

Fin de loup d’Europe

 


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