Enfin de loup
Ce blogue (de sept ans n') est (pas encore) fermé.
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Réédition d'une
note publiée la première fois le 20 mars 2006.
J'ai laissé les commentaires de l'époque.
Ainsi, en ce 20 mars, le soleil, notre étoile, est en son point vernal.
Pile-poil.
Tout le jour, notre planète sera illuminée du pôle Sud au pôle Nord.
Le jour vaudra la nuit, c’est l’équinoxe vernal, celle du printemps, car c’est le printemps.
La grande horlogerie planétaire et stellaire en rajoute alors avec gravité et surtout avec gravitation.
La lune, satellite de la Terre, tourne autour d’elle et la Terre tournant sur elle-même tourne autour du Soleil.
Ce petit manège universel et inexorable fait bien marrer les océans qui se gondolent tant qu’ils peuvent.
Ils sont aspirés soit par l’étoile soit par le satellite et vont et viennent pensifs sur leur littoral.
Flot et jusant apportent puis, figent ou emportent toute fortune de mer et sur l’estran, l’océan étale alors d’étranges aubaines.
Des Lagans de faune, de flore, des lagans d’artefact et d’épaves laminés et maintes fois ressassés : algues, écume, crabes, bois, cordes, immondices innommables, cachalot, ferrures, coraux lessivés, couteaux, coquillages inhabités, sacs, corps de noyés, laminaires, branche, plumes, écailles, squelettes, galets et tutti quanti.
Au jusant, le monde volatile et tapageur des mouettes s’égaye et se régale des miettes marines et des malheureux prisonniers de flaches frémissantes ; autour, le sable est moulé en rides gorgées du bouillon particulaire : l’océan y scella sa présence et atteste de son grand labeur.
Plus loin dans les terres, c’est la grande marée végétale du plus noble équinoxe : un sang minéral et sirupeux afflue dans les troncs et les branches.
Il vient des tréfonds de l’humus et des terreaux nappés de tous les automnes et des hivers alchimistes.
Il rêvera de s’élancer vers le ciel sidéral en jaillissant de bourgeons, de feuilles, de fleurs puis de fruits.
Ainsi, l’ordre est donné aux cycles universels tournoyant inexorablement dans leurs cercles vertueux et millénaires pour que l’ordre vénérable de toute chose soit comme toujours et à jamais.
Bientôt, une jeune abeille étourdie, éblouie, perdue viendra se poser sur mon épaule ; elle se lissera un instant les antennes puis repartira vers de nouvelles aventures mieux parfumées.
Les araignées sortent en pandiculant de leur hamac duveteux et se dirigent vers la jeune lumière en bayant.
C’est le printemps…
Illustration : Jean-François Millet (1814-1875) Le printemps. Musée d’Orsay, Paris, Europe.
Fin de loup
Que sent-on de Provence de l’anus et de la nuque claire d’une louve qui nous jappe au nez et qui là-dessus n’a mis ni terre, ni tremblement ?
Fin de loup
La Lybie de quel crime ?
Fin de loup
Ils étaient six frères loups et un jour, un 25 février 2011, il n’en restait plus que cinq.
…
Le 8 mars 2011 : mais la vie continue et la meute fraternelle se doit de courir encore plus loin et plus longtemps.
Nous ne l'oublierons jamais et nous le retrouverons toujours.
Illustration : Albrecht DÜRER (1471-1528) Jeune lièvre (1502) Aquarelle et gouache sur papier (251 x 226 mm) Graphische Sammlung Albertina, Vienna, Europe.
Fin de loup
Aux dernières nouvelles, il y aurait en Chine populaire,
une tentative de révolution aux parfums printaniers tunisiens et de jasmin. Décidément, ce monde est ingouvernable. Tout fout le camp.
Néron, Caligula, Robespierre, Napoléon, Hitler, Staline, Mao, Pol Pot, Fidel, Ben Laden : revenez, ils sont devenus
follement humains !
Fin de loup
Notre belle langue française comporte certaines expressions qui laissent rêveur, voire insomniaque
fourbu par exemple « dormir sur ses deux oreilles » qui signifie avoir un sommeil tranquille, profond, béat à ronfler comme une locomotive diésel ou autre vapocraqueur des
familles.
Bon, je ne sais pas si un jour ou une nuit, vous avez tenté comme moi de dormir sur vos deux oreilles, mais je peux vous dire
que ce n’est pas très évident.
Nous autres Homo sapiens sapionce avons en effet les oreilles de chaque côté de la tête et du reste, nous partageons cette
étrange disposition avec bon nombre d’autres bestioles pétantes bayant sur notre bonne vieille patate de Terre.
Ainsi, il faut se prendre la tête toute la nuit pour arriver à comprendre enfin au petit matin, que la meilleure solution pour
« dormir sur ses deux oreilles » soit de se casser la tête en deux pour que chacune de nos oreilles repose enfin sur l’oreiller ou le travers sain de porc ou pas.
Certes, un tel casse-tête est définitif, mais vous n’aurez plus jamais mal au crâne à vous poser de telles questions à la noix ;
vous ne souffrirez plus jamais d’insomnie et vous ne salirez plus jamais votre très beau et trop court pyjama rose à Babar bleus que votre vieille tante vous offrit pour votre quarantième
anniversaire.
Il faut savoir ce qu’on veut dans la vie hein ?
Autre exemple quelque peu ahurissant aussi et qui est dans sa signification l’exact opposé du premier : « ne dormir
que d’un seul oeil »
En général et même en caporal, nous dormons les deux yeux fermés et sauf pochade poignante d’un oeil par un jeune et odieux beur
noir ou pas, un tel sommeil cyclopéen est digne d’un héros homérique.
Ayant testé pour vous, je n’ai jamais réussi à m’endormir en fermant un seul oeil, car le ridicule senti de la situation m’a
toujours fait éclater de rire jusqu’à la sonnerie matutinale de mon trop cruel et pervers réveil-matin que je hais.
Enfin, autre expression française à dormir debout : « prendre ses jambes à son cou » qui veut dire s’enfuir à
toutes jambes (autour du cou ou pas)
On constate d’emblée, sans expérience précise, que ce truc-là ne tient pas non plus debout et que même, c’est franchement
casse-gueule grave.
Éventuellement, un lama en lévitation pourrait s’enfuir en prenant ses jambes à son cou plus par souci d’aérodynamique que de
perfection spirituelle, mais osons affirmer que peu de lamas parlent français ; mis à part Serge et Alain (le Lama Delon qui viendra nous servir à boire ou pas), qui du reste sont tous deux plus
boudeurs que bouddhiques ?
Bref, ces trois expressions franchouillardes ne sont ni catholiques, ni orthodoxes, ni raisonnables, ni réalistes et pour tout
dire, je pense ferme qu’elles ont été inventées par des gens difformes, informes, dégénérés, mutants voire pas humains et pour être catégorique : par des extraterrestres, par des Martiens
enfin !
Frères humains, en vérité je vous le dis : les Martiens sont parmi nous et ils parlent parfaitement français.
Dès lors, mes soupçons se portent d’emblée sur les quarante petits hommes verts de l’Académie française qui ont sous leur habit
et leur bicorne, une fausse peau humaine revêtant leur vrai corps d’extraterrestre comportant deux oreilles sur un même côté, un seul oeil à la Caïn tombal, et deux jambes inutiles, car tout le
monde sait que les Martiens ne sont que des baudruches verdâtres plus légères que l’air.
La coupole du quai Conti n’est en fait qu’une soucoupe volante.
CQFD
Je vous aurai prévenus.
Illustration : Jérôme BOSCH (Vers 1450-1516) Détail du triptyque du jardin des délices (1500) Huile sur bois, Musée du Prado,
Madrid, Europe
Fin de loup
L’Occident n’a jamais eu de prophète ni de martyre ; rien que des géomètres, quelques esprits fins et beaucoup de pionniers.
Fin de loup
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