Martin Lothar (depuis 2005)

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Runes

Mardi 11 septembre 2007 2 11 /09 /Sep /2007 20:46

Vous avez été un nombre impressionnant à n’avoir rien compris à ma question du jour d’aujourd’hui : « Si je me deux, est-ce que ça déchire grave Docteur ? »
J’avoue que c’était difficile dans la mesure où plus personne de vivant (branché ADSL ou pas) n’emploie l’indicatif présent et autre temps du verbe « se douloir »
Encore un mot que je souhaite faire revivre en lui faisant un bouche-à-bouche bloguien où plus vrai, un œil-à-œil du même bois.

Ce vieux verbe françois ressemble comme une goutte d’eau au mot « souloir » dont je vous avais causé dans ce dico (Voir catégorie à gauche pub).
Il signifie « se plaindre » ou ressentir une douleur quelconque n’importe où dans son être.
La racine de ce « douloir » est le Latin « dolere » et il est évidemment cousin plus germain tu meurs, avec la douleur, le douloureux, le dol, la doléance du con ou pas.
Il se conjugue comme les verbes souloir et vouloir :
Je me deux, tu te deux, il se deut, nous nous doulons, vous vous doulez, ils se deulent.
Or donc, beaucoup trop de gens aujourd’hui seulent se doloir pour un oui ou pour un non.
Et si tu te deux Emile, hein ! tu te fais un mauvais cent et c’est vain ou divin.
Le plus souvent, on se deut tout seul, mais bon.

Pour illustrer ce beau verbe enfin ressuscité, je ne me prive pas du plaisir de citer un autre Guillaume de derrière les fagots ou du fond du bois :

Il me revient quelquefois
Ce refrain moqueur
Si ton cœur cherche un cœur
Ton cœur seul est ce cœur
Et je me deux d’être tout seul
FlandrinHommeMer
Mais cela se songe seulement…
… C’est pourquoi je me deux
Qui sait ce qui sera
Le grand sera toujours
Le vil sera toujours

(Guillaume Apollinaire, Stavelot, le Guetteur mélancolique, 1899)

Illustration : Jean Hippolyte Flandrin, 1809-1864. Jeune homme au bord de la mer.

Fin de loup

 

 


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Dimanche 2 septembre 2007 7 02 /09 /Sep /2007 14:21
Le squelette des Paul
Le beau et électro-acoustique Zetron (qui est toujours content ; a parfois un beau Paul haut et qui est en lien aussi à droite, pub) m’a violemment cassé sur l’épaule ma question du jour n° 236 par un commentaire juste, concerné, appliqué et impliqué.

En effet et en bon François, les prénoms « Paul » et « Paule » ne se prononce pas de la même façon.

Si l’être ainsi baptisé a un popaul, on doit prononcer « pol » (comme « col » ou « bol » c’est-à-dire avec un « o » ouvert tendant vers le « a » sans toutefois allé jusqu’au pal.
A l’opposée (et non à l’inverse – quoique) s’il s’agit d’une meuf, d’une enceinte Paule ou d’une née Paule et que le prénom se termine avec un « e » (pas un nœud, pff !) il faut émettre une syllabe fermée, accentuée grave comme pour « épaule » sans aller jusqu'au fond du pôle non plus.
Bref, le « L » est aérien et s’envole, alors que le « e » est terrestre, d’eau profonde, souterrain voire autiste.

Les musiciens diraient sans doute qu’entre les Paul hauts sans œufs qui ont mâle à l’épaule et les Paule nées au pôle ou non et autres Paule cas, il y a un bémol, mais non d’abée môle.
Sauf erreur de ma part, c’est bien le seul prénom voire le seul mot français qui se prononce différemment selon qu’il est masculin ou féminin.
Il y a bien le mot « os » qui est un gosse au singulier et qui se gausse en pluriel alors qu’il a le même « sque-lettre » !

Paul et Mickey ou les Waterloo des waters loups
Par son commentaire aussi, Zetron m’a rappelé une sombre bataille de mon enfance.
Alors que j’avais neuf ans, ma famille émigra de ma Picardie natale vers l’Ile de France Parisienne, tête de chienne.
Je passai ainsi non seulement d’une école privée, urbaine et catholique à une communale champêtre et républicaine, mais je quittai aussi un monde de sons pour un autre.

Mon nouvel instituteur enseignant évidemment un Français académique, colbertiste, juleferrien, centraliste, polarisé et parisien ne l’entendait pas de cette oreille et n’a jamais admis qu’un petit Picard (con et gelé) de mon origine et de ma condition ne fasse aucune différence entre l’aigu et le grave, notamment pour ce qui concerne les « é, è, ê » et les « os » des Paul ou d’autres membres de cette belle académie.
De plus (ô infamie, ô rage et désespoir !) comme les Ch’ti de Ch’Nord (le chtimi étant une variété de Picard, je le rappelle) je prononçais les « a » comme les « o » et vice vertu.
En Picardie en Somme, tout est aigu et rien n’est grave en somme et les Paul n’ont pas de sexe ou sont toujours des gars (ou des go)
A neuf ans, je ne disais pas « un chat » mais « un chot » que l’animal fut un chaud lapin ou pas ou qu’il ait du chien ou non
D’ailleurs, le chat en Picard (d’Amiens) se dit : « en’ cot » (n’ko)
Bien évidemment, je prononçais « Paule » et pôle comme « Paul »

Bon aujourd’hui, je fais la différence car d’une manière générale en France, les accents « régionaux » sont réprimés (et souvent autocensurés) au profit d’un parler parisien plat comme ma main et l’on entend rarement sur les chaînes du PAF national (radio ou télé) les accents chantants des quatre coins de l’hexagone (comme disait l’autre) ou de la Francophonie : Il n’y a toujours et hélas bons becs que de Paris, fortifiés, enfermés, momifiés et jamais libérés…
Ce sont pourtant ces différences régionales qui font vivre ou survivre une langue, mais bon…

Pour parler franc, sinon français, mes premiers mois franciliens furent donc assez pénibles de ce côté (cathé) et de ce catéchisme-là…

Tiens, à propos de catéchisme et de Paul…

Le Paul qui faisait l'épitre sur l'épaule de Pierre
Le calembour est la fiente de l’esprit qui vole (Victor Hugo)

Encore faut-il que l’esprit vole mon bon Victor et qu’il soit libre de toute sclérose, hypocrisie ou autre vanité académique et momifié.
Il peut causer le Totor, lui qui cultiva le calembour peu ou prou en écrivant notamment « Dis moi qui tu fréquentes et je te dirai qui tu hais » !

Car en vérité, je vous le dis mes frères de tout sexe, le prénom Paul se prête au calembour et au jeu de mot tout aussi bien que celui de Pierre.
Deux prénoms de blogueurs (en lien à droite, pub) mais aussi de deux apôtres et pas des moindres car ils fondèrent dans la romantique Rome antique, tels Remus et Romulus, l’église catholique apostolique et romaine.

 

BotticelliLamentation

 

Pierre en bétonnant les fondations en pierres ; Paul en écrivant la publicité sur son épaule.

Les anciens de tout poil et de toute langue usaient du calembour bien avant que Jésus de chez Christ Père et Fils fasse le fameux : « Tu es Petrus et super hanc petram  Ecclesiam meam aedificabo » (Matthieu 16.18-19) ou « Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon église »
A l’origine, cette phrase fut sans doute prononcée en Araméen (la langue des apôtres et de leur gourou) où ce jeu de mot marcherait aussi comme sur des roulettes qu'en Latin en Grec et en Français.
Le doux Jésus pour pouvoir dire ça, il a ramé hein !
En Araméen, Pierre portait le nom de « Képha » qui signifie « rocher »
Il est certain que ça n’aurait pas eu tant d’écho avec le prénom « Paul » car un « Tu es Paul et sur cette épaule, je bâtirai… » ne va bien qu’en Français que le Christ ne parlait pas (Hou le cancre !)

Comme quoi le jeu de mot et le calembour sont des outils redoutables et efficaces pour l’écrivain, le poète ou l’orateur.
Jouer avec les mots, c’est entretenir, lubrifier, graisser, restructurer, dépoussiérer son esprit.
Les mots ne sont que des outils comme la truelle, le marteau, la scie, le clou, la pierre à polir (1) le couteau à huître la pierre ponce (pas Pilate hein !) et le parfait artisan n’a souvent d’amis que ses outils et n’a de cesse de les fabriquer, les élever et les entretenir bien mieux que ses enfants parfois.
Et un bon mot est toujours à faire et à repasser (à du beau linge ou pas)
Ah mais !
Rompez mes frères.

(1) « Pierre à Paul lire » : Avouez que celui-là est beau et de circonstance

Illustration : Sandro Botticelli (1445-1510), lamentation sur la mort du Christ avec Saint-Jérôme (ou Jean le Baptiste ?) Saint-Paul, Saint-Jean (Evangéliste ?), Saint-Marc ?, Saint Pierre, la Vierge, Madeleine et une sainte non identifiée. Tableau peint vers 1490 pour l’église Saint-Paul de Florence et acquis plus tard par un certain Roi de Bavière. (Actuellement à la Pinacothèque de Munich, le tableau pas le roi hein !) Les géomètres et les symbolistes apprécieront (ou pas)

Fin de loup


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Samedi 1 septembre 2007 6 01 /09 /Sep /2007 15:14
Cette partie a été regroupée dans cette note là.

Fin de loup

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Vendredi 31 août 2007 5 31 /08 /Août /2007 15:33
Cette partie a été regroupée dans cette note là.

Fin de loup

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Samedi 18 août 2007 6 18 /08 /Août /2007 20:00
 

« Quo non ascendet ? » (Jusqu'où ne montera-t-il pas ?) Devise de Nicolas Fouquet (écureuil) 1615-1680 surintendant des finances de Louis XIV.

C’était un jeudi de mai 1969, le lendemain de mes douze ans.
Pour cet anniversaire, mes parents m’avaient offert un ballon de foot, un vrai de vrai, en cuir noir et blanc ; j’étais fou de joie.
En fin de matinée, nous partîmes tous les trois pour Rambouillet dans la 4L de Papa pour m’inscrire en classe de sixième du lycée.
La grande montée vers les bâtiments m’impressionna beaucoup : C’était énorme comparé à la minuscule école de Clairefontaine, près de Saint Arnould où nous étions un peu en famille, ma poignée de copains et moi.
Un bahut de plus de mille élèves qui étirait son béton blanc à travers un parc immense de pins, de bouleaux et de châtaigniers : J’eus vraiment une belle angoisse de découvrir ça et d’imaginer à la rentrée prochaine ma rencontre avec une foule d’inconnus de tous âges pour m’appliquer à de nouvelles disciplines bien plus ardues.
Quelques années plus tard, je lirai dans un journal éducatif que ce lycée avait été classé en queue de peloton d’une liste des lycées franciliens avec la mention « club Med »

Les formalités remplies, nous fîmes une courte promenade dans les rues de la ville que je découvrais en fait.
Maman acheta de quoi pique-niquer et nous gagnâmes le parc du château.
Nous nous installâmes au bord d’une vaste pièce d’eau ovale, nommée « le Rondeau » et surnommée aussi le « baisodrome » par les lycéens, où nous déjeunâmes jusqu’à ce que mes parents me congédient armé de mon ballon, pour qu’ils aient la rare occasion de faire tous deux une sieste câline, adulte et printanière.
Je ne me fis pas prié pour aller m’éclater le plus loin possible de mes deux chers dormeurs et tout en poussant le ballon du pied, j’explorai les buissons et les bosquets du parc.
Au détour d’une allée, je tombai soudain sur un barrage formé d’une lourde barrière métallique près de laquelle un CRS somnolait debout.
Je fis demi-tour le plus vite possible car j’ai toujours un peu craint ce genre de « soldat » bien que celui-là avait l’air plutôt bonhomme et qu’il ne portait ni casque ni bouclier.
Je m’engageai alors dans une petite sente qui, quelques mètres plus loin, déboucha dans une clairière où trônait une statue de Diane chasseresse.

Je trottinai un moment autour du monument en tâchant de garder la balle au pied et pris soudain d’une belle excitation, je tapai un grand coup dedans pour la faire s’envoler et non sans jurer grave, je l’aperçus disparaître dans un épais mur de buis.
Ce bosquet de Diane était une impasse en fait, mais à cet âge, on ne s’embête pas avec ce genre de complication et l’on tâche de trouver la voie la plus courte à travers les taillis pour retrouver son ballon.
Je me glissai à quatre pattes dans un trou formé dans le feuillage et les troncs des arbrisseaux et parvins dans une nouvelle allée sans toutefois apercevoir l’ombre de la balle.
J’arpentai les bas-côtés pendant plusieurs minutes en scrutant avec minutie, mais en vain.
Cette recherche me fit découvrir une nouvelle avenue se dirigeant vers où je pensais que mon ballon se fut perdu et qui me mena sur une vaste terrasse fleurie donnant sur le grand canal.

A peine y fis-je trois pas, qu’un écureuil venant derrière moi me fila entre les jambes et couru comme un dératé à travers les parterres de fleurs pour passer à quelques centimètres à peine des pieds d’un vieil homme assis sur un banc.
Je décidai pour m’amuser de suivre les traces de l’animal et m’approchai alors du vieillard qui semblait plongé dans une profonde et triste méditation.
C’était un homme grand et maigre avec une tête de tortue ; il était assis, presque affalé, cassé, rompu et regardait fixement miroiter l’eau du canal, ses longues mains pendantes entre ses genoux à peine écartés.
Je me suis dit le regardant que j’avais vu déjà ce personnage, mais dans l’instant, je n’ai pas approfondi cette question.

Je l’abordai avec mon plus beau sourire et je lui ai demandé s’il avait remarqué l’écureuil.
Il leva vers moi un regard vitreux et avec un mince sourire lâcha, rauque : « Oui, il doit s’appeler Fouquet celui-là »
Un peu surpris et intrigué par sa réponse, je m’assis à côté de lui sans m’inviter et je demandai tout de go s’il connaissait bien les écureuils.
L’homme eut un petit rire nerveux qui éclaira quelques secondes son visage ridé, affaissé, fatigué et dit : « Je les connais tous ces garnements mon garçon, ils font semblant d’être craintif pour mieux vous manger dans la main et vous faire les poches par derrière »
Il toussa et continua : « On les protège ; on les soigne ; on les nourrit ; on les éduque ; on les élève et on les soutient, mais à la première faiblesse, ils vous laissent tomber en oubliant tout de vous et de vos leçons… Ce ne sont au fond que des vaniteux et des ingrats ! »
Surpris par ce discours, je restai pétrifié, bouche bée, fixant cet inconnu qui semblait s’agiter d’une colère froide.

Après plusieurs soupirs profonds, il reprit : « Dis-moi, mon garçon, si un jour, tout le monde t’abandonnait, ceux que tu aimes, tes parents, tes amis et autres, où irais-tu ronger ta peine et tes souvenirs ? »
Me souvenant d’un article lu la veille dans « Tintin » et sans trop vraiment réfléchir, je répondis le plus sérieux possible : « Oh, j’irai en Irlande, voir la Chaussées des Géants, c’est sûr ! »
A ces mots, le regard du vieil homme s’illumina et me fixa longuement avec un intérêt et une douceur extraordinaire.
Il murmura enfin : « En Irlande… La chaussée des Géants… Comme c’est original, oui vraiment c’est très original ! »
Pendant de longues secondes, nous contemplâmes tous deux, silencieux, le paysage du parc où la journée se terminait puis, semblant quelque peu revigoré, le vieil homme me demanda ce que je faisais dans ce jardin.
Je lui expliquai alors notre périple à Rambouillet, le lycée, le pique-nique, la sieste et enfin la perte de mon ballon de foot.
Il m’affirma n’avoir aperçu aucun ballon et me promis de jeter un œil à l’occasion d’une prochaine promenade et s’il retrouvait le précieux objet, de le remettre au gardien du parc pour que je puisse le récupérer.
Il nota même mon nom et mon adresse sur un petit carnet noir et or.
Je remerciai avec chaleur ce curieux bonhomme et le quittai après une bonne poignée de main pour revenir « au rondeau » par le même chemin et malgré une courte inspection encore, mon ballon resta introuvable.

Ayant rejoint, mes parents, je leur avouai la disparition du « cadeau » deux fois cher ; je pris une claque salée et une engueulade poivrée et le plus grave, j’essuyai un refus catégorique d’une battue collective dans les bosquets à cette heure déjà tardive.
Dans la voiture, mon père tempéra quelque peu ma peine en me promettant de revenir au parc le samedi suivant ; ce que l’on fit effectivement, mais le ballon fut introuvable et considéré enfin comme perdu.
Je ressortis alors ma vieille balle en caoutchouc râpé que je ne me lassais pas de regonfler à tout va.

Les jours passèrent ainsi et les grandes vacances se terminaient quand un matin, deux gendarmes se présentèrent à la porte de notre maison en demandant à me voir.
L’un deux portait un paquet sur l’emballage duquel était collée une enveloppe inscrite de mon nom.
Sous le regard consterné de ma mère, j’en sortais une lettre que je lus à haute voix :
Cher Eric (c’est mon prénom), mon cher enfant,
Je suis ce vieil homme avec qui vous avez bavardé sur un banc du parc de Rambouillet un jour de Mai dernier.
Sachez que je garde un souvenir tendre et précieux de notre rencontre.
L’Irlande était vraiment une très bonne idée…
Nous n’avons pu hélas retrouver le ballon que vous aviez perdu et que vous aurez peut-être récupéré par la suite.
Dans cette incertitude toutefois, je me permets de vous en adresser un autre, identique et neuf, en remerciement de votre aide, de votre amabilité et de votre bon conseil.
Finalement, l’écureuil qui vous a mené à moi n’était pas un si mauvais bougre !
Bien affectueusement
Charles de Gaulle


Martin Lothar le 18 mai 2007


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Mardi 14 août 2007 2 14 /08 /Août /2007 19:44

Oui, j’ai entendu vos cris et vos supplications en commentaire et j’ai donc retiré ce niais calendrier de la colonne de gauche qui ne servait à rien ni à personne.

Un simple coup d’œil dans la susdite colonne vous permettra de remarquer deux nouvelles rubriques du jour : « L’insulte du jour » et le « juron du jour »
Chaque jour que dieu ou une autre huile quelconque fera désormais, de nouveaux gros mots viendront s’afficher dans ces rubriques, sous le quantique du jour (qui je le rappelle, sont des extraits du si génial ou tant décrié Manuel de survie.

Depuis tout petit, j’aime à proférer des insanités plus ou moins graves : Je trouve que c’est au cerveau ce que le  pipi, le caca, le rot et autre pet sont à notre corps (défendant ou pas)
C’est libérateur, sain, défensif et parfois offensif selon l’adage : la meilleure défense, c’est l’attaque.

Il y a cependant des degrés et des utilités différents dans les jurons comme dans les insultes.
Ainsi le juron peut aller de la simple exclamation interjective (fouchtra ! ou mince !) au blasphème le plus olympien (Nom de dieu de bordel de putasse de Zeus)
De même l’insulte la plus impersonnelle ou collective (avancez, bande de cons, c’est vert) peut se transformer en « injure » ciblée et blessante (nain glaireux ou pouffiasse ou encore gros tas)

L’« insulte » vient du Latin « in saltare » (sauter sur, attaquer)
Le juron et l’injure ont pour racine le Latin « Jus, juris » (règle, droit, justice)
A noter d’ailleurs que le mot anglais (injured) signifie couramment « lésé » ou blessé de manière physique ou psychique.
L’injure tombe donc plus volontiers sous le coup de la loi (pour diffamation ou non) dans la mesure où elle est l’équivalent de la gifle ou du coup de poing alors que l’insulte peut se traduire par certains gestes « non équivoques » comme on dit dans les journaux ou tribunaux, mais sans portée physique réelle.
A la limite, l’insulte et le juron relèvent plus de la rhétorique que de la guerre.

Bon sinon, bande de cancres las, demain matin : Troisième devoir de vacances (et trapu velu celui-là)
Non, non, ce n’est pas la peine de jurer hein !

Fin de loup

 


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Samedi 4 août 2007 6 04 /08 /Août /2007 19:56

J’ai appris du coin-coin d’un canard pressé que les gentils membres du CSA (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel) s’emmerdaient tellement graves en cette saison qu’ils se grattaient la tête pour savoir comment on devrait prononcer le mot « août » à travers le PAF (paysage audiovisuel français)
Il faut vraiment appartenir à une des plus grotesques institutions franchouillardes pour se poser des questions aussi connes.
Bon, c’est vrai que le mot « août » peut se dire de diverses manières : « ou » « oute » « a-ou » ou « a-oute » Hou, hou hou !
La plupart des dicos académiques ou pas recommandent de prononcer « ou » tout bêtement.
C’est donc le mois doux sans nul doute.
« Je passe le mois d’août à Caen »
« Où ? Quand ? »

Mais bon, les choses de notre belle langue se compliquent un peu quand il s’agit de formuler les dérivés de ce beau mois de sieste et de farniente :

  • « aoûtien » (le vacancier du mois)

  • « aoûtat » (un acarien)

  • « aoûter » « aoûtement » (rendre mûr)

  • « aoûtage » (le temps de moisson)

  • « aoûteron » ou « aoûteur » (ouvrier agricole loué pour la moisson)

 

Car tous ces mots se prononcent avec « a-ou » !
Selon l’Académie on devrait donc dire « outat » et les « zoussiens »
Bref, une fois de plus, il ne faut pas chercher à comprendre et personnellement, je dis « oute » et j’emmerde profus ceux qui ne seront pas contents.

Je rappelle que ce brave mois tient son nom de l’empereur romain Auguste comme juillet vient de Jules de chez César.

Pour ce qui concerne cet enfoiré d’aoûtat (que l’on nomme aussi « trombidion » et « arabis » en Provence) il s’agit de la nymphe de Trombicula autumnalis qui est un acarien des herbes folles et sauvages ou pas.

aoutat

 

Les piqûres de ce truc à trombine hideuse, tout rouge (on dirait un aoûtien bourré de coups de soleil) provoque des démangeaisons et parfois de la fièvre (la trombidiose qu’il dit le docteur)
Tu parles d’une nymphe…

Fin de laoûp


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