Frères humains qui vivez avec moi, et qui comme moi avez un squelette (ce génial mécano, lego qui survivra de souffle et
de notre poussière), en vérité, je vous le dis : célébrons aujourd’hui l’être le plus petit de notre sous-embranchement : Paedophryne amauensis.
Pour les cancres las qui s’astiquent béats l’os du milieu en bayant aux mouches au fond de la blogosphère, je rappelle que notre sous-embranchement commun est celui des vertébrés ; les vertèbres étant ces anneaux d’os entassés qui chez nous, animaux verticaux, supportent souvent une boite crânienne (cage d’araignée ou minivélodrome) plus ou moins vide selon les latitudes, les banlieues, les partis ou les familles.
Paedophryne amauensis est le nom romain, savant et barbare d’un vertébré, un batracien, un anoure (sans-queue), bref d’une grenouille mesurant, à l’âge de payer ses impôts, la modique taille moyenne de 7,5 millimètres.
Paedophryne amauensis est le plus petit squelette vivant se mouvant, avec ou sans lumbago ou autre épanchement de synovie sur notre patate de Terre et même (sauf preuve du contraire) de tout l’univers.
Paedophryne amauensis est un chef-d’œuvre de miniaturisation dont les fondeurs de puces électroniques ou les Martiens sont jaloux graves, tous rouges ou verts (c’est d’ailleurs pourquoi, ces derniers aliens vont nous exterminer tous, le 20/12/2012 — je vous aurai prévenus !)
Paedophryne amauensis tient sur une pièce d’un cent du sacré dollar qui est la monnaie des savants qui l’ont découverte au fin fond de la Papouasie (ou tout ce qui est grand est petit, voire immense)
Pour vous dire, cette grenouille Paedophryne amauensis est trois mille trois cent trente fois (3333) plus petite que le plus grand des vertébrés de chez nous de vivant : la baleine bleue (25 mètres peignées et pieds nus — tiens-toi droite !)
Pour ordre d’idée d’une telle échelle, si on mettait à côté d’un péquin moyen de 1,80 m, un basketteur trois mille trois cents fois plus grand, le grand dépendeur d’andouilles et jeteur de ballon mesurerait six kilomètres de haut… C’est sûr que ce ne sont pas les mêmes perspectives hein !
En outre, sachez que cette minuscule grenouille à peine plus petite qu’une abeille est capable, sans aile et sans tremplin de faire des bonds en avant de trente fois sa taille ! (Nos politiciens débiles devraient en prendre de la graine ou de la cuisse) ce qui rapporté à notre nain de 1,80 m produit un saut de 54 mètres (six fois plus long ou haut que le record du monde du saut en longueur : environ neuf mètres !)
Total respect, Paedophryne amauensis !
Enfin, je propose de rebaptiser Paedophryne amauensis en lui accordant le noble nom de « Mowgliette » sachant que « Mowgli » dans la jungle du Bengale et de Kipling signifie « petite grenouille » et que le suffixe français « -ette » en rajoute encore dans la petitesse et donc, dans la grandeur et l’estime.
On t’aime Mowgliette, reste avec nous !
Fin de loup
« À sa plus grande gloire »
(Jean-Sébastien Bach, 1685-1750)
J’étais encore jeune ; j’étais déjà con ; j’étais dans mon lit, réveillé, sans doute à me gratter les choses entre mes deux, histoire de me
demander, une fois de plus, à quoi sers-je, où cours-je ou encore, dans quel état j’erre…
J’étais déjà jeune ce dimanche matin dans mon lit de grasse matinée, à me retourner en écoutant, entre deux rêves, la voix de Jacques Merlet, causant grave, juste et clair dans le poste sur France Musique.
J’étais toujours jeune ce dimanche matin quand la voix s’est arrêtée…
Une seconde de silence et puis un souffle qui nait…
Une de ces haleines d’ange — qui passe, qui vient ; un courant d’air du paradis ; une vibration du tréfonds de la création ; un chant, un cri, un hurlement harmonisé, ordonné, magnifié de cinq-cent-mille ans d’humanité !
Le bonheur en diable à ressort quoi…
Deux flutes en os qui vous flutent soudain dans les esgourdes, tout doux, tout lent, funèbres, mais comme il faut pour ne pas vous faire peur ou pleurer ; qui vous fourrent dans les ouïes une sonatine du feu de tous les dieux et du claquement de tous les os, de tous les squelettes de tous les morts de tous les mondes.
Tout doux, tout lent, cadencé, tragique, à pas divins, magique, merveilleux, inoubliable.
Deux flutes en bois des forêts baroques : deux faunes, des jumeaux orphelins de chez Pan, dansant nus, larges, gracieux, évanescents, sur les boyaux en liane, sur l’humus soyeux, sur les fougères en cordes d’un ordre continu, d’une perpétuelle basse.
Ou d’un acte tragique, mais nécessaire, inévitable, indispensable…
Et quand les flutes se taisent, fleurit le chœur, les voix en aria ou en « chant ferme » puis reviens la plainte ultime, apocalyptique : « Komm ! »
…
Un requiem à réveiller les morts en douceur, en humanité, avec foi, espérance, avec charité avec « art » enfin et toujours…
Un « actus tragicus » de derrière les fagots des caves ou des greniers de l’Occident idéal ou perdu.
…
J’étais jeune ce dimanche quand j’ai écouté (réveillé à jamais d’entre les morts) la cantate funèbre (requiem) BWV 106, « Gottes Zeit ist die allerbeste Zeit (Le temps de Dieu est bien le meilleur) » de Jean-Sébastien Bach, dirigée par Gustav Leonhardt (1928-2012)
Cette cantate est pour moi une « chose, un objet, un sujet » musical de premier ordre et ceux qui ne connaissent pas, devraient s’abstenir de causer musique à tout vent, voire à tout crin. (Ah mais !)
…
Le loupissime maître Gustav Leonhardt est mort lundi dernier, le 16 janvier 2012.
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Je sais que ce noble musicien n’est pas mort tout à fait dans l’indifférence.
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Au risque (ah, ah !) de me faire engueuler et mépriser une fois de plus — mais j’ai pour totem le loup, non ? Et les caniches festifs à collier parfumé fluo peuvent bien aboyer en passant — J’affirme que le Gustav fut (est) à la musique ce que Steve Jobs (est) fut à l’informatique, na !
Il fut un père fondateur et réactionnaire en diable « baroqueux » et je ne vous raconte pas la gloire de ses potes et de ses élèves (Voir le lien sur Wikipedia) et moi, ça m’énervera toujours quand d’aucuns disent que le Gustav avait un style « froid, luthérien, batave, du nord et toussa » : à la fin de sa cantate 106, le silence n’engendre que grâce, enfin ! (Et c’est un baptisé fier catho-papiste-païen qui vous cause)
…
Autre souvenir de Gustav : quelques années plus tard (je devais avoir trente ans ?), un dimanche après-midi, je suis allé au cinéma « voir » le film « Chronique d'Anna Magdalena Bach » qui se projetait sporadique dans une salle des Halles à Paris (même pas en « art & essai » — Gustav & consorts baroquisants étant inconnus, voire démonisés, à l’époque, en France, faut le dire).
C’était un jour d’hiver, il faisait beau et je pensais en prenant mon billet, me trouver tout seul, tout nu, dans une immense salle.
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Au générique, nous fûmes sans doute plus de cinquante à applaudir, soulés, camés, ce film où le Gustav « joue et incarne » JSB himself.
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Je vous dis ça comme ça hein !
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Allez, merci et adieu Gustav Leonhardt ; à Dieu ou à celui que tu sais désormais (ou pas) veinard !
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On t’aime Gustav ; reste avec nous.
Fin de loup
Dans mon non encore achevé premier conte à ressorts (je suis en procès avec mes personnages) mes courageux lecteurs auront appris l’art de chasser les ours du train Marseille-Paris.
Dans notre monde ubuesque, la réalité peut parfois rejoindre, sinon dépasser la fiction (et vice vertu) et tel a été le cas, il y a quelques jours, quand des marins-pompiers ont chassé un boa constrictor (une espèce de serpents de la famille des Boidae) de deux mètres de long qui s’était égaré dans le TGV Paris-Marseille après avoir semé — on se demande bien pourquoi — une panique mémorable.
Ceux qui ne me croient pas pourront consulter l’article du Figaro en fin de billet, mais pas maintenant, parce que je cause là.
J’aime beaucoup ce genre de fée d’hiver, parce que j’y apprends bien des choses : primo, je sais désormais que l’on chasse le boa avec des marins-pompiers (de Marseille ou pas). Il faudra donc que je m’occupe de ceux qui hantent ma cave — que je devrai vider sinon ranger un de ces quatre — en appelant le 18 (à l’eau les pompiers — ah, ah !).
Secundo, j’ai appris que l’on pouvait voyager en train pour pas cher avec son animal de compagnie, quelle que soit son espèce, sous réserve de respecter certaines conditions.
Je vais donc étudier la possibilité de trimballer chaque jour mon alligator de quatre mètres pour me rendre à mon boulot, sachant que
j’ai pour lui une laisse, un collier et surtout, une muselière (on ne sait jamais, il est souvent de mauvais poil mauvaise écaille quand je le sors trop tôt le matin de la
baignoire)
Je suis sûr qu’il se tiendra peinard dans le wagon surtout si je lui mets dans les ouïes des écouteurs d’iPod diffusant en boucle les hits de Johnny H. (je n’ai jamais su si c’était de l’amour ou de la panique, mais ça le tétanise)
Tiens, à propos d’animaux exotiques ferroviaires, en ce moment, dans mon train quotidien, je suis plongé dans la lecture in the text de Tarzan of the Apes qui m’a été offert et envoyé (le livre, pas Tarzan himself) par une tortue-garoue de Toulouse, Myrtille Melba (mais j’en reparlerai, œuf corse) et j’ai appris aujourd’hui, que Sheeta, le chimpanzé compagnon de Tarzan dans les films, n’est pas dans le livre original une panthère, comme je l’ai écrit trop vite dernièrement, mais un léopard et pas sympa du tout en plus hein !
On en apprend tous les jours !
Lien : Un boa dans un TGV Paris-Marseille
Fin de loup
J’ai trouvé ça, au fond de ma tanière, parmi les feuilles et les ossements :
Illustration : Martin Lothar (toujours né) Papelard de gosses sur la tombe de Jules Verne, cimetière de la Madeleine à Amiens, Picardie. Photo numérique, août 2005. Musée du Loup, Tanière sur Seine, Europe.
Fin de loup
Deux « A » mènent à larver marris ou aux patères austères ?
Note : sainte Hure, serrez pour eux !
Fin de loup
Si les signes vous fâchent, ô combien vous fâcheront les choses signifiées. (Si les signes vous faschent, ô quant vous fascheront les choses signifiées) (François Rabelais, 1483-1553, le Tiers Livre, chapitre 20)
Avec seulement deux « A », peut-on encore faire longtemps l'andouille ou devrons-nous enfin, nous contenter de merguez standard & pauvres ?
Fin de loup
Frères humains qui avec moi vivez, en vérité je vous le dis, la conne Sheeta de Tarzan (of the Apes) ne serait pas un singe, mais une panthère…
Avouons-le nous une bonne fois pour tous : nous sommes des cancres las, sinon des ânes…
À suivre.
Fin de loup
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