Enfin de loup
Ce blogue (de sept ans n') est (pas encore) fermé.
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Le Duc de l'Omelette, Prince de Foie-gras, est un personnage de la nouvelle éponyme d’Edgar Allan Poe.
Sa Grâce le Duc, est un jeune aristocrate français, grande et fine gueule, et surtout, très pointilleux sur ses grands et menus plaisirs.
Du reste, il mourra avant sa majorité, outré qu’on lui présentât un plat d’ortolans mal préparés.
Il fut trois jours plus tard, emmené aux enfers par Bélial, Inspecteur des Cimetières, où Sa Majesté Satanique, Baal-Zebub, prince de la Mouche, lui mit un appartement à sa disposition.
Le Duc de l'Omelette ne trouvant pas ce nouveau domicile à son goût — la vue donnant notamment sur la rôtissoire des damnés — se sentit insulté et provoqua Satan en duel.
Hélas, le Diable ne pratique pas les armes, mais selon l'abbé Gaultier, il n'ose pas refuser une partie d'écarté (jeu de cartes très en faveur au dix-neuvième siècle)
Le combat s’engage alors sachant que l’enjeu est le retour du Duc à ses ortolans.
Ce conte se termine par cette phrase : « Si Alexandre n'avait pas été Alexandre, il eût voulu être Diogène. Le Duc, en prenant congé de son adversaire, lui assura que s'il n'avait pas été De l'Omelette, il eût volontiers consenti à être le Diable. »
Fin de loup
La came isole de force ?
Fin de loup
« Dire que quand nous serons grands, nous serons peut-être aussi
bêtes qu’eux ! »
(Louis Pergaud, la Guerre des boutons)
[Mode badin ON]
Hier, en giclant de mon train matutinal, j’ai aperçu une affiche annonçant la sortie imminente de nouvelles dents de la mer dans tous les aquariums cinéphiles français. Ça s’appelle « Shark 3D ». L’affiche représente grosso modo (j’étais mal réveillé) une fille à poil poursuivant lubrique un malheureux requin en bikini.
Bon, je ne sais à combien de « remakes » ou de « retour » sans gland on en est du dentier carnassier de notre bonne vieille maman amère, mais qu’importe, car celui-là est en 3D up to date et c’est sûr que ça va faire mal dans le box au fisc (et aux yeux surtout).
Cela étant, quant au titre de ce film étasunien animalier, nous avons échappé au « les dents de la mer 3D(entiers) » auquel tout le monde de saturé pouvait s’attendre. Non, c’est « « Shark 3D », « shark » signifiant « requin » en anglais (ça sonne comme une mâchoire de squale cisaillant l’abdomen d’un gosse en bouée) et « 3D » veut dire « 3 dimensions » comme le savent tous les poissons plats, de la sole norvégienne au maquereau de Pigalle.
Je pense que ce titre « les dents de la mer » est protégé par de bons et gras droits d’auteurs salés au sel marin et que donc, « touche pas à mon idée sinon tu raques grave »
[Mode badin OFF]
…
[Mode colère ON]
Hélas, ce n’est pas le cas du roman de Louis Pergaud (1882-1915), « la Guerre des boutons » dont les droits sont tombés dans le domaine public, voire dans le caniveau de Gavroche (c’est la faute à Ruisseau, c’est la faute à Water), ce qui permet aux trolls puants du bulbe encarté de tout poil de ramasser le bébé en de lui en faire voir de toutes les couleurs, par tous les trous sans complexe, sans honte, en toute impunité et surtout gratis.
Tel est le cas d’un de nos ciné-zintellos-zélite de chez Franchouille-Frankistan, que je ne nommerai même pas, qui vient « d’adapter » à l’écran ce roman écrit en 1912 et qui a du coup, inventé le cinéma « 4D » en le transposant en 1944, en pleine guerre de chez Mondiale le Retour.
Une idée de génie, du jamais fait, je vous le dis ! Quelle audace !
C’est vrai qu’on l’avait bien oubliée cette vraie guerre-là, sinistre, seconde et mondiale hein ! Aucun film, téléfilm, roman ou livre d’Histoire n’en cause plus depuis au moins 30 ans.
La peau de la bête immonde ne se vend plus. [Hein, quoi ?]
De plus, d’après ce que je sais, ils en ont mis une seconde couche de putasserie en faisant tomber Lebrac, le personnage principal et le chef des déboutonnés, amoureux boutonneux d’une jeune réfugiée… Devinez… Devinez… Juive !
Quel talent hein ! Quelle imagination !
Il faut dire aussi que quelques jours auparavant, une autre « adaptation » cinématographique de la Guerre des boutons fut proposée aux cinéphiles égarés et que d’après ce que j’ai pu en ouïr, le scénariste avait « introduit » un nouveau personnage dans la bande des boutonneux : un garçon manqué (tomgirl, on dit en English, je crois), si, si, histoire de faire palpiter les jeunes cerveaux sur des théories du genre théorie des genres et Toussa de chez Gros Sabots Sociétaux à la Gomme.
Quelle sagacité ! Quelle bienveillance !
Quelle bande de cons glaireux oui !
Nos cinécacomatographes de bas art d’aujourd’hui ne supportent visiblement plus que nos chères têtes blondes nos jeunes festivo-citoyens divers cons et cernés rient trop longtemps en toute bonne conscience. C’est très mauvais pour leur santé, pour leur moral et surtout pour la morale de chez Pensée-Unique & Binaire Limited Sarl.
Pour ces branle-muse-art de soviet-prisunic, l’enfant d’aujourd’hui est en effet un pervers polymorphe à tendance nazillonne, prisonnier, otage de ses parents populistes, nauséabonds, incultes, incompétents et collabos et dont il convient de contrôler l’éducation civique et politique et les fréquentations intellectuelles dès le plus jeune âge afin qu’il sache de suite et pour des cierges et des siècles, où se trouve le bon côté de la farce (de vote, de vente et d’achat, surtout)
Or donc et subséquemment, il y a rien de mieux à cet effet, que de s’inspirer piller un roman épatant et très populaire et de l’arranger à la sauce « maton de Panurge » en y intégrant du pathos à deux balles impubères, dégoulinant de bons sentiments pudiques, javellisés, pasteurisés, vingteurisés, pour le bétonner lourd enfin avec un gavage mémoriel zombo-citoyen des familles dont seule la France a le secret et le ridicule.
Pour pirater-détourner au mieux une œuvre littéraire, il faut s’assurer au départ que l’auteur est bien mort et enterré dans la nuit des temps et que ses héritiers même l’ont oublié. On évitera surtout de comprendre sa démarche d’écriture (de toute façon, il est muet mort ce con) et à toute fins utiles on y ira lire vite et en travers sa biographie sur Wikipedia pour vérifier qu’il n’a rien fait de « nauséabond » dans sa vie et que d’une manière générale, sa philosophie de la vie était plus ou moins compatible avec le juteux lavement de cerveau que l’on se prépare à administrer à ces couillons de spectateurs béats.
Pour nos El-Che-Bobo de scénaristes, Pergaud, c’est de la balle : instituteur hussard noir de Jules Ferry ; écrivain naturaliste des champs, des bois, des campagnes et de leurs âmes rupestres ; mort en officier dans les tranchées de 1915 pour une France dont l’agonie commencera trois ans plus tard ; un peu catho sur les bords et rad-soc à l’occasion, bref, c’est du clean et du digne à faire bander Stéphane Aisselles toute une nuit, c’est vous dire.
Le problème pour nos Guevara germanopratins de banlieue, c’est que le Louis avoua lui-même dans la préface de sa Guerre des boutons (voir ma citation d’hier), et ce, dans un français superbe, clair et pur, que ce roman n’est qu’une pantalonnade (c’est le cas de le dire) rabelaisienne, jubilatoire, écrite en riant « pour faire rire » et qu’en aucun cas, le lecteur ne doit chercher dans les lignes ou entre, un quelconque « message » subliminal ou pas, une quelconque « thèse » et ne serait-ce qu’un soupçon de morale même bon-enfant.
Désolé vieux, pas de message là-dedans. Rien à tirer. Même les nègres renifleurs de BHL n’y verraient rien.
Et voilà pourquoi, nos cinéastes sycophantes, maîtres absolus des consciences djuvéniles, diverses, rappeuses, tagueuses et citoyennes sortirent leur grosse seringue pour injecter dans le cadavre de ce texte ringardo-bourgeois-souchien une dose massive de néo-moraline 2011 g.
On appelle ça « la nouvelle guerre des boutons » et hop ! On tourne, les chéris et c’est dans la boite, en attendant de se remplir les fouilles de bons gros euroflouzes bien mérités.
Et si ça ne marche pas en salle, on vendra cher cette daube aux télés et au Mammouth Ed Nat pour visionnage citoyen en boucle ad nauseam. Merde quoi, faut bien vivre non !
C’est à gerber !
Enfin, je n’ai qu’un mot à dire à ces pitoyables cinéastes, à ces flibustier nécrophages d’eau latrinale ; c’est un mot composé qui est aussi l’insulte préférée des déboutonnés de Longeverne et de Velrans ; l’injure suprême des Lebrac, Camus, Gambette, La Crique, P’tit et Grand Gibus, de L'Aztec des Gués et de Migue la Lune :
« couilles-molles ! »
Ah mais !
[Mode colère OFF]
Illustration : Edgar Degas (1834-1917) Jeunes Spartiates s'affrontant (1860-62) Huile sur toiles. National Gallery, Londres.
Fin de loup
«Cy n’entrez pas, hypocrites, bigotz, Vieulx matagots, marmiteux borsouflez… » François Rabelais
Tel qui s’esjouit à lire Rabelais, ce grand et vrai génie français, accueillera, je crois, avec plaisir, ce livre qui, malgré son titre, ne s’adresse ni aux petits enfants, ni aux jeunes pucelles.
Foin des pudeurs (toutes verbales) d’un temps châtré qui, sous leur hypocrite manteau, ne fleurent trop souvent que la névrose et le poison ! Et foin aussi des purs latins : je suis un Celte.
C’est pourquoi j’ai voulu faire un livre sain, qui fût à la fois gaulois, épique et rabelaisien, un livre où coulât la sève, la vie, l’enthousiasme, et ce rire, ce grand rire joyeux qui devait secouer les tripes de nos pères : beuveurs très illustres ou goutteux très précieux.
Aussi n’ai-je point craint l’expression crue, à condition qu’elle fût savoureuse, ni le geste leste, pourvu qu’il fût épique.
J’ai voulu restituer un instant de ma vie d’enfant, de notre vie enthousiaste et brutale de vigoureux sauvageons dans ce qu’elle eut de franc et d’héroïque, c’est-à-dire libérée des hypocrisies de la famille et de l’école.
On conçoit qu’il eût été impossible, pour un tel sujet, de s’en tenir au seul vocabulaire de Racine.
Le souci de la sincérité serait mon prétexte, si je voulais me faire pardonner les mots hardis et les expressions violemment colorées de mes héros. Mais personne n’est obligé de me lire. Et après cette préface et l’épigraphe de Rabelais adornant la couverture, je ne reconnais à nul caïman, laïque ou religieux, en mal de morales plus ou moins dégoûtantes, le droit de se plaindre.
Au demeurant, et c’est ma meilleure excuse, j’ai conçu ce livre dans la joie, je l’ai écrit avec volupté, il a amusé quelques amis et fait rire mon éditeur1 : j’ai le droit d’espérer qu’il plaira aux « hommes de bonne volonté » selon l’évangile de Jésus et pour ce qui est du reste, comme dit Lebrac, un de mes héros, je m’en fous.
(Louis Pergaud, 1882-1915, préface à la Guerre des boutons, 1912)
Note
Je vais remplacer « mes citations d’emblée » par des billets séparés agrémentés d’une note de ma part, sujette évidemment à discussion par commentaires. Je commence par cette préface de Louis Pergaud de son jovial, innocent et indispensable roman qu’est cette « Guerre des boutons » et dans laquelle figure en exergue, une autre citation de maître François Rabelais, le père et totem de tous les bons écrivains français.
La lecture de cette préface vous préparera à mon post de demain (et de dix doigts) où je vais charcuter grave et colérique nos contemporains festifs Zintellos encartés du bulbe qui, décidément, ne cessent de nous prendre pour des cons et nos enfants pour des marionnettes zombiques à gaver incontinent.
Bref, ça va déchirer, je vous le dis.
Fin de loup
Architecte ad hoc et tous les matins,
Le soir, il fait des Tintin ;
C’est Quentin.
Note : Bon anniversaire Quentin (un chouette garou)
Fin de loup
Une histoire que j’ai entendue il y a longtemps, mais je ne sais plus où, et je me demande encore si elle est authentique :
Cela se passe en Angleterre lors d’un examen pour obtenir le brevet de pilote d’avion.
La dernière question posée aux candidats est : « Vous êtes dans la situation suivante : vous êtes aux commandes d’un avion de tourisme et derrière vous se tient la reine d’Angleterre pour seule passagère. Alors que vous êtes en plein vol à près de mille pieds d’altitude, la reine est prise soudainement de folie ; elle ouvre la porte et se jette dans le vide. Quel serait alors votre premier geste ? »
Tous les candidats ont donné une mauvaise réponse parmi lesquelles :
— « J’attrape un parachute et je saute derrière elle pour tenter de la rattraper en chute libre »
— « Je saute derrière elle, sans parachute, car rester en vie après un tel drame serait déshonorant »
— « Je mets l’appareil en piqué pour tenter de la rattraper au vol avec la carlingue ou une aile »
— « J’alerte la base et trouve un endroit pour atterrir au plus près »
La dernière réponse est évidemment la plus sensée, mais ce n’était pas celle-là qu’attendait l’examinateur.
La bonne réponse était en fait : « Je tourne le compensateur d’assiette afin de tenir compte de la perte de poids dans l’avion »
C’était un examen pour obtenir le brevet de pilotage, non pour devenir un James Bond.
Fin de loup
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