Martin Lothar (depuis 2005)

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Runes

Vendredi 14 mars 2008 5 14 /03 /Mars /2008 16:26
Pour icelles et iceux qui ne connaissent pas mes contes des spectres, je précise qu'il s'agit de nouvelles relatant les petites histoires de petites gens filant dans les dédales de la grande Histoire.
Ce sont des textes qu'il convient de lire calmement, en les sirotant et surtout, en se gardant de commencer par la fin où apparaît la clé, la révélation de l'histoire : sachez jouir de votre plaisir de lire.
Vous trouverez tous les autres spectres par un lien dans la colonne de gauche, tout en haut.
En attendant, faites donc connaissance avec ce très, très, mais vraiment très étonnant
vingtième spectre :


Au départ ni ses vertus ni même ses vices ne rendent l'homme original. C'est plutôt le parti qu'il en tire avec un génie parfois pervers, qui continue de lui donner sa chance et qui lui assure, dans le monde animal un destin singulier. (Roger Caillois, Case d'un échiquier)

C’est le Scribe en personne qui accueillit ce vingtième spectre à la porte du Labyrinthe et qui recueillit aussitôt son histoire en scannant et dialoguant avec son « âme »
Il faut dire que ce spectre-là est bien hors du commun car il vécut en insecte et dans l’espèce sans doute la plus méprisée de cet ordre et même de tous les autres : Celle des cafards, celle des misérables blattes.
De ce fait, notre Scribe déploya tout son talent et bien de ses ressources pour transcrire enfin le récit que voici :

Je naquis comme toute unité de mon espèce en perçant un œuf pour n’avoir après plus qu’un seul acte à accomplir : Refaire cet œuf à l’identique et si possible en multiples exemplaires et tout le reste ne compte pas car pour nous, tout le reste n’existe pas.
Mon enfance n’a duré que quelques « minutes humaines » c’est-à-dire, le temps pour mon corps de sécher et d’étalonner la température et la pression de l’air ; pour mes antennes de se déplier et de s’azimuter et pour mes pattes de se délier, de forcir et de tester les vibrations ou les mouvements du sol.
Au premier pas, j’étais un adulte et le dernier ou le premier des cafards.

A ce stade pour nous, blatte de notre espèce, soit on tombe sur une unité de l’autre sexe avec qui l’on copule de suite, soit on part dans une direction quelconque pour la trouver coûte que coûte.
En route alors, on essaiera de se nourrir de tout ce que l’on pourra trouver pour avoir toujours la force de niquer à la première occasion.
Si nous autres, cafards, nous sommes par nature largement plus compliqués que les choses que l’humain fabrique, nous n’avons cependant pas plus de « sentiments » de « choix » ou de « pensées » : Nous n’avons aucune mémoire acquise ; nous ne connaissons ni la douleur, ni le plaisir, ni le raisonnement, ni la peur et la vie est pour nous aussi machinale que le battement du cœur d’un mammifère.
Pour ma part, après avoir tourné en vain dans ma maternité déserte, j’ai « choisi » (il m’a été ordonné de prendre) un cap que j’ai taché de garder (que je devais impérativement garder) jusqu’à rencontrer de la bouffe sinon une femelle.
Hélas je fus alors maudit de ma race en prenant une telle direction car pour tout le reste de mon existence, je me suis égaré dans un désert et jusqu’à ma mort, je n’ai pu ni me reproduire, ni manger.

Durant les premières semaines (de mon temps) j’arpentai une sorte de tube lisse et clos de toutes parts en me figeant sur place pendant des heures à la moindre vibration ou au moindre courant d’air.
Finalement, je sortis de ce tunnel pour m’engager sur une vaste plate-forme qui fut tout aussi interminable et vide d’intérêt quelconque.
Les forces commençaient à me manquer déjà quand je pénétrais enfin dans un nouveau tuyau beaucoup plus étroit que le premier et dans lequel je dus m’arrêter un très long moment pour sombrer alors dans une sorte de sommeil irrépressible.
Je fus réveillé par des vibrations épouvantables et je me suis mis à courir droit devant moi sans trop repérer le terrain.
Je sortais de ce second tube en débouchant dans un espace beaucoup plus volumineux quand ces pulsations se transformèrent bientôt en puissants martèlements et que le sol sous moi sembla alors s’incliner sans cesse d’un côté puis d’un autre pour bientôt se stabiliser un peu avant que les battements ne cessent enfin.
Cet évènement me fit me figer en alerte durant de longues heures quand soudain, une force terrible et impalpable m’arracha du sol pour me faire tournoyer dans le vide sans que je ne parvienne à atteindre une quelconque surface solide.
J’ai flotté ainsi en tournant sur moi-même jusqu’à ce qu’un courant d’air me pousse et me fasse pénétrer dans une sorte de sphère très réduite où je pus enfin m’accrocher à la paroi faite d’une matière molle comme de la mousse.
Enfin stabilisé, je rampai vers un minuscule alvéole au fond duquel, épuisé, je me tapis pour une éternité.

Je tombai alors dans une sorte de coma et je n'en sortis qu'à l'occasion d'une nouvelle série de chocs et de secousses.
Bientôt, presque tout l'espace de la sphère se remplit d'une matière pour moi inconnue et qui bien vite libéra une grande quantité de chaleur et d'humidité.
Je perçus alors de nouvelles vibrations que je découvrais encore et le Scribe me révèlera plus tard qu’il s’agissait des paroles d’un homme.
Une heure humaine après environ, je sombrai dans un nouveau coma d’où je ne devais jamais me réveiller.
Je mourus ainsi de faim et d’épuisement et finalement dans la honte d’avoir été complètement inutile à mon espèce et indigne d’elle à jamais.

Toutefois, dans le scriptorium du Labyrinthe, le Scribe me révéla que loin d’avoir un destin nul et non avenu, je devais me considérer comme le héros de tous les insectes de mon ordre et même de tous les êtres vivants de la planète.
Car en fait, mon dernier refuge qui sera ma tombe fut le casque de l’astronaute Neil Armstrong avec qui, le 21 juillet 1969, à deux heures cinquante-six minutes et quinze secondes en temps universel, j’ai « foulé » le sol de notre satellite à tous, la Lune !

Martin Lothar, le 14 mars 2008

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Samedi 8 mars 2008 6 08 /03 /Mars /2008 19:58
undefined Nous sommes trop souvent des cons éléphantesques tremblant devant l'ombre même de la plus petite des bestioles...
Mais nous ne serons toujours en fait que des enfants face à la fortune, bonne ou mauvaise ; face à nous-mêmes, à notre destin ; face à la vie ; à l'amour ou à l'amitié, face à la mort et finalement ahuri, face au panneau d'un quai en bordel du train trop TGV allant ou non de Tutti à Chianti.
Nous ne sommes en toutes circonstances que l'enfant que nous avons toujours été et que nous avions oublié bon gré, mal gré, ou que nous feignions d'oublier pour sacrifier comme des cons encore, à l'universelle vanité de l'être pataugeant benêt confiné dans son petit monde vaniteux et techno de chez Pacotille & Nombril.
Pas plus, pas moins.
C'est pourquoi, j'adore les histoires d'enfant et surtout les vraies, les authentiques, les contes vécues qui ne peuvent être lus que par de véritables enfants, jeunes, vieux, anciens ou pas, qui seront d’ailleurs les seuls à les comprendre comme ils seront désormais les seuls à maîtriser tout rond ce monde en panade à gerber.

C'est pourquoi aussi je vous conseille d'aller lire un récit signé de maître Didier Goux en personne et en lien aussi à droite, pub.
Votre enfance comme vous-même - c'est la même chose, si vous m'avez bien suivi - ne le regrettera jamais et vous en saura toujours gré.
Ah mais !

Pour rejoindre le petit Didier, cliquez ici.

Illustration : Jérôme Bosch (vers 1450 - 1516) L'enfant Christ marchant, revers du portement de croix (1480) Kunsthistorisches Museum, Vienne.

Fin de loup

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Vendredi 7 mars 2008 5 07 /03 /Mars /2008 19:37
Non, je ne vais pas évoquer dans ce billet ce brave toutou de saint-bernard, ce fidèle sauveteur canin des ivrognes en perdition, des skieurs hors piste et autres cons gelés (ou givrés) mais le bon vieux « tonneau » de derrière les fagots et surtout celui que la légende prête à tort à Diogène le Cynique (1)

J’ai écrit « à tort » car les Grecs du temps de ce chien de philosophe et d’autre Platon ne connaissaient pas notre tonneau des familles (en bois cerclé de fers) ni d’Eve, ni du vert Adam ou même de Vulcain (alias Héphaïstos) dans la mesure où cet outil grandiose voyageait très peu à l’époque.
Le tonneau fut en effet inventé par nos ancêtres les Gaulois sans aucun doute inspirés par le Grand Lug (dit le Polytechnicien)

Ce sont les Romains de Jules qui ont découvert ce truc malin de transport et de bombance, made in Gaule, (comme la cervoise et l’art du cadastre) et qui l’ont alors répandu à tous les confins de l’empire d’Auguste avec leur vin dedans, accessoirement.
Il faut dire que c’était vachement pratique un tonneau de bois tannique comparé aux lourdes amphores en terres cuite, en bronze ou en gré et ça avait surtout l’avantage sur elles de flotter sur la mer en cas de naufrage et donc ne pas être perdu pour tout le monde.

Or donc, notre SDF de Diogène n’a jamais mis les pieds dans un tonneau (gaulois ou grec) mais plutôt dans une grande jarre de terre appelée « pithos »
Il était important et urgent de préciser cette vérité historique, je pense.

Du point de vue étymologique, le mot tonneau est un diminutif français de « tonne » qui viendrait elle-même d’un vieux mot celtique « tonn » (peau) qui désignait sans doute une outre faite d’un sac en peau d’on ne sait quoi ou qui.
La tonne engendra le « tonneau » et l’encore plus petit « tonnelet » (un mot que j’aime beaucoup d’ailleurs)

Quant à son très beau synonyme « barrique » puis « baril et barrot », il viendrait plus obscur du celtique *kymri, (branche d'arbre) par le truchement du mot « barre »
C’est avec des branches d’arbre que l’ont fait des tonneaux, des barrages (de rivière ou de péage) et ce sont avec des tonneaux ou des barriques que l’on forme des barricades (mystérieuses, fortifiées, portuaires ou insurrectionnelles)

Personnellement, étant quelque peu fainéant sur les bords (et même de nature) je préfère passer mon temps à vider les tonneaux dans ma gueule que de les rouler, voire les porter pour faire une quelconque révolution de mes deux, même si trop de baffes ou de rafales de kalachnikov se perdent hélas de plus en plus de nos jours encore, à gauche comme à droite.

Diogène, reviens !

(1) Diogène de Sinope dit le Cynique (-412 et -323 Avant JC) Je vous causerai bientôt de ce chien d’antique, fabuleux et véritable loup-garou

Fin de loup

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Mercredi 5 mars 2008 3 05 /03 /Mars /2008 20:05
Enfant, paysan, vieillard : Aux prises avec un mode d’emploi.  (Gilbert Cesbron, Journal sans date)
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J’ai encore souvent cette vibrante langueur née de lectures d’enfance où je songe béat et serein assis au bord du Mississippi.
Ce benêt de Tom Sawyer somnole allongé non loin, insouciant comme moi des mouches, des guêpes, des fourmis et des ébats palmipèdes.
Et je pêche…
Je pêche juché sur un rocher blanc, le dos appuyé à un tronc creux, une jambe repliée contre ma poitrine et l’autre balançant un pied nu au-dessus des bouillons glauques du fleuve en torpeur.
Ma ligne d’un fil grossier n’a jamais eu d’hameçon et me berce longtemps dans les touffeurs par le mol et lent va-et-vient du jeu nonchalant de l’onde et du vent.
Et je chantonne un peu…
En cette heure, ce fleuve primaire est buissonnier lui aussi et comme nous, il est indomptable, mais parfois, il sait se faire calme et olympien comme cette Amazone qu’il croise dans quelque azimut.
Ô Mississipi, on dira que tu serais tout aussi légendaire et aussi bleu qu’un bon vieux Danube, tu sais, good old blues. Et je pêche tous mes semblants sinon tous mes semblables. Je pêche et je chantonne…
Ô Mississipi blues : Salut vieux cours sauvage, salut Meschacebé des Indiens de tout cardinal et de plume !  Salut vénérable fleuve qui fut nommé Colbert, volé ainsi à la barbe de quelques grands d’Espagne par un flibustier du roi Louis. Ce Cavelier de la Salle, cet étrange cavalier français sera plus tard jeté aux gémonies avec ses rêves coloniaux par des pairs oublieux, confits et royaux d’un Versailles d’Indes galantes…
Je chantonne le blues de notre vieille enfance et non loin de moi, somnole Tom Sawyer … Salut Mississipi, porteurs en tes flots de bien des noms jusqu’au plus grand Sud : Saint-Louis, Bâton Rouge ! Salut nègre Louisiane et toi l’Orléans nouvelle !
Je chantonne en m’endormant doucement… Ô Mississi… Ô Missi…
Oh merde !
Bientôt je suis réveillé par des éclats de rires éclaboussant par ricochets le miroir morne des eaux : Voici venir les malices de l’amitié.
C’est notre Huckleberry Finn qui tout nu dans notre Mississipi s’est mis la ligne impossible entre les dents et célèbre ma pêche miraculeuse en remous inoubliables de rire, d’eau, d’écume, de vase et de bonheur. Oui, c’est notre Huckleberry, notre impossible Finn, notre incroyable Hucky qui s’exonde enfin pour ébrouer sa tignasse sur la panique en sursaut de ce brave Sawyer.
Ô Mississipi blues ! Quand au milieu du fleuve ainsi réveillé passe enfin le dernier vapeur…
Ils sont tous là à nous faire des signes du bastingage ou encore penchés sur le gouffre de l’étambot : Ô Mississipi, ô blues, salut Mowgli !  Salut Peter Pan ! Salut Capitaine Nemo ! Et toi Robinson ! Et vous tous héros, trésors de nos îles vierges, salut !
Vous nous avez appris pour toujours qu’il ne faudrait jamais que notre enfance se lasse.
Ô Mississipi ! Le dernier ressac du sillage nous trempera les pieds, les yeux et le cœur jusqu’à l’âme… Mais au crépuscule nous saurons… Nous saurons que la nuit serait de bande et de contrebande ; Nous saurons qu’une fois, le soleil et les bonnes âmes couchés, un feu de camp sera entretenu des heures au mitan d’une île secrète de mangrove.
Nous saurons que nos regards suivront jusqu’au firmament le spectre fumeux des flammes couronnées d’étincelles pour nous perdre enfin à l’aube de nos vibrants futurs. Nous saurons enfin !
Nous saurons qu’en chauffant ainsi nos jeunes chairs aux braises rutilantes de cette flambée jurée ; nous saurons qu’en passant de lèvres à lèvres le goulot saliveux d’une flasque de mauvais rhum; nous saurons qu’ainsi brûlants et repus, nous vivrons alors d’un même coeur notre enfance ardente et rêveuse. Nous chanterons enfin le blues de nos âmes immortelles ; nous chanterons notre tendre vie bleue ; nous chanterons enfin libres et ivres ; nous chanterons à jamais saouls de la saveur même des étoiles.
J’ai encore, souvent, cette vibrante langueur née de lectures d’enfance…


Illustration : Aert van der NEER, (1603-1677, Amsterdam) Paysage d’estuaire avec lune et feu de camp, Collection privée.

Martin Lothar, le 5 mars 2008

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Mercredi 27 février 2008 3 27 /02 /Fév /2008 08:00
« La mort c'est un peu comme la connerie. Le mort, il ne sait pas qu’il est mort, ce sont les autres qui sont tristes. Pour le con, c’est pareil… » Philippe Geluck.
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Le mot « con » est sans aucun doute un des plus anciens de notre belle langue et c’est de nos jours, l’insulte sinon l’injure et l’interjection la plus employée au pays de Clovis, de Rabelais, de Voltaire, de Cambronne, de Brassens et de Nicolas Sarkozy.
D’ailleurs, ô con, ce dernier vient une fois plus de s’illustrer et de l’illustrer en illustrant vert l’étiquette d’un péquin et ce, en un lieu mythique de la France profonde et éternelle : Le salon de l’Agriculture.
Bon moi, vous le savez, si j’avais encore quelques affinités politiques, je n’en aurais sûrement pas pour Notre Saigneur président, mais pour une fois, je ne lui donne pas tord d’avoir prononcé sans le vouloir ce « pauvre con » qui tel un pavé ou autre couille médiatique fait encore déborder certaines mares ou potages de canards pressés ou ouébiques.
Pour le moins, je me mets à sa place (s’il ne peut s’y mettre calmement) et dès lors, j’aurais pour ma part non seulement répété audit péquin qu’il était un pauvre con méga grave à chier, mais en plus, je lui aurais mis sur sa grande gueule de con la main qu’il aurait refusé de me serrer en affirmant ne pas vouloir s’en salir.
Ce quidam de mes deux devrait en effet apprendre que les mots « démocratie » ou « société » qu’il doit avoir sans doute dans la bouche ou au bord de l’anus à longueur de sa vie de merde signifie un comportement politique réservé aux gens respectueux de l’opinion de ses concitoyens sinon de ses congénères même si le vote est de plus en plus un piège à cons.
A injurier bêtement, on se fait insulter ou du moins, on se fait envoyer justement se faire voir chez les Grecs Turcs ou les Albanais.

L’injure, l’insulte et l’invective sont des armes à double tranchant dont le maniement sans danger requiert une grande expertise, une vaste culture ou du moins un minimum d’intelligence, sinon d’éducation.

Ceci étant, ce n’est pas la première fois qu’un président de la République française a quelque écart de langage indigne ou pas de son rang et de sa fonction : De Gaulle avait bien qualifié les Français de « veaux » et Mitterrand avait traité de « chiens » certains journalistes trop aboyeurs.
Si ces deux hommes d’Etat sont en l’état, morts, les Français n’en restent pas moins un troupeau avachi de veaux cons comme leurs cornes, aboyés en panique par des clébards pouilleux, ringards et sycophantes. 

Pour en revenir au glorieux mot con, l’incontournable encyclopédie Wikipedia consacre à ce monument de la civilisation française un long article bien intéressant et documenté (en lien en fin de cette note)
Où l’on apprend ou l’on réapprend qu’à l’origine, le con désignait le sexe féminin ; qu’à l’instar de ce dernier, il nous vient des fonds des âges sinon de la plus haute Antiquité et qu’il n’a été remis que très récemment dans le vocabulaire vulgaire ou officiel tout en changeant de sens. Il est en devenu un « gros mot » comme synonyme de « niais », puis de « bête et méchant » et enfin une insulte, une injure, une expression en forme de couteau suisse.

Ce mot est au demeurant (et au demeuré) si utilisé qu’il en perd d’ailleurs à la fois ses origines, ses sens précis et son mordant (pour ne pas dire son venin).
De nos jours en effet, le mot « con » est urticant, réactif, défensif, machinal, spontané, comminatoire ; le « con » est populaire, militaire, poétique, agressif, politique. Le « con » est snob, bobo, de gauche comme de droite et de bon ou de mauvais ton et aloi ; le « con » est héroïque, de haute et de basse noblesse ; le « con » est raciste, royal, jubilatoire, incantatoire, réactionnaire et rhétorique.
Le « con » est impérial, haddockien ou anarchiste ; le « con » est pavlovien, gaulois en diable et en Toutatis ; le con est cosmique, astronomique, polysémique, universel et enfin quantique.

Quelle destinée et que de « lettres de noblesse » désormais pour un si petit mot de seulement trois lettres et d’une syllabe dont les origines sont barbares voire obscures et qui fut pendant des siècles banni honteux de tout discours et de tout texte !
Le mot « con » devrait désormais avoir assurément sa place de choix dans les plus grands dictionnaires et autres panthéons linguistiques ; en trônant flamboyant sur un piédestal en or massif aux côtés des « Liberté » « Laguiole » « fraternité » « pandiculation »  « égalité » « brimborion » « Champagne » « oxymoron » « Beaujolais » « ornithorynque » « Camembert » « palimpseste » et autre « anticonstitutionnellement » des familles franchouillardes !

Pour ce qui concerne l’étymologie du mot « con » tout le monde s’accorde sur le mot latin « cunnus » (vulve ou coin, creux) qui dériva sur un « cuniculus » puis en vieux Français « connil et connin » désignant le lapin.
Ce « cunnus » latin proviendrait d’un mot indo-européen «*kust »  (intestin, rein, vessie) «*sker » (couper) ou encore de «*(s)keu » (cacher)
Or donc, comme nous sommes tous des cons quelque part, nous n’en sortons tous pas moins de l’antique con de la vierge déesse Mère comme des lapins du chapeau du magicien du monde.

Sans penser que cette explication étymologique est une connerie grosse comme le braquemart du Grand Pan, je vais en rajouter là, sous vos yeux et méninges éblouis, de ma propre thèse hardie, lupine et néanmoins garoue :
J’affirme en effet qu’avant de désigner le sexe féminin, le mot con ne signifiait pas autre chose qu’un vulgaire « jambon »
HedaJambon.jpg

Pour le prouver, je vous rappelle que le très british « bacon » des œufs incontournables de tout breakfast britannique qui se respecte de sa Reine, d’Oxford, de Cambridge et de leur Rule est un mot d’origine plus française tu meurs ! (Honni soit qui mal y pense !)
Maître François Rabelais l’employa bien souvent pour parler des jambons de France, de Thélème et de Navarre et l’orthographia parfois par « bas con »
Le mot français « bacon » (jambon) attesté depuis au moins le siècle n° 13, viendrait du Francique « bakko » (jambon ?) et dériva en « baconer » (dépecer un jambon) et « baconier » (Celui qui vend ou fait du bacon, du jambon, un charcutier enfin)
Or donc, le mot « con » n’a rien a faire avec les lapins, mais avec les cochons qui dans le bas coin de leur corps engraisse du « bas con » en n’arrêtant pas comme d’autres gens bons de faire le « con » dans le « con » de leur truie. CQFD !
C’est pourquoi tous les hommes sont des cons et que ce sont aussi tous des cochons.

[NDA : Ici reposait avant autocensure un passage un peu scabreux garni des mots jambon, crème, torchon, con, serviette, cru, à l’os, périodique]

Le mot « con » vient donc du con jambonnant du cochon et ne désigna le blason du sexe faible que beaucoup plus tard et du moins par un artifice en flou artistique.
Si ma thèse est conne pour certains, elle a pour mérite (agricole) au moins de rapprocher le plus puissant mot français du totem magique et sacré de toutes les Gaules romaines ou pas et de tous les Gaulois, Celtes ou pas, cons ou pas : Le Sanglier !

Vive le con !
Vive le cochon !
Vive le jambon !
Vive Bayonne, les Ardennes, l’Ardèche, l’Auvergne, la Vendée, la Savoie, la Corse, Aoste, Parme, Paris, York, la Westphalie et la Forêt-noire !

Et surtout : M.A.C. ! Morts Aux Cons ! (affreux, sales, méchants, riches ou pauvres)


Illustration : Gustave COURBET (1819-1877) L’origine du monde (1866) Musée d’Orsay, Paris.
Willem Claesz HEDA, (vers 1594-1680, Haarlem) Nature morte au jambon (1651) Collection du prince de Liechtenstein, Vaduz.

Référence : Article pas con sur le mot con : in Wikipedia

Fin de loup

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Mardi 19 février 2008 2 19 /02 /Fév /2008 20:27
Ce matin en feuilletant la presse…
Stop !

Lecteurs de tout poil, sexe et âge, je m’interromps dans la première phrase d’une note qui vous ne lirez peut-être jamais.
A vrai dire, j’en ai déjà oublié le sujet - qui me reviendra sans doute un de ces jours – pour passer sur un autre relatif à mon interrogation sur la signification de cette première phrase justement et que je rappelle à toutes fins utiles : « Ce matin en feuilletant la presse… » 

Je me demande en effet si, sous mon calame digital, sur votre écran pixellisé et dans nos cerveaux techno-zappeurs modernes, ces neuf mots ne sont pas complètement incongrus au jour d’aujourd’hui de ce vibrant et glissant vingt-et-unième siècle de fous bloutoussés.
Je m’explique : Si tous les matins, je fais effectivement ma revue de presse, je la pratique sur l’Internet à travers quelques sites d’infos choisis sur un étalage malin de liens (U)RSS favoris sinon favorisés.
Fini, depuis longtemps le bon vieux journal en papier à froisser de rage ou de rire ; à déplier large en foutant sa main sur la gueule de son voisin de métro ; à recueillir les épluchures ou à bourrer les chaussures de marche et les bottes de cheval de guerre.
Nous sommes sauf erreur à l’ère numérique qu’on le veuille ou pas, même si c’est sans doute un peu triste mon bon monsieur, ma pauvre dame hein, mais bon !

Remarquez, l’avantage pour moi, c’est que personne ne peut se torcher le cul de mes écrits bloguiens, ni fumer la moquette en s’en roulant les pages hein !

Je précise toutefois que si je continue à lire sur papier (quand je peux) certains canards enchaînés (ou pas) ou des revues spécialisées telle que « La Recherche » ou encore l’excellent « A vos Macs » j’ai abandonné depuis longtemps la presse papier quotidienne emballante ou non que l’on retrouve d’ailleurs quasi in extenso sur le net.

Donc les gens, tous les matins, je fais bien tout sauf « feuilleter la presse » car les infos que je lis ne sont plus « pressées » sur des feuilles de papier d’arbre par de puissantes machines d’imprimerie et des ouvriers, sous-prolétaires, graisseux, grincheux, suants et syndiqués jusqu’au slip. Elles sont modulées et démodulées, pixellisées via un réseau et par des appareils numériques froids, muets, chers, mais de dernier cri primal et publicitaire.
Je veux donc insister sur le décalage quelque peu impressionnant (c’est le cas de le dire) qu’il y a dans ladite phrase entre ses signifiants et son signifié.

Certes, ces mots sont toujours compréhensibles et en l’état, français dans notre poussiéreux Etat français ruiné, mais l’esprit bouillonnant, prospectif et génial (disons-le) du pur Verseau hyperactif que je suis, réclame ici son néologisme rutilant et tout chaud sorti de derrières les fagots de mon insondable et fulgurante imagination.

A cet effet et néanmoins à cet égard, je propose à vos yeux et vos méninges éblouis le verbe « nétinfoscoper » qui a l’avantage de tout condenser en un seul mot.
Les racines en sont évidentes et tout à la fois cosmopolites en diable européen : « Net » vient du latino anglo-saxon « Internet » ; « infos » est le diminutif de la franco latine « information » et « scope » vient du Grec « scope » (regarder, voir, mater les photos cochonnes ou pas)
Je nétinfoscope ; nous nétinfoscopons et tutti Chianti
Voilà…

Certes, d’aucun me dira encore : « Mais à quoi bon une telle création ? Qu’importe le mot, pourvu qu’on ait le geste, foutre dieu de bordel à billes ! »
Je répondrai que j’ai bien le droit moi aussi de balancer des idées qui ne seront de toute façon pas aussi démagogues et perverses que celle de faire adopter des macchabées de l’an quarante par des gosses de dix ans hein !

Sinon, si vous avez des idées de mots comme ça et pour ça, ne vous privez pas de me les faire connaître par commentaire hein !

Ceci étant, c’est vrai, je ne me souviens absolument plus de la suite de la première phrase…

Fin de loup

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Vendredi 15 février 2008 5 15 /02 /Fév /2008 21:22
J’ai de mes quelques ancêtres, calligraphes et imprimeurs, le mauvais caractère et l’amour des beaux caractères, mais je ne me beurre pas les cheveux (Merci Arthur !)
Le lecteur attentif aura remarqué sans doute le changement typographique qu’a subi ce blogue ces derniers jours : Je suis passé du tout « Verdana » au tout « Times new Roman » comme ça, pour changer et surtout parce que je pense que cette dernière « fonte » convient mieux au style moyenâgeux (voire gothique) que je soudrais (1) donner à ce blogue en sa forme, sinon en son esprit.
S’il ne tenait qu’à moi, j’utiliserais la superbe « Apple Chancery » dont vous pouvez admirer la grâce (et la graisse) dans la bannière (en haut, pub)
Hélas, tous les navigateurs de l’Internet – y compris celui de chez la Pomme n’ont que mépris juvéniles pour ce genre d’originalité !

Bon sinon, puisque cette note est classée dans la catégorie « le dico du loup » (pub) il me faut exposer les différences étymologiques et techniques concernant les mots « fonte » et « police de caractères » et subséquemment, des deux mots homonymes « police » qui n’ont à cet égard rien, mais alors rien à voir ni d’Eve ni du vert Adam l’un avec l’autre.

En typographie, la « fonte » d’un caractère désigne en fait son genre, son dessin (design) alors que sa police n’est que la liste exhaustive ou la nomenclature de ses emplois, tailles ou corps (2) graisses ou styles.
Ainsi, on ne doit pas dire « la police de caractère Garamond », pour citer la plus vénérable, mais « la fonte Garamond » qui comme les autres fontes « a » sa propre police de caractères (sa liste de variantes permises ou pas : Corps (taille) 10, 12, italique, plus ou moins gras, etc)
Et toc, et d’une !

Par ailleurs, ce n’est pas parce qu’un policier a du caractère qu’il a forcément l’assurance de la police et partant une police d’assurance !
La police du policier vient du Grec « polis » (cité, ville) qui donna le Latin « politia » en passant par le toujours grec « politeia » (chose publique – res publica) et finalement les mots français « politique » « métropole » et tutti quanti ou Chianti.

La police d’assurance quant à elle, trouve son origine selon une première version dans le Grec « apodeixis » (preuve, attestation, certificat) par le mot « polyptique » (tablette à écrire) ou « pouillé » (état des bénéfices abbatiaux)
Dans une autre thèse, la police de caractère ou d’assurance et le polyptique itou viendraient plus volontiers de « poly » (plusieurs, beaucoup)

Bref, quand ils manquent de caractère ou d’assurance, la police devient facilement politique et le politicien, policier hein !

Et de deux…

(1) Du verbe « souloir » dont j’avais parlé dans cette note-là
(2) Merci à Anita pour m'avoir précisé ce corps beau !


Fin de loup

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