Martin Lothar (depuis 2005)

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Nature & sciences

Mardi 25 mars 2008 2 25 /03 /Mars /2008 19:59
Mercure nous a enfin montré ses fesses. Je cause de la planète, pas du Dieu romain aux multiples avatars (dont Hermès, comme on dit chez LVMH)
L’orbiteur (sonde spatiale qu’on place en orbite d’une planète) étasunien « Messenger » a en effet photographié le cul de ce gros aérolithe planétaire et antique en janvier dernier et a envoyé ce cliché.
Mercure.jpg
Bon rien de bien nouveau sous le soleil : Le derrière de Mercure est comme sa face, c’est-à-dire sans aucun intérêt.
Mercure est la plus petite planète de la bande au Soleil et c’est aussi la plus proche de lui (une vraie fayote hein !) son chouchou, sa petite protégée.
Une petite peste quoi, qui n’a jamais été foutue de se faire draguer par le moindre satellite et où il fait jour tous les six mois (bonjour le prix de la chambre d’hôtel) et - 183°C en hiver pour 179 °C en été)
Bref un truc pareil aussi extrême et sans lune, ce n’est pas fait pour les loups.
Par ailleurs, il n’y a absolument rien à la surface de Mercure (même la moindre gueule d’atmosphère, ni bar-tabac et je ne vous parle pas de MacDo, de borne Internet ou de FNAC)
Inutile d’espérer non plus le moindre gazon pour jouer au golf ou au rugby car de toute façon il n’y a pas de flotte, ni de plombier (sauf aux pôles, et encore ce n’est pas sûr)
Bref, devant comme derrière, Mercure est un désert plein de poussière et de cailloux métalliques à se faire chier profond pendant les congés payés ou pas.

Le seul machin un peu épatant que l’on peut voir sur la photo, c’est un gros tatouage arachnoïdal (en forme d’araignée)

On ne sait pas très bien encore ce qui a pu curer ainsi le postérieur de Mercure.
On s’excite évidemment, tout de suite sur de la flotte de chez H2O et par conséquent tutti Chianti avec extra-terrestres en sol bémol majeur, mais c’est très peu probable.
Si des rivières ou des mers curent sur Mercure, elles coulent de sources volcaniques en une vodka à base d’acide nitrique bouillante du genre Père Thor Boyaux & Lachaise Associés.

L’autre hypothèse pour cette araignée taguée en creux, c’est un trou produit par l’impact d’un de ces pavés que des sauvageons n’envoient régulièrement rien que pour se marrer graves du fin fond de leur banlieue galactique de merde. Si jamais un jour on chope un de ces chenapans, je ne vous raconte pas la raclée qu’il va se morfler (sans parler des T.I.G. hein !)


Enfin, l’explication la plus vraisemblable à mon sens, c’est l’impact de Spider Man qui a du se viander là complètement bourré un samedi soir en sortant d’une boîte de nuit martienne ou autre.

Celui-là, quelle tache quand il s’y met hein !
C’est bien triste la vieillesse des héros…

Bon allez, on t’aime Mercure, mais tare quand même ta gueule à la récré, espèce de sale lèche-cul solaire.


Fin de loup

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Mercredi 13 février 2008 3 13 /02 /Fév /2008 08:00
Lautre jour en me documentant sur ma note « archives départementales, j’ai appris que le plus petit territoire français était une île au trésor, un repaire de pirates et autres flibustiers haddokiens en diable : L’île de Clipperton ou encore l’Île de la Passion.
Mille millions de mille sabords de tonnerre de Brest !
Comme je vous le dis, moussaillons !

C’est en fait un bout de terre rondouillard et de plus en plus désertique de 12 kilomètres de circonférence (1,7 kilomètres carrés) perdu dans le Pacifique à quelques 1 280 kilomètres des côtes du Mexique.
Cette île doit son nom à un pirate anglais, le capitaine John Clipperton (mort en 1722) qui la redécouvrit bien après Magellan et un peu avant les Français, Martin de Chassiron et Michel du Bocage, commandants des frégates La Découverte et La Princesse qui pour le coup, et le jour, la rebaptisèrent « Île de la Passion »

Or donc, mes chères connes citoyennes et chers cons citoyens, vous avez non anticonstitutionnellement le droit d’aller vous offrir quelques vacances sur ce territoire exotique et néanmoins franchouillard.

Bon d’accord, pour aborder ce petit paradis, vous allez devoir affronter pas mal de dangers terribles, mais ça changera un peu du Club Méd hein !

Déjà (et c’est le plus dur en fait) il faudra affronter l’Administration française et notamment le Ministère de la Mère Outrée de l’Outremer pour lui demander une autorisation de séjour.
Ensuite, il vous faudra trouver au Mexique un bateau ou à la rigueur un pédalo à voile et tout l’équipement et le ravitaillement nécessaires.
N’oubliez surtout pas la crème solaire et le pastis (je vous aurais prévenus !)
Emportez aussi une pelle pour éventuellement y rechercher un trésor que le susdit flibustier britannique n’aura pas manqué d’enterrer malin sous une bonne couche de guano caramélisé.

Une fois aux abords de notre île, vous aurez neuf chances sur dix de vous faire foutre à la baille, corps, âme, femmes, enfants, bouteilles de rhum et autre cargaison par une houle tumultueuse et récifale qui se foutra profus de votre nationalité et de vos prières à qui vous voudrez ou pas.

Si vous atteignez vivant le rivage de ce rare lieu de vacances, vous serez sans aucun doute aux trois quarts écorchés crus par les rochers ou ce qui reste de corail.
Alors seulement, étendu sur le sable chaud, sanguinolent certes, vous pourrez enfin savourer le décor édénique qui bercera le reste de votre vie de ce séjour bien original !
Attention toutefois, ne restez pas trop longtemps sur cette plage et du moins, ne vous y endormez pour rien au monde : Si cette île de Clipperton est déserte de tout représentant de l’espèce humaine depuis des années (1), elle est peuplée de plus de 11 millions de crabes voraces, des milliers d’oiseaux du genre mouettes casse-couilles et morfales sans parler de centaines de rats affamés, lassés depuis des siècles de leur cannibalisme ambiant.
Une sieste même courte vous serait donc sans aucun doute fatale : Si les « fous masqués » (un genre de gros cormoran bête et méchant) ne vous ont pas étouffés par un bombardement massif de leur fiente ou crevé les yeux de leur bec, les crabes par hordes sauvages viendront nettoyer ce qui reste de votre corps après l’assaut déchirant et sanglant des rongeurs.

Pendant la bataille, ce serait un mauvais plan de croire pouvoir se débarrasser de la meute enragée de rats en se rejetant à l’eau : Elle sera infestée de requins qui risquent de devenir fous furieux de trop grand chic de votre maillot de bain et surtout de vos charmantes écorchures rouges et parfumées.

Si vous parvenez à échapper vivant à tous ces légers désagréments, somme toute bien naturels sur une île déserte et au trésor des familles, vous pourrez alors profiter tant que vous voudrez de cette solitude adamique tant méritée, bon marché, inattendue, rare et in fine si luxueuse. A conditions bien sûr, de rester debout, éveillé, nuit et jour, armé d’un bâton (si vous en trouvez un) et sans compter boire ou manger quoi que ce soit avant les rats, les crabes ou les oiseaux.
Ceci étant, des nuages de mouches à merde, de taons, de guêpes, de moustiques, des colonies de fourmis, de poux ou d’autres bestioles vicelardes et suceuses vous distrairont avec leurs danses érotiques et sans aucun doute leurs rites fraternels de bienvenue.
S’il n’y pas de serpent plus venimeux tu meurs, ce serait vraiment dommage hein !

Voilà, voilà, les gens : Convaincus, enthousiasmés par un tel projet de voyage hors du commun ?
Allez, tous à la chasse au trésor !
Merci qui ? on dit !

(1) Les derniers habitants de cette île se sont entretués après avoir été bel et bien « oubliés » sur ses récifs par les autorités mexicaines dans les années 1914

Fin de loup

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Mercredi 30 janvier 2008 3 30 /01 /Jan /2008 19:47
Nous vivons dans un corps qui n’en finit pas de tomber comme toute chose sur la terre comme au ciel.
C’est la faute à Newton (1643-1727)
GodfreyKnellerIsaacNewton.jpg
S’il n’avait pas inventé la gravitation universelle celui-là, nous serions libres comme l’air à flotter sur nos petits nuages blancs et le ciel ne risquerait jamais de nous tomber tous les matins sur la tête.
Le ciel ou d’autres trucs d’ailleurs car en ce moment il tombe n’importe quoi.

Tenez, pas plus tard que samedi dernier, une météorite s’est éclaté au-dessus de notre bon vieux Berry après avoir foutu une peur verte martienne à un tas de gens qui l’ont aperçue sillonner le ciel du Var au Cher en passant par le Rhône et le Beaujolais.
Il faut dire que c’est rare de voir un tel feu d’artifice dans la mesure où les météorites, quand elles ne sont pas immédiatement désintégrées menues en entrant dans notre belle atmosphère, s’arrangent le plus souvent pour pisser leurs calculs dans les vastitudes océaniques ou désertiques.

Par ailleurs, hier matin même, un astéroïde nommé « 2007TU24 » a frôlé notre patate de Terre à moins de 550.000 kilomètres.
On a eu chaud hein !
Parce que ça, c’était du gros calibre à nous plonger jour et nuit, pendant des années dans un épais brouillard de poussières ou de flottes et de boues à tsunami pas très bonnes pour la santé.
Certes, ça nous aurait sans doute débarrassés d’un certain nombre de vieux fossiles vivants qui nous gouvernent ou pas et surtout de leurs politiques archéo préhistoriques à chier des clous, mais bon, il va falloir attendre encore un peu…

Au passage, je rappelle aux cancres las qui se curent le nez, assis au fond de la blogosphère en se demandant qui ils vont bien pouvoir « caillasser » (1) ce soir, qu’un astéroïde est une météorite qui ne sait pas encore fendue la gueule à s’éclater sur la Terre et qui tourne en glandant naze dans la banlieue solaire.
On ne sait toujours pas qui sont les sauvageons vénusiens ou d’autres cités sidérales qui nous balancent ces pavés cosmiques, mais en attendant l’enquête, on peut supposer que c’est somme toute un phénomène aussi naturel que nous.

Par contre, le tas de ferraille qui va nous tomber sur la tronche fin février est terrien et techno en diable : C’est un satellite espion étasunien de neuf tonnes dont on a perdu le contrôle et qui ne pensent désormais qu’à rentrer chez lui pour prendre sa retraite.
Si vous découvrez un matin un boulon dans votre café, adressez-vous au Pentagone.

(1) Le mot « caillasser » est un néologisme médiatique moderne qui n’a cours que dans le 9-3. Si dans le temps d’antan on « lapidait » les fausses vierges et autres femmes infidèles, les pompiers et le SAMU ne sont désormais que caillassés. Autre temps, autres mœurs…

Illustration : Godfried Kneller (1646-1723) portrait d’Isaac Newton (1689)

Fin de loup

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Samedi 19 janvier 2008 6 19 /01 /Jan /2008 20:20
Dans ce monde plus mouvant, tu meurs, les policiers ne sont plus ce qu’ils étaient et dans la foulée leur chien non plus.
J’ai appris d’une agence de presse pressée (Reuters, pour la nommer) que des bobbies (des flics anglais) du Derbyshire (un comté du centre de l’Angleterre) étaient obligés d’apprendre l’Allemand pour donner enfin des ordres efficaces à leur chien policier.
Il faut dire que ces chiens sont des bergers allemands (des BA pour les cynophiles distingués et pour la suite de cette note)
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Bon d’accord, vous allez me dire que ce n’est pas parce que le berger est Allemand qu’il faut obligatoirement lui parler dans la langue de Goethe.
Le problème de nos braves bobbies est que leurs chiens sont « véritablement allemands » : C’est-à-dire qu’ils ont été élevés ou éduqués en Allemagne par des maîtres causant la langue de Nietzsche, de Marx, d’Angela Merkel et de Bach et pas une autre.
Le problème est que les BA nés sur le sol anglais ne sont plus vraiment ni bergers, ni allemands.
On se demande d’ailleurs (comme en France) s’ils sont encore des chiens quelque part !
Nous connaissons en effet l’amour pourri qu’ont nos cousins anglais pour leurs animaux domestiques qui à force deviennent des sortes d’êtres mutants entre l’homme, la poupée, le robot et la bête sans que personne n’y comprenne plus rien.
Les BA anglais n’ont pas échappé au phénomène à tel point qu’il sont désormais incapables de toute agressivité digne d’un chien flic qui se respecte ou non.
Bref, les bergers allemands anglais ne sont plus allemands ou le sont comme moi je suis évêque in partibus de Bécon les Bruyères.
Or donc, les bobbies se sont fournis en Allemagne où les BA ressemblent encore à des chiens.
Le hic est qu’ils ne comprennent que l’Allemand (les chiens, pas les flics) : Assis ; couché ; attaque ; au pied ; donne la papatte ou ta gueule ne se disent pas pareils en Allemand ou en Anglais.
Or donc, les bobbies, au départ sont contraints de donner des ordres en Allemands puis, progressivement en Anglais afin que le chien s’éduque et devienne enfin un véritable et noble européen.
Il faudra par la suite leur apprendre la Français, l’Italien, le Latin et l’Espagnol breton, mais ça, ce n’est pas dans la poche ni dans le cursus professionnel des policiers (Anglais ou pas)

Bon sinon, le berger allemand est vraiment la crème des chiens et c’est la race que je préfère (et toc !)
Oui, d’accord, c’est vraiment le chien qui ressemble le plus au loup, OK, OK…
Le BA fut « crée » dans les année 1900 par le capitaine de cavalerie Max Emil Frédéric von Stephanitz.
Attention : Le BA n’est pas un chien-loup !
Le chien-loup (maintenant fort rare au demeurant) est un animal dont un des parents est loup (des Carpates le plus souvent) et l’autre chien (un BA généralement) mais dont le caractère est très inégal…
Le BA fut chien-loup certes, mais il y a vraiment très longtemps et au fil des générations, tout en gardant les vertus du loup et les qualités du chien, il est désormais, le chien le plus complet, le plus intelligent, le plus efficace, le plus fidèle et le plus admirable qui soit.
Pour autant qu’il ait été bien dressé comme il faut hein ! (comme toute bestiole domestique d’ailleurs)
Du chien, il a la fidélité à son maître et le sens du service et du loup, une sauvagerie des plus civilisées et le respect de la meute.
De la meute et de la famille : Un berger allemand est la meilleure des nounous qui soit.
Ce n’est pas comme ces tarés de chiens de bouviers bobos de mes deux hein !
Je rappelle à tout hasard que le BA est un grand chien et que dans un appartement, même bien chauffé, il est évidemment malheureux hein !

Enfin, les BA ont leur héros en la personne du grand Rintintin ! (CF photo)
« Rintintin, je suis dans la merde, va chercher la cavalerie ! » dit Rusty
« oua, oua ! » répond Rintintin
« Tarattata tat ta ! » (la trompette)
« Cavalerie, chargez ! » (le Capitaine O’truc)
« Merci Rintintin » (Rusty)
« oua, oua ! » (y’a pas de quoi mon pote, je suis là pour ça ! BA toujours prêt ! où il est mon nonosse ?)

Fin de loup

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Mercredi 26 décembre 2007 3 26 /12 /Déc /2007 20:57

Le jour de Noël, la dinde (Meleagris gallopavo ou encore Meleagris ocellata) est plus brune, tu meurs, entourée de marrons d’inde ou pas, trônant fièrement dans son plat dépoussiéré à la hâte.

Le lendemain, 26 décembre, elle est toujours aussi brune, marron de son sort et de sa couleur, mais disparaît à jamais dans un récipient plus prosaïque, moins festif et toujours inexorable…
Dure, dure la vie des dindes et autres dindons de leur race !

Bon moi, j’aime moyen la chair de la dinde qui est souvent ou trop grasse ou trop rêche.
Il faut dire que notre volaille est une dure à cuire et bien des fours et des ménagères en perdent leur Latin ou leur chaleur, tournante ou pas.
L’intérêt de la dinde de Noël, c’est la farce en fait – comme leur beurre d’ail aux escargots.
Une bonne farce pleine de châtaignes, de lard et surtout de truffes réjouissent toujours l’estomac de l’honnête Chrétien ou pas.

Le mot « dinde » ne vient pas d’Inde, mais des Indes occidentales (les Amériques, pour les cancres) où elle naquit dans la nuit des temps.
Christophe Colomb la rapporta de ses colonies et les Français la baptisèrent « poule d’Indes » puis « dinde »

Bon sinon, je crois que sur cette pauvre planète il n’y a pas d’être vivant plus con qu’une dinde ou un dindon hein !
C’en est effrayant à se les mordre de Noël à la Trinité.
Même le poulet le plus imbécile des tarés, perdu dans sa batterie industrielle sait mieux se servir de son quart de neurone que la première dinde des hôtes de cette basse-cour.
On se demande même si en éternuant pour la première fois de sa vie, elle n’aurait pas éjecté en morve le peu d’embryon de cervelle dont notre mère Nature lui aurait par hasard ou par impossible gratifiée.
En plus la dinde ressemble à une dinde, c’est-à-dire à rien et elle semble chaque matin se glorifier de la pendeloque ridicule qu’elle a toujours autour du cou (la caroncule) et qui a l’air aussi bête et pendouillant lamentable qu’une paire de couilles de pré pubère finlandais au sortir d’un sauna mal réglé.
Même son cri – elle glougloute, cette tâche - est morfondant de connerie et à pleurer de désespoir : On dirait le rire surpris d’une pouffiasse sous-diplômée primée à StarAc.

Non, je n’aurais jamais voulu naître dinde même pour espérer un jour avoir une truffe dans le troufion, mais ça ne serait qu’une fois, mort et rôti – Est-ce bien la peine ?

Bon allez, on vous aime quand même la dinde et le dindon ; restez avec nous hein !
Réfléchissez toutefois un peu avant de parler…

Fin de loup

 


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Mercredi 19 décembre 2007 3 19 /12 /Déc /2007 20:18

Le soldat doit avoir assaut de lévrier, fuite de loup, défense de sanglier. (Montluc)
Les chiens et les sangliers n'ont pas la même odeur (Plaute)
A cane non magno saepe tenetur aper (Souvent le sanglier est arrêté par le petit chien, Ovide, Remèdes à l'amour)

SanglierChasseSnyders

J’ai appris ce matin en lisant ce journal gratos qui se lit en 20 minutes, qu’un sanglier traqué par une chasse justifiée ou pas s’était réfugié dimanche dernier dans une école élémentaire de Berg, en Alsace.
Il serait entré je ne sais comment dans une des classes – il en avait sans doute la clé – qu’il a saccagé de fond en comble à coups de hure, comme savent le faire tous les énergumènes de son espèce (les Suidés) quand ils ne sont pas contents du tout, mais alors pas contents du tout.
Que venait faire cette bête sauvage dans ce lieu de civilisation : Apprendre à écrire pour rédiger son testament ?
Seul Esus, le dieu des bois, des eaux et des forêts pourrait nous le dire.

Le sanglier (Sus scrofa ferus, pour les intimes septentrionaux) est un animal quantique, écologique, mythique, symbolique et solitaire.
Le sanglier est indispensable aux loups et aux hommes libres qu’il a fuis, nourris, habillés, brossés ou coiffés de sa race et de tout son corps depuis la nuit de l’Europe.
Il peut très chiant parfois aussi, car à l’instar de ses descendants, les porcs des villes (Sus scrofa domesticus) le sanglier au fil du temps a toujours gardé sa tête de cochon légendaire (et gastronomique, toutefois) ; ce qui est quelque peu normal, vu que c’est un animal sauvage en diable et en forêt.
La grande forêt des Gaules notamment qu’il hantait et fouissait tant qu’il pouvait et dans laquelle il creusa des milliers de ses baignoires bien à lui, les souilles ou les bauges, où il prenait des bains de boue hygiéniques, salvateurs et réparateurs.

Notre sanglier est un grand omnivore devant l’éternel, mangeur de tout, mais surtout de champignons (truffes), glands, faînes, châtaignes, baies, graines pousses, racines, vers, larves, champignon, petits rongeurs en charogne ou pas et autres tubercules qu’il déterre ou cueille surtout la nuit – car notre ami est un grand voyageur nocturne.
Le jour, il se terre dans les taillis, vieux solitaire ou avec sa harde de jeunesse et couvre ainsi sa peau poilue  (soies) d’un tas de saloperies (tiques, parasites) ou au contraire, plein de bonnes choses (graines, pollens) que la nuit venue, il s’empressera de semer à tous vents dans un rayon de plusieurs dizaines de kilomètres.
Le sanglier, tout compte fait, est donc un honnête laboureur qui aère et régénère l’espace némoral et autres terres matrices et c’est un remarquable et nécessaire semeur de la diversité.
Si tout est bon dans le cochon, tout est lié dans le sanglier.
Bon d’accord, quand il se met à jardiner la nuit sur votre terrain, votre café du matin est certes très amer, mais le sanglier fut quand même sanglier bien avant que l’homme n’ait eu l’idée de fabriquer des nains de jardin hein !

S’il est gibier de venaison ou de meute, notre porc antique sait tout aussi bien se faire angélique ou diabolique.
Le sanglier fut en effet un animal sacré pour les Celtes de tout poil et s’il n’a jamais vraiment été déifié ou qu’aucun dieu, même Esus le Sylvestre, n’ait jamais pris sa forme, le sanglier était l’attribut ou l’emblème de tout bon druide, ermite ou sorcier des hôtes de ces bois.
Les druides étaient d’ailleurs souvent appelés « sangliers » ou « sanglier du monde »
Pour les Germains, il représentait la force et le courage mais il était aussi le symbole de la Connaissance, un être psychopompe, un médiateur de l'Au-delà.
Les mythes grecs le méprisèrent un peu ou en firent un monstre tel le sanglier d'Érymanthe en Arcadie dont la capture vivant fut le quatrième des douze travaux d'Héraclès (Hercule qui jamais ne recule…)
Aujourd’hui, le sanglier est un peu la terreur des automobilistes et des chasseurs, sachant que son poids peut atteindre 350 kg compactés fermes et que sa charge furieuse et aveugle peut être mortelle.

Ainsi notre brave sanglier est bien singulier et solitaire – d’où son nom d’ailleurs, du Latin « singularis » (singulier, unique, isolé, solitaire) - mais il est aussi solidaire de notre planète, de nos races et de nos vies.
Sa femelle qui est aussi souvent honorée que la truie du cochon est appelée la laie ; son petit, le marcassin ; les sangliers ados sont les « bêtes rousses » et le mâle âgé, sage et silencieux, le « solitaire » qui, tel le diamant du même nom est éternel et fantôme errant nocturne dans l’impérissable, formidable et profond secret des forêts de nos légendes.

On t’aime, le sanglier ; reste avec nous ; ne change pas d’une soie, mais arrête de temps en temps de faire ta tête de cochon hein !

Illustration : Frans SNYDERS (1579-1657) Chasse au sanglier, Rockox House, Anvers.

Fin de loup

 

 


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Mardi 4 décembre 2007 2 04 /12 /Déc /2007 20:00

Classé dans la série : « Le loup savant »

Que vous inspire cette phrase ? :

« Il y eut plus de trois sangs mêlés et bien des cris perçants dans ces portes chaudes »


Note : Le gagnant gagnera.

Fin de loup


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