Citation d'emblée

LichtenbergA notre époque où les insectes collectionnent les insectes, et où les papillons bavardent avec les papillons (Lichtenberg (1742-1799)

 

 

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Vendredi 26 mars 2010 5 26 /03 /2010 18:30

« L’homme, personnage mythologique corroboré en même temps que démenti par chacun de nous » Jacques Audiberti, l’opéra du monde.

 

SignorelliResurrectionChair.jpgÀ l’Est, du nouveau.

Enfin, c’est une façon d’écrire, car c’est plutôt de l’ancien nouveau et même du fort vénérable neuf voire du bon vieux paléolithique frais de derrière les fagots d’au moins trente mille ans d’âge.

Ce n’était pas hier le lendemain quoi.


Des alchimistes généticiens allemands croient en effet certains de chez Mordicus avoir découvert une nouvelle espèce d’Homo (le papy primate hétéro des familles, pas le gay festif à pride confettis, hein) qui viendrait se placer dans notre arbre, au désespoir du singe (1), sur une branche voisine de celle de notre cousin Neandertal (Homo Neandertalis) et à peine plus haute que celle de nous autres, les Homo Sapiens Sapionce.

Ils l’ont nommé « Homo Denisova » rapport au nom de sa tanière, une grotte HLM située dans les monts Altaï, en Sibérie, aux confins de la Mongolie.

C’est un petit doigt qui leur a dit tout ça, plus exactement, l’ADN d’un os du doigt d’un enfant qui aurait vécu en ces lieux, il y a 45 à 30 mille ans avant les dernières élections régionales françaises.


Je précise aux cancres las qui sniffent bêtement leur basket au fond de la blogosphère que ce pauvre gosse est mort depuis longtemps et que son doigt, qui ne lui fait plus mal et qu’il ne suce plus, n’a jamais, mais ô grand jamais, touché la moindre touche d’un quelconque portable volé ou pas. Désolé, c’est comme ça.

Certes, il y a encore un doute sur l’originalité de cette espèce dont la découverte ne va pas manquer de causer une polémique grave de plus dans le cercle vertueux, vicieux et restreint de nos bons anthropologues de chez Nimbus & Cie (on se souvient de l’Homme de Florès qui finalement ne l’aura pas faite ou du fameux « chaînon manquant » qui nous manquera à jamais — ou ne nous manquera jamais, comme on veut) mais je suis heureux que cet ancien homme nouveau puisse venir de Sibérie dans la mesure où j’ai imaginé dans le dernier de mes contes de Spectres (2) que notre future espèce d’Homo de mes deux viendra de ce coin de la planète.


Trop fort et bien quantique !


Déjà, des millénaires, à Denisova,

Las, tu faisais à tout va,

La java.

 

Notes

1) Voir mon billet du 20/11/2006

2) Le Sibérien

 

Lire aussi un article de Futura-sciences sur ce sujet

 

Illustration : Luca SIGNORELLI (vers 1450-1523) Détail de « la résurrection de la chair » (1499-1502) Fresque, chapelle de San Brizio, Duomo, Orvieto, Europe.

 

 

Fin de loup


Publié dans : Le bestiaire du loup - Venez hurler avec le loup - Voir les 4 autres hurlements
Mercredi 24 mars 2010 3 24 /03 /2010 18:14
DagauxPontMantes.jpg Vous avez jusqu'au 28 mars (saint Gontran, dimanche prochain quoi) pour aller caresser une côte d'agneau une cote Dagnaux, peintre de son état, de son art et de son métier et à qui le superbe et trop méconnu musée de Mantes-la-Jolie (7-8) consacre une exposition temporaire, entre les murs vénérables et néanmoins moyenâgeux séculaires de son Hôtel-Dieu.
Albert Dagnaux (1861-1933) est un de ces petits maîtres qui nous reposent et nous consolent des plus grands barbouilleux parfois surévalués, souvent prétentieux et in fine, ennuyeux.
Le sous-titre de cette exposition est « entre impressionnisme et naturalisme » mais on pourrait en rajouter en petites cases et autres écoles de mes deux tant cet artiste est éclectique, varié, divers et d’autres saisons. Un peu comme Turner (mais j’en reparlerai de ce foutu et génial rumsteck)
Dagnaux fut un bon paysagiste qui sut capter les meilleures lumières des bords de la Seine, à l’aube ou au crépuscule (entre chien et loup) et témoigner avec charme de ce pont notamment (voir illustration) qui lie encore notre bonne ville de Mantes (la ville des chiens franco-normands) et celle de Limay (la ville des loups picards en Vexin) et qui fut peint également par d’autres Corot (dont je vous causerai plus tard)
Bon sinon, je le trouve parfois « naïf »  Dagnaux et ce n’est pas pour me déplaire.
Il eut sans doute quelques problèmes avec la perspective, mais ce n’est pas le premier, ni le dernier.
Voilà, voilà, dépêchez-vous.

Liens :
Musée de l’Hôtel-Dieu, Mantes-la-Jolie
Site officiel d’Albert Dagnaux (où j’ai piqué l’illustration)

Illustration : Albert Dagnaux (1861-1933), Le vieux saule (1911) Huile sur toile (92 x 130 cm) Collection particulière. (Photo. P. Fuzeau)


Fin de loup

Publié dans : Le musée du loup - Venez hurler avec le loup - Voir les 11 autres hurlements
Samedi 20 mars 2010 6 20 /03 /2010 19:15

Réédition d'une note publiée la première fois le 20 mars 2006 puis le 20 mars 2008.

 Ce blogue devient croulant...

 Mes fidèles lecteurs savent bien que je n’ai pas l’habitude de me dégager du labeur éreintant et quotidien du blogage en sortant de vieilles notes parmi près de quinze cents, voire à en retaper pour alimenter ce blogue : J’ai encore dans la tête suffisamment de sujets à traiter pour me dispenser d’user de ce genre d’artifice.

Je fais une exception aujourd’hui avec cette note déjà publiée le 20 mars 2006, et ce, d’une part parce que j’en suis fier et d’autre part surtout, parce qu’en ce moment le monde du non-blogue – oui, cet enfer existe réellement — m’accapare quelque peu.

Désolé...

J'ai laissé les commentaires de l'époque...

 

MilletPrintemps.jpg Ainsi, en ce 20 mars, le soleil, notre étoile, est en son point vernal.

Pile-poil.

Tout le jour, notre planète sera illuminée du pôle Sud au pôle Nord.

Le jour vaudra la nuit, c’est l’équinoxe vernal, celle du printemps, car c’est le printemps.

La grande horlogerie planétaire et stellaire en rajoute alors avec gravité et surtout avec gravitation.

La lune, satellite de la Terre, tourne autour d’elle et la Terre tournant sur elle-même tourne autour de soleil.

Ce petit manège universel et inexorable fait bien marrer les océans qui se gondolent tant qu’ils peuvent.

Ils sont aspirés soit par l’étoile soit par le satellite et vont et viennent pensifs sur leur littoral.

Flot et jusant apportent puis, figent ou emportent toute fortune de mer et sur l’estran, l’océan étale alors d’étranges aubaines.

Des Lagans de faune, de flore, des lagans d’artefact et d’épaves laminés et maintes fois ressassés : algues, écume, crabes, bois, cordes, immondices innommables, cachalot, ferrures, coraux lessivés, couteaux, coquillages inhabités, sacs, corps de noyés, laminaires, branche, plumes, écailles, squelettes, galets et tutti quanti.

Au jusant, le monde volatile et tapageur des mouettes s’égaye et se régale des miettes marines et des malheureux prisonniers de flaches frémissantes ; autour, le sable est moulé en rides gorgées du bouillon particulaire : l’océan y scella sa présence et atteste de son grand labeur.

Plus loin dans les terres, c’est la grande marée végétale du plus noble équinoxe : un sang minéral et sirupeux afflue dans les troncs et les branches.

Il vient des tréfonds de l’humus et des terreaux nappés de tous les automnes et des hivers alchimistes.

Il  rêvera de s’élancer vers le ciel sidéral en jaillissant de bourgeons, de feuilles, de fleurs puis de fruits.

Ainsi, l’ordre est donné aux cycles universels tournoyant inexorablement dans leurs cercles vertueux et millénaires pour que l’ordre vénérable de toute chose soit comme toujours et à jamais.

Bientôt, une jeune abeille étourdie, éblouie, perdue viendra se poser sur mon épaule ; elle se lissera un instant les antennes puis repartira vers de nouvelles aventures mieux parfumées.

Les araignées sortent en pandiculant de leur hamac duveteux et se dirigent vers la jeune lumière en bayant.


C’est le printemps…

Illustration : Jean-François Millet (1814-1875) Le printemps. Musée d’Orsay, Paris, Europe.

Fin de loup


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Mercredi 17 mars 2010 3 17 /03 /2010 20:47
BoschJardinDelices.jpgJ’ai appris que le dernier tremblement de terre survenu au Chili, il y a peu, avait retardé les jours de 1,26 microseconde – en plus d’avoir causé des plaies, des ruines, des cris, des titres,  des chuchotements et autres shadenfreude (1) habituels.
Il ne manquait plus que ça.
Ce phénomène s’explique par la forme de notre bonne vieille planète qui, loin d’être une bulle parfaite, paradisiaque 3D tournant à la fois sur elle-même et autour du soleil (2) est plutôt du genre « patatoïde irrégulier » grave voire gravitaire (3)
Une telle gueule de bavure ne peut donc valser ou filer droit dans la mesure où les pressions ou les attractions exercées sur toutes les parties de sa masse instable et de sa surface difforme ne sont pas régulières et de même intensité.
En plus, si elle bouge pendant l’opération…
Bref, ça bringuebale, ça chahute, ça frétille, ça se tortille, ça virevolte, ça valse, ça titube tel un éléphant bourré camé sur des patins à glace par temps de grand vent dans la toundra sibérienne (c’est une image) et l’axe de rotation de notre planète n’arrête pas de changer si bien que tous les savants et les bergers de la terre en ont perdu le Nord et leur latin – voire des moutons ou leur chemin, et ce, depuis la plus haute antiquité.
En termes savants, on cause de précession des équinoxes.

Cela étant, ce n’est pas bien inquiétant : Les quelques six milliards de pauvres patates (et moi, et moi) qui se fritent jours et nuits à la surface de leur archi- pomme de terre planétaire n’en voient que du feu de ce raccourcissement à la fois plus et moins secondaire.
Toutefois, je discerne un avantage comme un inconvénient dans ce phénomène, plus naturel, tu meurs.
L’avantage est que l’on peut désormais se coucher une microseconde plus tôt que prévu ce qui d’une part n’est pas pour déplaire aux grands faignants de mon espèce, et d’autre part, on économise le même temps en électricité sur tout un hémisphère – ce qui est loin d’être négligeable en cette festive ère de gabegies à la con.
L’inconvénient, c’est que les poules vont aussi au plumard avant l’heure légale et qu’il y a de ce fait un risque potentiel de pénurie d’œufs.
Je vous aurai prévenus.
 
Ô Terre, sans ton nord, on perd la boule,
Et on se les fout, ma poule,
T'es maboule ?

La Terre tremble et le Nord est maboule,
Et ça nous fout les boules,
Comme aux poules. (4)

Notes
1) j’ai fait un billet sur ce mot « shadenfreude »
2) Je rappelle une fois de plus aux cancres las qui se caressent à coup de cutter au fond de la blogosphère, ainsi d’ailleurs qu’à un certain nombre d’intellos bien baveux vaniteux, connus stars pipole et immédiatiques géants graves que c’est la Terre qui tourne autour du Soleil et non point l’inverse.
3) Que personne ne lise ou ne dénonce à la hâte comme à la HALDE une quelconque « discrimination » injure, insulte ou diffamation dans cette qualification de madame Gaïa, notre Môman à tous
4) Deux iCuls réformés (CF billet à venir)

Illustration : Hieronymus BOSCH (Vers 1450-1516, Bois-le-Roi) Avers du triptyque du jardin des délices (Vers 1500) Huile sur bois (220 x 97 cm x 2) Musée du Prado, Madrid, Europe.


Fin de loup

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Lundi 15 mars 2010 1 15 /03 /2010 00:40

On roule à gôche maintenant en France sur les nationales ?

 

Note : Erratum : On me dit qu’il s’agissait en fait du premier tour des « régionales » Moi, qui pensais avoir voté aujourd’hui pour des « européennes » je me sens un peu con sur le coup (une fois de plus, je l’avoue…)

Bon sinon, maintenant que j’ai tout compris, dimanche prochain, j’irai voter aux présidentielles (C’est ça hein ?)

Douce France…

PS (hi! hi!) de dernière heure : On me dit que ce n'est pas la question n° 359 (de Pâques) mais la 360 ! Bon, au point où j'en suis, ce n'est pas bien grave.


Fin de loup

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Dimanche 14 mars 2010 7 14 /03 /2010 21:28

VinciAnnonciationNous ne savons même plus rêver à notre propre bonheur ou à celui de nos proches.

Dès lors, pourquoi accepter ou supporter la fébrile exigence de la grâce d’un inconnu ?

 

Illustration : Leonardo da Vinci (1452-1519) Annonciation (1472-1475) Tempera sur bois (98x217 cm) Galerie des Offices, Florence, Europe (Je l’ai vu celui-là, de mes yeux vu et jamais je ne l’oublierai, je vous le dis)

 

Fin de loup


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Vendredi 12 mars 2010 5 12 /03 /2010 22:46
Frères humains qui avec moi vivez, en vérité je vous le dis : Si ce blogue vous semble moribond, il n'est point mort (C'est la moindre des choses quand il s'intitule " Manuel de survie " hein ? )
Merci et mille grâces à tous ceux de tout poil, de tout âge, de tout sexe et de tout horizon qui viennent encore me lire et me commenter alors que je suis si loin, mais si loin d'eux.

Pour tout leur dire, d'une part, je me préoccupe en ce moment de justifier au mieux le salaire que mon patron consent encore à me verser et surtout, d'autre part, à mériter les cotisations d'une retraite dont je ne verrai pas la moindre ligne de la canne à pêche dans la mesure où la seule réforme française depuis 1792 (voire plus loin) consistera à la repousser aux calendes grecques (pour ne pas dire au néolithique du siècle n° 22…)
Mais bon, j'irai quand même voter aux régionales : Pour moi, évidemment.
Ça leur fera les pieds à ces trous du cul de démocrates maffieux de mes deux.
Et puis toutes leurs conneries me fatiguent…
Et puis je n'ai plus la santé ni le moral.

Cela étant, moi, par ailleurs (sur ce blogue quoi) je vais faire des réformes : Je vais réformer l'iCul. (Copiraillete, le loup)
Si, si.
Une vraie révolution enfin !
Vous allez voir ce que vous allez voir !

La fin de l'hiver n'est que faim de loup.

Et donc :

Fin de loup

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Dimanche 28 février 2010 7 28 /02 /2010 01:29

DurerSeptDouleursVierge.jpgPourquoi le priver d’un père ou d’une mère ; ce n’est qu’un enfant.

 

Illustration : Albrecht DÜRER (1471-1528, Nürnberg) Les sept douleurs de la Vierge (1496) huile sur bois de pin (63 x 45,5 cm) Gemäldegalerie, Dresden (Dresde) Europe.

 

Fin de loup


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Vendredi 19 février 2010 5 19 /02 /2010 17:50

J’ai trouvé çà au fond de ma tanière parmi les feuilles et les ossements :

 

Les écureuils, ça ne vaut rien comme badaud.

Quand on quitte la grande route, il faut s’attendre à voir quelques maisons bizarres.

La morale de l’Histoire c’est quand on recrache le passé et que le présent est encore pire, ça rend le vomi appétissant.

C’est drôlement chouette de voir quelqu’un attirer l’attention.

Dicky était un crétin qui m’a toujours fait penser à une tondeuse à gazon.

Quand on a cinq ans et qu’on a mal quelque part, on crie pour que le monde entier soit au courant. A dix ans on gémit, mais dès qu’on arrive à quinze ans, on commence à grignoter la pomme empoisonnée qui pousse sur son arbre de douleur personnelle, c’est le Siècle des Lumières à l’occidentale, on commence à bouffer ses poings pour étouffer ses cris, on saigne à l’intérieur.

 

(Richard Bachman — alias Stephen King, né en 1947, Rage, roman, 1977)

columbineVideo.jpg


wtc2001.jpg Note : La première image illustrant cette rune est tirée de la vidéo du massacre du lycée de Colombine en avril 1999 ; la seconde est la photo des ruines du World Trade Center en septembre 2001.

Entre les deux, il y eut l’an 2000, Martin, Lothar et bien d’autres cyclones de force ou de farce…

Elles sont à jamais terrifiantes ces photos, mais la pire, à mon sens, est sans doute la première dans la mesure où nous n’y comprenons rien de rien à ce truc explosif et surtout à l’heure où j’écris ces lignes, personne sur cette planète ­— ou du moins en Occident — n’a encore osé tirer les leçons du « suicide festif, en holocauste » de ces deux adolescents perdus, paumés, muets pour l’éternité.

On fut horrifié ; on fut stressé ; on fut en colère et dès lors, tous nos boucs émissaires de service furent accablés d’opprobre et de vilénies : Les parents, les éducateurs, les camarades morts ou rescapés, l’internet, les jeux vidéo, les chanteurs punks ou néo-gothiques, les marchands d’armes, la « société en général », les médecins, les pompiers, les juges, la police, Adolf Hitler, les francs-maçons, les psychiatres, Voltaire, Rousseau, ce petit con de Gavroche, et enfin ( ?) le raton laveur qui n’y pourra jamais, mais…

 

Comme chez Pas Assez & Outreau !

Sur le fond, silence de mort…

Trop, c’est trop.

Et sans remords.

 

Certes, avec son terrible film « Elephant » (2003) Gus van Sant tenta bien maladroitement de tracer certaines pistes, mais en vain, à la fin…

Les deux tours, c’était la guerre ; Colombine, c’était deux fous, ma bonne d’âme…

Et le prince matché, le bourgeois comme l’anar sans papier de s’en laver les mains pour des cierges et des siècles, ah, mais !

 

En 1977 (soit vingt ans et des fraises avant Colombine) un certain Richard Bachman publiait un (court) roman intitulé « Rage »

bon, pour tout vous dire, Bachman, c’est Stephen King avec de vrais morceaux de bonhomme dedans hein ! Voilà.

En 1999, en pleine turbulence médiatique du massacre, il décida d’interdire toute nouvelle publication de cette œuvre, aux États-Unis du moins. Comme quoi la liberté d’expression a de fâcheuses limites même dans des pays réputés « démocratiques » (à approfondir d’urgence, il en va de notre survie)

C’est vrai que ce roman « Rage » n’est pas à mettre entre toutes les mains…

Mais pourquoi pas en fait ?

C’est l’histoire d’un adolescent de 16, 17, 18 ans (on s’en fout) nommé  « Nemo » (Charlie Decker en fait — mais je le nommerai « Nemo » parce que c’est comme ça) qui, un beau jour du mois de mai, après avoir regardé gambader les écureuils à travers les vitres de sa salle de classe sort soudain un révolver pour tuer sa prof de maths et ensuite, pendant quelques heures, prend en otage ses petits camarades de son âge et de tout sexe.

C’est tout.

Je ne vous raconte pas la fin parce que ce n’est pas très important en fait, sauf que je brûle de le faire parce que les fins de loup ou du monde sont toujours primitives sinon primordiales ; parce que c’est Stephen King ; parce que cette histoire est une histoire de fou de chez Raisonnable de mes Deux ; parce que c’est un roman pas possible de chez réel ; parce que c’est de la littérature de chez Bonne à tout faire ; parce que c’est civilisateur enfin.

C’est tout.

Alors camembert hein !

J’arrête ici ma parallèle des deux abrutis de Colombine (et autres violents scolaires franchouillards bien contemporains) avec le « Nemo » de Bachman (King)

 

Notre héros littéraire, après son meurtre, prend tous ses petits camarades en otage. Il passe des heures à les cuisiner ; à les faire parler ; à leur demander de tomber leur masque ; à les interroger sur tout et surtout sur le rien qu’ils sont ou pas encore ; à les emmerder grave du bout d’un calibre exterminateur.

Parce que ce « Nemo » ne comprend rien à rien et il ne comprend même pas pourquoi il a tué un professeur ; il ne comprend pas pourquoi il menace et terrorise ses « copains de son âge » ; il ne comprend pas pourquoi il a « la rage » !

 

Notre héros a la rage.

Et cette rage est tout, sauf cette « haine » de bazar dont nos bons sociologues de bazar affublent nos adolescents encore vivants (manipulés à mort et pas encore suicidés !) à chaque journal de chez vingt heures.

 

Parce que ce « Nemo » veut comprendre.

Parce que ce « Nemo » veut  comprendre pourquoi « on » ne le comprend pas.

Parce que ce « Nemo » veut  comprendre pourquoi « on » ne veut pas le comprendre.

 

Parce que notre héros est un adolescent un peu plus intelligent que les autres et qu’il ne supporte pas que ces adultes ne comprennent pas sa mutation pourtant plus naturelle, tu meurs, dans un monde désormais en perpétuelle révolution…

 

On apprendra que ce jeune étasunien moyen, blanc, assisté (comme les deux connards de Colombine) eut une enfance tiraillée entre une mère possessive, dépressive qui se fit une armure de ce fils contre un père inculte, infidèle, méprisant, beauf à bouffer de l’herbe en daube voire hallal ou cachère si on lui avait demandé.

Bon d’accord, c’est très banal…

 

Mais il y a autre chose dans ce roman…

 

C’est le roman d’un ado à jamais condamné qui comprend enfin que la nature et le monde entier, l’univers, ne sont que révolution et qu’il n’y a de meilleur révolutionnaire que le plus jeune, le plus intelligent, le plus parfait et innocent des réactionnaires.

Celui qui « réagit » enfin

Ceux qui ne comprennent pas cela, ne comprendront jamais pourquoi leur fille sera muette à jamais et leurs fils enculés profonds.

Si nous sommes tous, seul, perdu en notre labyrinthe, sachons que son Minotaure n’est pas moins que « l’autre » notre Graal.

 

La psychologie est à la psychiatrie ce que l’astrologie est à l’astronomie, pas plus, pas moins et Stephen King est un des rares auteurs vivants à continuer d’explorer « avec méthode et talent » ce toujours inconnu et terrifiant « no man’s land » de l’esprit humain séparant la « raison » (normalité ?) de la folie (déraison, anormalité ?)

En ce siècle ordonné numéro 21 (paraît-il) on ne sait toujours pas ce qu’est la folie, ce qu’est ou n’est pas un fou et comment ou pourquoi on devient fou.

La folie est clinique, pas académique et personne à l’heure actuelle n’est capable de prouver par A+B sinon X -> Y si l’on nait fou ou si l’on n’est pas fou !

Tout juste, nos « rebouteux » de psychiatres peuvent nous avancer si « ce fou » est dangereux ou pas sans pour autant affirmer s’il le reste ou pas et s’il a été « responsable » de ses actes au plus haut scandale sanglant de sa folie.

 

Nous sommes fous devant la société, mais sans doute pas en face des dieux.

 

La folie la plus destructrice comme la raison la plus constructive doivent être examinées chaque matin, en face, à travers le double vitrage, le miroir, la vitre sans teint de l’enfance la plus innocente et de la maturité la plus érudite.

Toute liberté tisse sa propre camisole que le sage nommera enfin « responsabilité »

Les bonnes civilisations ne se font pas sans un tel condiment, je vous le dis.

 

Chaque matin, nous devons nous envoyer nos ados dos à dos (dose à dos)

 

Le style de Stephen King est simple comme bonjour ; il est trivial à la limite comme celui de tous ces foutus Anglo-saxons qui ne veulent pas se perdre dans des labyrinthes de phrases ornées profuses de virgules superfétatoires, germanopratines et gonflantes et creuses tels des jours sans pain.

Toutefois, le Stephen sait nous gratifier profus d’expressions bizarres, de quelques concepts « martiens » qui ponctuent souvent sa prose de prolétaire étasunien tels cette « tondeuse à gazon » ou encore ce « siècle des lumières » qui tombent dans nos yeux et dans notre esprit comme une couille dans un potage.

 

En conclusion, je sais que Stephen King et Richard Bachman sont de beaux écrivains — quantiques — bien contemporains. Je ne déclare pas qu’ils sont plus de chez Plus, mais qu’ils mériteraient quand même ce fichu prix Nobel.

Je le pense un peu voire beaucoup même si, in fine, ce truc n’est pas grand-chose.

Ce ne sera alors que justice !

J’espère qu’il n’en voudra pas de ma lucidité, lui, qui mourra aveugle.

 

Fin de loup

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Vendredi 12 février 2010 5 12 /02 /2010 08:00
De Grèce le mammouth d'Europe ?

Fin de loup

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