J’ai vin en canette ou amphore grecque ?
Fin de loup
Je continue ma saga sur l'art de faire l'œuf. Pour les cancres las qui se macdonaldisent obèses graves au fond de la blogosphère, je mets des liens au bas de ce billet vers les épisodes précédents qu'ils pourront ainsi consulter à leur aise et en toute rédemption, mais pas tout de suite, parce que je cause là de ma recette des œufs sur le plat.
Je ne sais plus dans quel roman de Simenon le commissaire Maigret, un midi, attentant sa commande, accoudé au comptoir de son bar-tabac préféré, sort brusque sa carte de policier pour intimer d’urgence au patron l'ordre de retirer illico la poêle du feu cuisant des œufs.
On voit par là qu'un flic peut avoir bon goût, car il n'est rien de plus dégueulasse gerbant que des œufs sur le plat trop cuits, trop frits, plâtreux du jaune et négrier du blanc sec cartonné.
Halte-là Patron : les œufs de tout poil, sexe, âge et horizon demandent toujours de la douceur, de la tendresse, bref, de la lenteur à la cuisson ! Ah, mais. Je vous aurai prévenus une fois de plus.
Toute bonne gastronomie exigeant des produits frais, votre premier geste sera d'aller chercher votre galline pondeuse professionnelle et pour ce faire, vous irez dans la salle de bains de votre appartement pour la dénicher de sa caisse paillée moelleuse. Vous en profiterez pour retirer la muselière de votre alligator préféré (le mien se nomme Nietzsche — c'est mon choix).
Notez bien que pour cette recette, je déconseille fortement les œufs de diplodocus. La raison principale étant que ces dinosaures sont très mal à l'aise dans nos baignoires modernes. De plus, les diplodocus s'entendent très mal avec les alligators, c'est de notoriété aussi publique et aussi antique que l'amour que portent les juifs aux Palestiniens et vice-vertu. Ils n'en démordront jamais, quoi.
Vous installerez la poule (ou le diplodocus, si vous y tenez) sur la table de votre cuisine et après lui avoir mis un petit panier sous le cul, vous mettrez devant ses yeux un tableau de maître (je conseille un Jérôme Bosch — une reproduction, même médiocre est amplement suffisante, ce n’est qu’une poule) ; vous mettrez ensuite une musique d’ambiance et de circonstance (je préconise « la Poule » de Jean-Philippe Rameau, mais attention, le morceau doit être joué au clavecin, car les gallinacés ne supportent pas le piano — ne me demandez pas pourquoi. Pour les dinosaures, je n’ai aucun avis.)
La poule étant une créatrice comme une autre, il est important que pendant son œuvre ovale elle soit émulée par d'autres beaux artistes. Si votre poule est jeune, il serait bon de lui déclamer en boucle, un poème d'Arthur Rimbaud : personnellement, je lui hurle le bateau ivre et elle adore.
Un conseil utile en passant, pour les heureux maîtres d’un alligator : par expérience, je sais que mon Nietzsche, quand, chaque soir, je le descends en laisse pour le faire pisser dans la rue, devient tout de suite et par magie plus tenable et convenable si je lui chante sur l’air de « viens Poupoule » des passages du Capital de Karl Marx (qui l’eut cru, hein ?)
En attendant la ponte d'autant d’œufs qu'il y aura de convives (deux œufs sont un minimum, sachant que ma grand-mère disait que plus de trois œufs attirent la mort, cette éternelle gourmande) vous pourrez graisser une poêle avec ce que vous voulez, mais que je déconseille celle de l’olive qui s’allie fort mal avec l’œuf — ce qui surprenant, car ils ont la même forme ou à peu près.
Puisque la cuisson sera lente, très lente, vous pourrez porter votre choix sur de l’huile de noix ou de noisettes et pourquoi pas, pour les plus en veines dégagées, sur de la graisse d’oie.
Une fois vos œufs pondus en nombre ad hoc, remettez votre poule à sa place dans la salle de bain en ayant soin, auparavant, de remettre la muselière de votre crocodile, car même s’il est encore rotant des reliefs gazeux du dernier voisins grincheux, cet animal ne pense qu’à se bâfrer de tout ce qui bouge ou pas (pour vous dire, un jour, même mon tube de dentifrice, pourtant zen parmi les zen, y est passé) Éteignez la lumière et fermez la porte après avoir relancé le CD des Pink Floyd (ma poule pondeuse comme mon reptile prédateur ne se lassent jamais d’écouter en boucle l’album « Atom Heart Mother », celui où il y a les vaches normandes sur la pochette et qui démarre par un bruit de moto sur fond de cuivres ténébreux)
Après avoir chauffé quatre ou cinq minutes la poêle, cassez y les œufs : rien ne doit grésiller hein ! Salez et poivrez mollo ; jetez une pincée de ciboulette et de persil ; ensuite, — très important — couvrez le tout et laissez cuire à feu très doux, mais pas trop, pendant quinze minutes au moins, selon vos ustensiles et la quantité d’œufs : surveillez et surveillez toujours les jaunes en soulevant le couvercle de temps en temps.
Il faut que les jaunes soient à la limite de la casse, encore un peu rosés et que les blancs, gonflés d’humidité, résistent à la spatule qui enlèvera le tout pour le porter dans votre assiette.
Il ne reste plus qu’à manger ce bonheur chaud en poussant à l’aide de morceaux d’une bonne baguette toute tiède des miches de la boulangère (ou d’ailleurs)
Variante paysanne
Les œufs adorent le riz ou mieux, la pomme de terre.
Vous pouvez déposer les œufs cuits sur le plat sur une galette de patates (frite dans son mélange aplati de pommes, de terre, de crème, d’herbes de tout poil et de champignons divers ou d’autres saisons). Râpez sur l’ensemble, de la truffe de chez Vrai et enfin, oubliez tout le reste en mangeant. (Un petit vin rouge, jeunet et clairet, de notre beau pays de Loire, par exemple, sera le plus savoureux compagnon d’une telle fortune.)
Variante bretono-savoyarde
Déposez les œufs sur une crêpe maculée de lardon et de fromage au lait cru, mais râpé. La bolée de cidre ou la grolle fera l’affaire,
en sus. N’oubliez pas avant de faire votre vaisselle, de signer la énième pétition demandant exigeant que le Mont Saint-Michel soit attribué à Mayotte (la Bretagne et la Normandie n’étant
plus ce qu’elles étaient, ma bonne d’âme).
Variante slave
Allongez les œufs sur un blinis de leur circonférence préalablement enduit d’une centaine de grammes de caviar béluga. Un bon champagne là-dessus et puis c’est marre (un Taittinger, Comtes de Champagne, Blanc de Blancs 1985 ne pourra jamais vous laisser indifférent, ne serait-ce d’emblée par son prix, mais c’est la fin du monde, oui ou merde ?)
Variante Martino-lotharingienne
Secret-défense impérial et lupin (Non, mais hein, oh !)
Quoi qu'il en soit, n’oubliez pas avant de vous coucher de dire à votre alligator de faire ses prières. (On ne sait jamais, des fois qu’il attrape la grâce…)
À lire ou à relire encore et en corps svelte :
Illustration : Diego Rodriguez de Silva y VELÁZQUEZ, 1599-1660, vieille femme cuisant des œuf, 1618, huile sur toile, 101 x 120 cm, National Gallery of Scotland, Edinburgh, Europe.
Fin de loup
Cent soixante-dix violons, c’est un grand bal Huchon ?
Fin de loup
Comme en dix-huit, ces gens là te salopent,
Mais jamais ils n’écopent,
Chère Europe…
Note : Tous aux abris et les politiques, leurs journalistes, leurs experts, leur clan et leur famille d’abord.
Illustration : Max Ernst (1891-1976) l'Europe après la pluie, 1942, Wadsworth Atheneum, Hartford, Collection. USA.
Fin de loup
Je ne sais plus si la France existe encore, mais dans l’affirmative, elle devrait être classée
« patrimoine mondial de l’humanité » ne serait-ce que pour les polémiques à la con qui agitent, voire électrisent toujours ses âmes, de souche, ou pas, ou guère.
J’en veux pour exemple la très « dreyfusienne » bâfrerie — bâfferie gauloise et royale des familles — relative à l’écriture de l’expression, vocale, s’il en est : « autant pour moi »
Je résume : à cet égard en effet, il y a deux écoles (un peu comme : éducation nationale versus instruction publique — ou pas) :
« Au temps pour moi »
ou
« Autant pour moi »
Sachez les gens, que cette bataille n’est point neutre et qu’elle engage de gros calibres tels que l’Académie Française (la secte des
sectes des petits vieux petits hommes verts, martiens refoulés) ou encore, l’encyclopédie de tous les savoirs populaires, relatifs, numériques, hasardeux, épineux, marécageux & quantiques
qu’est WIKIPEDIA et enfin, pour être bref, des gens simples, cons, salariés du privé et donc incultes, illettrés, asociaux fascisants, surpayés, mais jamais assez contribuables charitables
— comme moi, au hasard.
Je rappelle aux cancres las qui dansent en chantant, festifs, répugnants et insouciants sur les corps lynchés alibis de leur faux bonheur, qu’une langue, comme la démocratie n’est qu’un outil, pas plus et pas moins.
Et un outil, ce n’est pas rien, pour autant qu’il y ait un bon artisan derrière qui sache l’apprécier, le calibrer, sinon le façonner à sa mesure, à son œuvre et surtout, à son ÊTRE.
Dès lors, aucune loi, aucune constitution, aucune académie, aucune assemblée, aucune communauté, aucun lobby, aucun peuple, aucune nation ne peut édicter une quelconque norme relative à de tels outils.
Tout ça pour vous dire que derrière chaque mot, chaque expression de n’importe quelle langue, soit-elle vénusienne, il y aura toujours un maître impérial, un auteur original, un roi des rois, un dieu tout puissant : le locuteur ou le scripteur et tous les dictionnaires d’étymologie sont, par ce fait des plus humanistes, élémentaires et basiques, à brûler d’urgence et d’emblée, pour des cierges et des siècles, ah, mais !
Ainsi, je ne parle ou n’écris pas le « bon français comme il faut ou comme ils veulent », mais je cause ou je scribouille du « Martin Lothar » et à cet égard, j’emmerde profus toutes les académies patentées, tous les virguleurs psychotiques et autres ayatollahs du verbe colbertien, pasteurisé, énarqué du bulbe.
Et comprenne qui pourra.
Et nous avons aujourd’hui, dans notre feu pays de France, des commissions ministricules, des hautes autorités de basse-fosse, des ligues citoyennes de leurs deux, des associations d’utilité inutile et de subventions publiques, des sénateurs ou des députés « d’on ne sait plus qui ou quoi en fait » qui, semonce après semonce, mail après mail, courrier après mise en demeure, loi après loi mémorielle, décret après décret oublié, procès après procès in média, entendent nous signifier que le superbe mot françois de « nègre », par exemple, ne doit plus être prononcé ou écrit, parce que c’est de la langue « du diable » !
Qu’ils aillent se faire foutre en long, en large et en travers de porc, ces cons fossilisés !
Pour ce qui est de l’expression « autant pour moi », je prends le parti du plus simple sans aller chercher midi au journal de vingt-heures : celui qui dit « autant pour moi » exprime tout simplement ses excuses face au constat de son erreur d’avoir engueulé un autre qui, pour une fois, aura sans doute bien agi, écrit ou parlé et qui lui aura apporté la justification de son acte ou de sa pensée.
« Autant pour moi » = « je m’engueule ; je me traite ; je m’en veux autant que je t’ai engueulé ; autant que je t’ai maltraité ; autant que je t’en ai voulu de la bonne chose in fine, que tu as faite ; que tu as écrite ou que tu as dite et que tu m’as justifiée enfin ».
L’autant pour moi ce n’est pas militaire, c’est amical.
Voilà, c’est aussi simple que ça, mais ce n’est que mon opinion, car comme l’écrivait au temps (autant) jadis, notre bon maître François Rabelais : « au temps pour moi, mais surtout, fais ce que voudras ».
Illustration : Caspar David FRIEDRICH, (1774-1840) Deux amis contemplant la Lune (1819-20) Huile sur toile (35 x 44 cm) Gemäldegalerie, Dresde, Europe.
Fin de loup
« Malgré nos joues fraîches et nos muscles, nous étions dévorés en dedans par des cancers de livres. » (Jean Giono, Vie de Mademoiselle Amandine)
Je sais que tout le monde s'en fout comme de sa première chaussette, mais voilà près de dix mois, j'avais entrepris de lire l'intégrale de l'œuvre de Cormac McCarthy, écrivain étasunien toujours né, et qui est pour moi désormais, je l'avoue, humble et sans concession, le meilleur des écrivains encore vivants sur la route de la littérature ou d'ailleurs, voire sur cette patate de Terre.
Bon, c'est fait.
J'ai tout lu du Cormac — et mot à mot, je vous le dis.
Et plus je lisais McCarthy, plus je pensais à Jean Giono qui agita naguère, au siècle dernier, mais pas ultime, mes longues soirées d'ado boutonneux, binoclard, amoureux de cartes et d’estampes, et déjà cherchant du Grand Pan.
Avant-hier, j'ai commencé la lecture d'un recueil de nouvelles de Giono intitulé : La Solitude de la Pitié, que j’avais jusqu’alors manqué ; mais il faut bien vivre hein ?
Je me demande dès lors, si le Cormac n'est pas un fan du Jean, quelque part.
Une secte, vous dis-je, une secte...
J'en reparlerai, œuf corse, et j’espère vous en souler de ces deux compères, attracteurs étranges et quantiques itou.
Ah mais !
Fin de loup
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