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Martin-Lothar

De nos temps hurlububerluesques — avec un iCul ad hoc à la clé

24 Mars 2019 , Rédigé par Martin-Lothar Publié dans #Le Dico, #Rabelais, #Jarry, #iCuls & haïkus

De nos temps hurlububerluesques — avec un iCul ad hoc à la clé

Je ne me souviens plus si le mot « hurluberlu » fait partie de la panoplie des jurons  & insultes du capitaine Haddock pour chasser les bachi-bouzouks, les anachorètes ou autres australopithèques de services et de légendes. Je me souviens par contre, que Tintin est, une fois au moins, confronté à un hurluberlu à toge, à gong et à fadaises « findumondistes » — repentez-vous, pauvres humains, nous allons tous mourir !

 

En tout cas, j’aime beaucoup ce mot qui, malgré des origines obscures et une étymologie tout aussi fuligineuse, signifie bel et bien ce qu’il veut exprimer : l’hurluberlu est un personnage extravagant, bruyant, fantasque, énervant, souvent agité du bocal, et tombant toujours comme une couille dans un potage refroidissant au Fouquet’s ou plus communément, sur la table de notre cuisine.

 

Cela étant, notre hurluberlu a de belles lettres de noblesse (je parle du mot, pas de Gilles, de John, ni de ces messieurs de Blocnoir de chez Trouduc). En effet, nous trouvons dès 1564, un « Saint Hurluburlu » invoqué par Frère Jean dans une conversation qu’il a avec Panurge, dans le chapitre XV du Cinquième Livre de notre vénéré et regretté prosateur, Maitre François — Rabelais, pas Hollande, hein.

 

À noter que dans certaines éditions, ce trop méconnu saint Hurluburlu, est nommé : « Saint Baltrou » (saint Troudebal, quoi), ce qui, nous le verrons bientôt ci-dessous, n’est pas un dérivatif hasardeux.

Nombre de doctes rabelaisistes, sinon rabelaisiens, attribuent hurluburlu à l’anglais « hurly-burly » (tumulte, confusion) ; Rabelais l’ayant emprunté aux archers écossais de la garde du roi.

D’autres s’en rapportent à l’étymologie des mots « hurler » du latin ululare, hurler — ou encore celle du normanno-picard « hure » (ébouriffé, panaché — ayant donné notamment « ahuri »)  et  au substantif « berlue » (fadaises, aveuglement, illumination, éblouissement, calembredaines, turelure, foutaise).

Tourneboulant et rafistolant tous ces indices, notre hurluberlu serait donc cet être ébouriffé, tonitruant, truand tonique, ahuri, insupportable in fine, hurlant à qui voudrait ou non l’entendre, toutes les incompréhensibles coquecigrues qu’il aurait pu distiller entre divers expédients douteux, dans son antre crasseux ou doré de pauvre type à jamais incompris.

 

Dans l’Antiquité — c’est-à-dire avant ma naissance, de nombreux villages ou quartiers avaient leur hurluberlu officiel, du cru, comme ils abritaient itou, leur « innocent », leur « ravi », leur « simplet », mais ces deux personnages étaient rarement les mêmes, car le simplet était généralement pauvre, serviable, calme et méprisé, alors que l’hurluberlu AOC, jean-foutre notoire, mais pas imbécile pour autant, disposait souvent d’atouts puissants pour se faire entendre à qui mieux mieux du Landerneau.

 

Mais revenons en nos temps d’aujourd’hui de chez Maintenant.

Comme les rois et empereurs (des hurluberlus, dans la plupart des cas) avaient leur bouffon (qui souvent, n’étaient pas hurluberlus), certaines révolutions ou pseudo révolutions (que je ne nommerai pas) mirent les bouffons à la place des rois ou des empereurs. De plus, nos hurluberlus antiques et villageois, par la grâce de ces bouffons-rois, se sont multipliés à un tel point, qu’ils sont devenus légions et ont commencé à envahir tous les étages de la société.

De la société et du pouvoir…

 

C’est ainsi que les piteux branle-musards, indignes, et hurluberlués élèves de Colbert vont roter à grands frais (et aux frais de qui vous savez, j’espère, dorénavant et dorés navrants) sous les lustres du Fouquet’s (reconstruit ou pas) et n’en déplaise à Nicolas — Fouquet, pas Sarko, pff !

C’est ainsi aussi que Gilles et John (comme beaucoup d’autres avant eux) vont, tous les samedis, hurler leurs berlues (conneries) en demandant à nos rois-bouffons ahuris, incompétents et repus, moins d’impôts et plus de subventions.

Lesdites subventions poussant à plein foin — comme tout le monde le pense et le dit — dans les sous-sols de Bercy ou de Bruxelles, tels les champignons de Paris de jadis, voire de naguère.

Quant aux taxes et impôts, ou aux impôts sur les taxes (si, si, ça existe en France, je vous le jure), tout le monde sait que chacun en paye plus que l’autre et qu’ainsi, notre fille ne sera jamais muette.

 

N’ayant pas de fille muette ou jacassante ni de fils à la patte à offrir en sacrifice à la société, je propose, pour me racheter, un nouveau mot basé sur notre hurluberlu :

 

« hurlububerluesque »

 

Cet adjectif a l’avantage d’intégrer le nom du roi  « Ubu » qui est le plus fameux personnage du meilleur des disciples de Rabelais : Alfred — Jarry — pas Hitchcock, bande de cancres las !

Je l’offre surtout à l’usage de nos gélatineux et sycophantes politi-chiens canailles et autres zélites-zintellos immédiatiques qui passent leur temps et dépensent nos sous à vouloir nous gouverner, nous conseiller, nous éduquer et à virguler nos codes obèses, poussiéreux, obsolètes et croulants sans trop, voire jamais, nous demander notre avis.

 

Oui je sais, je râle, je râle encore, alors un petit iCul (3.0) pour nous détendre :

 

Et puis moi tel l’hurluberlu

Ça ne m’a pas plu

Qu’il ait plu

 

Illustration : Hieronymus Bosch (1450-1516), la Nef Des Fous (1490), huile sur panneau, 58 x 32 cm, musée du Louvre, Paris, Europe.

 

Fin de loup

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