Trois haïkus à la vie et à la mort des printemps

Publié le 26 Avril 2016

Trois haïkus à la vie et à la mort des printemps
au jour de grève
le cerisier nous enlève
l’amertume des rails
 
Un prunus serrulata en fleurs, un printemps de moins et photographié, il y a à peine quelques minutes, le long d’une voie ferrée, en grève, une fois de plus.
Ce sont des pétales d’un rose le plus jeune des flambants neufs et certains, pourrait-on penser, seraient même d’une cuisse de nymphe émue — oui, oui, c’est aussi une couleur.
Mais bon, dans quelques jours, tout sera disparu pour revenir à des tons, ou des taons plus réglementaires, ou étésiens.
Il est vrai que ce prunus appartient à la famille des rosacées (ou rosaceæ, comme disait Jules — César, pas le pote de Gaston Lagaffe) et ce, du reste, avec l’amandier, l’abricotier, le pêcher, le cerisier et tout une bande de joyeux drilles printaniers de leur race, ta mère à poil devant notre père en gloire quoi.
Notons toutefois que ces rosacées n’ont rien à voir avec la famille des syndicatus frankistanus sovietoïdus dont les membres très épineux affichent plutôt et même plus tard, vers le oh mais du printemps (merci Gustave) des machins rouge rouille ringards ou mauve pustule fluo selon l’âge de ces mauvais plants parasites des décombres aux fruits gerbants et souvent très toxiques.
Cela étant, notre susdit prunus est aussi nommé cerisier du Japon et à ce propos :
 
aux fleurs de pruniers
je parsème de sardines
la tombe de mon chat
 
(Kobayashi Issa, 1763-1827)
 
prépare-toi à la mort
prépare-toi
bruissent les cerisiers en fleurs
 
(Kobayashi Issa, 1763-1827)
 
Fin de loup
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