Souvenir de Tombelaine

Publié le 31 Mars 2016

Souvenir de Tombelaine
L'autre jour, c'était un lundi de Pâques, un de ces fériés où l'on est déboussolé de ne pouvoir cotiser pour nos saigneurs codifiant, entre deux giboulées de mars [ou d'Arès, je ne sais plus], j'ai pris mon pied au palonnier d'un de mes faux drones pour aller explorer d'autres horizons.
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Après avoir démarré les deux turbos de mon Beechcraft King Air C90 et réglé le « HDG ou HSI, comme on voudra » sur 120° (sud-est, pour les cancres las — et cuisson pas trop lente pour les cuisinières), j'ai décollé de la piste de Guernesey sans les adieux de Victor [Hugo, pas Segalen, quoique…] pour bientôt frôler les côtes de Jersey et me diriger pépère à 180 nœuds [quelques 330 km/h dans les rêves des taxis et autobus parisiens et un mois de salaire dans la bouche d'une péripatéticienne smicarde de tout sexe — s'il en reste] pour m'introduire derechef dans le grand large des terres de Granville [Normandie, Europe].
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C'est alors que j'ai demandé (voire ordonné) à mon co-pilote (Automatix, c'est son prénom même pas gaulois) de pulser les hélices à 180° (le sud, comme chantait Nino — Ferrer, pas Elle — pour nous rapprocher d'Avranches [La Normandie d'un autre Guillaume de chez Pascon & iNquete Limited.].
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À la balise du Groin, j'ai regardé à tribord et j'ai vu deux trucs flottants sur les eaux, dont un que j'avais complètement oublié...
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J'ai enfin survolé Pontorson [le pont de l'ourson ?] pour me dire que je devais quand même aller faire un tour vers l'occident de Lorient [Bretagne, Europe], du côté du Faouët et plus précisément en haut du Diarnelez où certains de mes ancêtres [manants ?] avaient un manoir [pour ne pas dire un Versailles vachement bretonnant — mais aujourd'hui disparu, car non français de souche, ma bonne d’âmes] dont je garde encore [jalousement] un des coffres en bois, fort beau et utile, au demeurant, même si je prends trop de mon temps à le cirer [trop] amoureusement.
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Ce que je fis en passant par Saint-Malo [hissez haut], Loudéac, Pontivy et même Merdrignac où naguère, adolescent, j'ai vidé le cimetière multi-centenaire de pas mal de ses humbles crânes du même bois froid en pensant-bandant à Margot qui, elle aussi, était à peine plus vieille et chaude que moi.
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À court de carburant, j'ai finalement [bien] atterri sur la piste de l'aéroport de Lannion [LFRO, ILIS = 110,35, pour les amateurs] en me disant qu'il faudrait incontinent, voire derechef, aller survoler de même Benodet et surtout Locquirec d'où, sur la Roche-Tombée, quelques soixante millénaires ne cesseront de me contempler — à jamais.
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J'ai arrêté les moteurs et coupé la batterie puis, ému comme une madeleine de chez Proust [célèbre pâtissier-confiturier judéo-germanopratin], j'ai quitté X-Plane [un autre sacré simulateur de vol] puis j'ai éteint mon antique, mais fidèle iMac de fin 2011 qui chauffait au rouge de tous ses ventilateurs pour aller me coucher plus pensif que le roseau & le chêne de maître de la Fontaine [de Barenton ou d’autres lieux].
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Le lendemain, il m'a fallu une carte presto du Bibendum auvergnat pour me souvenir du nom de l'île flottante jumelle et nordiste [en haut quoi, comme on dit maintenant dans les ministères frankistanais] du Mont-Saint-Michel :
 
 
Ce n'est qu'un bout de terre peuplé d'oiseaux rares émergeant de sables vulgaires et d'eaux à moitié salées, et qui fut jadis dédié à un dieu païen [un peu du cru quoi] nommé Belenos.
Belenos, un machin légendaire bien plus sombre et ancien que les pierres du même métal soutenant le jeune archange doré, prétentieux, proto-énarque à plumes, suffisant et arrogant qui lui fait la nique depuis très peu de siècles, in fine.
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Tombelaine, à l'ouest de tout et de rien, où naquit un jour tout un véritable Occident avec Arthur, Merlin, Morgane, Mélusine, Lancelot et une douzaine de tant d'autres, notamment ?
De certains Incertains qui n'étaient ni chrétiens, ni de Troye, voire de Troie, mais d'un certain Occident bien oxydé de nos jours et dont je reparlerai bientôt, œuf corse ou pas (restons quantiques, les gens, surtout par les temps qui courent ou non).
 
Fin de loup

Rédigé par Martin-Lothar

Publié dans #lieu, #Mythologie, #Quantisme, #Histoires d'Histoire

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