Rune — Demain dès l’aube — Victor Hugo

Publié le 2 Novembre 2015

Rune — Demain dès l’aube — Victor Hugo
J’ai trouvé ça au fond de ma tanière, parmi les feuilles et les ossements :
 
Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.
 
Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.
 
Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.
 
Note : en ce 2 novembre, très antique moment de se souvenir des défunts, des morts, des absents et autres disparus à jamais incompréhensibles, je ne résiste pas à publier ce poème de Victor Hugo « Demain dès l’aube » qui est à mon sens un des plus émouvants, prégnants, du recueil « les Contemplations » et partant, à tout seigneur, tout honneur, de la poésie française et d’autres lieux.
Il fut sans aucun doute composé en mai 1843, quelques heures après que Victor ait appris (par les journaux — il était alors avec Juliette D. dans les Pyrénées) la mort par noyade, à Villequier, de Léopoldine, sa chère fille ainée de 19 ans, à laquelle du reste, il dédia toutes ses contemplations.
On t’aime Totor, reste avec nous.
 
Illustration : Photographie de Victor Hugo sur son lit de mort, 1885, Nadar.
 
Source du poème : Poésie Française
 
Fin de loup

Rédigé par Martin-Lothar

Publié dans #Runes, #Hugo (Victor), #Divers et d'autres saisons

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