Lagan 174 (sang du 14 ?) avec son iCul et son calva

Publié le 19 Février 2015

Lagan 174 (sang du 14 ?) avec son iCul et son calva
Certains naissent à Carentan et meurent dans l’Eure…
 
 
Note
 
Variation : Certains naissent à Carentan et meurent à Troyes – ou à Sète.
 
Carentan est une petite ville de Normandie, presqu’ilienne du Cotentin (entre Cherbourg et Caen, dira-t-on) et dont les habitants de plus ou moins quarante ans, sont appelés les Carentanais depuis plus que quarante années, voire de quarante siècles, étant donné que ce nom viendrait de « Carentomagus » issu des mots gaulois « carento » (beau) et « magos » (marché), soit « beau marché » — comme disait Pierre-Augustin Caron de même nom en lisant les pages financières du Figaro.
Les Normands de plus ou moins quarante ans
Ont cependant Carentan
Pour longtemps
Tiens, en parlant de poète disparu et de poésie naïve, je rappelle aux cancres las qui crachent sur nos tombes au fond de la blogosphère, que le très illustre Jean Loret, l’auteur de la Muse Historique ou Gazette Burlesque, est né à Carentan vers 1600 pour mourir à Paris, non pas à quarante ans, mais soixante-cinq ans plus tard.
Ce fut un peu le poète de la Fronde (et des Frondeurs), mais apprécié aussi bien par le jeune Louis XIV que Condé, la duchesse de Longueville ou Mazarin.
Loret fut aussi un des créateurs du style burlesque, mais aussi le critique à la fois naïf et spirituel d’autres petits obscurs plumitifs de son époque, tel Corneille, Racine, ou encore Molière.
C’est sans doute cette (fausse ?) naïveté qui le fit parier sur ce cher cheval écureuil de Nicolas Fouquet, bien qu’à l’instar de son pote Jean de la Fontaine, il défendit mordicus et bravement le surintendant déchu face aux hordes énarchistes colbertistes et autres bandes de méchants jaloux sycophantes.
Je recopie ci-dessous, un morceau de poème pommé de ce Jean Loret, trouvé sur Wikipédia, et qui chante le pays normand de son enfance de Carentan et de sept :
 
Non seulement fertile en pommes,
En beaux esprits, en braves hommes,
En noblesse, châteaux, cités,
Mais de plus en rares beautés,
Dont il est la source féconde
Autant qu’autres climats du monde.
 
Illustration : Armand Guillaumin, 1841-1927, Paysage de Normandie avec pommiers, 1887, huile sur toile, 61 x 100 cm, Musée d'Orsay, Paris, Europe.
 
Fin de loup

Rédigé par Martin-Lothar

Publié dans #Lagans, #Lieux, #iCuls & haïkus

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Restif 01/03/2015 16:32

Je ne sais pourquoi mon onomastique s'est ainsi déquarkisée. Un coup de la quiddité quantique?

Martin-Lothar 01/03/2015 23:16

Très cher Restif, merci pour ces royaux commentaires. J'y répondrai plus complètement dans la semaine, mais je vous précise que le tableau en bannière de ce blogue est titré "la chasse" et signé par Piero Di Cosimo, un de mes peintres préférés et contemporain de Jérôme Bosh que je vénère aussi et sans doute, par dessus tous. Du reste, pour moi, le Piero est un genre de Bosch italien. Bien à vous.

Resitf 01/03/2015 13:34

Ps "comme les poètes contemporains", 'videmment. Me demande d'ailleurs ce que vous en pensez, de la poésie contemporaine.

Resitf 01/03/2015 13:30

Mais (j'ai horreur de ces techniques avides de dépouiller le commentateur avant l'heure) dans un tout autre genre', plus hermétique, avez-vous rencontré Cristophle de Beaujeu? C'est étonnant. Resté oublié plus de trois,siècles, il a resurgi grâce à la curiosité d'un poète borgesien farfouillant dans la BN (l'ancienne, évidemment). Pendant que je suis dans l'étalage impudique de mon
ignorance, de qui est ce tableau où satyres et aegypans s'en donnent à cornes-joie? Je trouve ça résolument superbe. Si vous avez le temps, ou bien à l'occasion, si cela pouvait être un effet supplémentaire de la bonté bien connue de la bonté du duc du Gévaudan...
t
Sinon, -vous connaissez bien sûr - t je ne résiste pas à l'aimable tentation de citer in extenso de Georges Foures son"Apologie pour G.F"".Par nostalgie des superbes burlesques qui ne se prenaient pas pour des distillateur maître es logos comme les potes contemporains qui me lassent par leur prétention pseudo mallarméenne (lui pensait avoir échoué. Et d’ailleurs, Le coup de dé...) Ça égaillera votre tanière, si Apollon le veut

Je n'ai point cette esprit qui subjugue les dames
j' incague la pudeur, convomis le bon goût,
et si mon Apollo, perruquiers et vidames,
vous offusque parbleu ! mon Apollo s' en fout !
 
Ma flave moricaude en exhibant sa fesse
époustoufla tel cuistre ou tel justiciard
et mon géranium pondeur, je le confesse
semble aux gens distingués terriblement criard.
"Jé suis mal embouché, dit-on, scatologique,
scurrile, extravagant, obscène !.... Et puis après ?
Pour blaguer le héros langoureux ou tragique
à moi le calembour énorme et l' à-peu-près !
 
Matagrabolisant le pleutre qui me rase,
me souciant très peu que l'on m' approuve ou non
et laissant aux châtrés l'exsangue périphrase,
eh ! bien oui ! j' ai nommé la Merde par son nom :
 
En cinq lettres j'ai dit l' horrifique vocable
sans même l'adorner d' un R comme Jarry ;
que si pour ce forfait votre courroux m'accable
je m'en vante, couillons, loin d' en être marri.
 
Si ce bas-bleu puant qui n'a plus ses menstrues
depuis mil neuf cent trois sur un ton puritain
vient bégueuler parmi des chameaux et des grues
(oh ! comme puritain rime bien à putain !)
 
malgré tous ses chichis dont je ne suis pas dupe
pour payer leur salaire à ses ragots haineux
d' une main sans douceur je trousserai sa jupe
et fouaillerai sadiquement son cul breneux ;
 
je passementerai de clinquant ma défroque,
je me barbouillerai de sauvages couleurs,
j' entasserai le biscornu sur le baroque,
mes rimes hurleront tels les singes hurleurs !
 
Mon rire, mons public, c' est le rire sonore,
idoine à brimballer tes boyaux triomphants
et qui découvrira la parure osanore
qu'un dentiste pour toi ravit aux éléphants,
 
c' est le rire cachinatoire, épileptique,
le rire le vrai qui fait  baver, pleurer, tousser,
pisser, c' est le moteur du grand zygomatique
et l' agelaste en vain tâche à le rabaisser.
 
Je ne diluerai pas mon encre avant d' écrire
et je m' esclafferai cynique et sans remord,
abandonnant aux salonnards le "fin sourire"
et le rictus amer à la tête-de-mort !
 
Envoi
Aux pieds de Rabelais, le Duc, le Roi, le Maître,
O mes Pères Scarron, Saint-Amant, d' Assoucy,
Colletet, Sarrazin, daignerez-vous permettre
qu'à vos côtés Fourest vienne s' asseoir aussi ?
 r
   Georges Fourest (1867-1945)"la négresse blonde

Resitf 01/03/2015 13:12

Voici qui explique la patronyme du vieux sage (figure de facture quasi jungienne) dans Drieu (je ne dirai pas lequel. Où serait le plaisir?). En tous cas vous venez de retirer un peu de de l'insalubre fumier d'ignorance qui est mien. J'ignorai Jean Loret. D'Assoucy, Sarrazin, et qql autres, d'accord! M