Martin Lothar (depuis 2005)

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Samedi 10 décembre 2011 6 10 /12 /Déc /2011 23:20

SteubenLaForce.jpg Si j’avais vingt-cinq ans, je quitterais la France pour ne plus entendre ses fonctionnaires s’entretuer dans mon dos et à mes frais.

 

Illustration : Baron Charles de Steuben (1788-1856) La Force. Musée des Beaux-Arts. Quimper, Europe.

 

Fin de loup


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Samedi 3 décembre 2011 6 03 /12 /Déc /2011 21:41

FouquetMortDeRoland.jpgDans ces pays où l’on ne sait plus pour qui on vote et pourquoi on klaxonne.

Variante

Dans ces pays où l’on ne sait plus pourquoi on vote et pour qui on klaxonne.

Variante

Dans ces pays où l’on ne sait plus contre quoi on vote et pour qui les autres klaxonnent.

Variante

Etc.


Illustration : Jean Fouquet (1420–1480) la mort de Roland (vers 1455-1460) Enluminure, BNF, Paris, Europe.

 

Fin de loup


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Jeudi 1 décembre 2011 4 01 /12 /Déc /2011 20:51

LimbourgDécembre.jpg Austerlitz guerre et gare en brume d’ambre

Les empereurs se cambrent

En décembre


Illustration : les Frères de Limbourg, 1412-1416 ? Enluminure des Très Riches Heures du Duc de Berry, Décembre.


Fin de loup


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Vendredi 25 novembre 2011 5 25 /11 /Nov /2011 21:33

« Par ce temps pourri, il ne faut pas perdre le nord et rester à des résumés clairs et précis. Est-ce que l'on sait si on a ou si on aura encore une rose des vents ? […] Je crois que ce qui importe c'est d'être un joyeux pessimiste. » (Jean Giono)

 

La « crise » (annoncée depuis des lustres, mais bon) qui n'en finit pas de commencer, m'obligeant de m'accrocher grave aux rames de la galère de mon boulot, m'empêche de me consacrer à ce blogue. Partant, je n'ai pas le temps d'y faire grand-chose et notamment, de terminer la rédaction d'un trente et unième spectre que dame Berthoise (en lien aussi à gauche, pub) m'a sommé d'écrire (avec menaces de mort à la clé en plus, si, si)

Toutefois, pour la faire patienter comme les autres, j'ai eu l'idée de sortir de derrière les fagots, parmi les feuilles mortes et les ossements, un conte inédit, écrit il y a plusieurs mois en pensant qu'il pût être le premier d'une nouvelle série intitulée « les contes à ressorts » et ce, eu égard tant à leurs fonds des plus « déjantés » de chez Pétage de Plomb Unlimited qu'à leur structure « à ressorts » voire à chausse-trappes prévues ou pas.

Bref, autant de couloirs surprenants et comiques d'un joyeux labyrinthe où j'espère que vous aurez le plaisir, la jubilation de vous perdre en toute confiance.

De plus, chacun de ces contes, toujours très longs, sera publié en feuilleton quotidien (ou pas, selon mes disponibilités) et il serait rigolo d'imaginer que vos éventuels commentaires sur un épisode puissent influer un tant soit peu la suite du récit ou ressurgir comme un diable à ressort en tout ou partie dans le texte des épisodes suivants ; ou même qu’un des personnages soit votre avatar dans une de ces folles histoires de fous (à mon gré et sous réserve encore de mon agenda)

En outre, dans chacune de ces histoires « abracadabrantesques » (merci Arthur — le poète, pas le roi) apparaîtra un ou plusieurs personnages ou objets ou que sais-je encore que l'on retrouvera plus ou moins dissimulés dans d'autres contes. (Il s'agit en effet de construire ou de tracer in fine, le plan d'un authentique labyrinthe, même s'il est plus que délirant et que tel un Minotaure enfin heureux et à jamais à l'aise dans ses baskets sabots, je n'ai plus l'envie d'en sortir, même pour tout l'or du monde.)

Je vous aurai prévenus ô chers lecteurs trop gâtés hein ?


Bientôt donc, le premier conte à ressorts.


Fin de loup


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Vendredi 18 novembre 2011 5 18 /11 /Nov /2011 22:27

Faut-il avoir la tête dans l’ECU pour péter l’euro ?

 

Note : Question tordue posée à des économistes d’expérience, sains, honnêtes, forts, souples, et sûrs d’eux, bref, à des économistes martiens. (Qui hélas, ne connaissent pas assez la langue du Frankistan pour apprécier mon ignoble et pervers calembour)

 

Fin de loup


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Vendredi 11 novembre 2011 5 11 /11 /Nov /2011 21:09

 

« Le malheur véritable n’appartient pas à une famille ; ça n’appartient à personne ; personne ne peut s’en glorifier. S’il te tombait dessus, rien que d’en sentir le vent qui arrive, tu te mettrais à crier sans savoir si c’est toi qui cries ou une bête. Tandis que maintenant, tu parles tranquillement. Ah ! Les voilà  les jeunes, avec le malheur, le malheur ! Attendez de savoir ce que c’est. » (Jean Giono, Deux Cavaliers de l’Orage)

 

17254650.jpgFrères humains qui, par milliards, avec moi vivez, en vérité je vous le dis : ce matin, 11/11/2011 à onze heures, onze minutes et onze secondes, j’étais à la fenêtre de ma tanière à guetter tout, sauf la fin du monde.

Je regardais au loin, comme tous les matins de mon petit monde, grignotant une tranche de pain d’épices au miel, et buvant un verre de lait, avant la première clope bien tassée et taxée.

Je ne guettais pas dans le ciel la descente de langues de feu, ni le surgissement de la terre des laves exterminatrices ou autres déluges.

Rien de cela.

Parce qu’à ouï-dire, ce moment précis, par ses signes numérologiques, aurait été le temps de la fin du monde, selon certains drôles d’oiseaux de tout augure, surtout publicitaire, sinon psychiatrique.

Rien de cela.

Que de la grisaille sur les toits : une fois de plus, les Cavaliers de l’Apocalypse seront tombés en panne sur l’autoroute…

Nous attendrons donc le 20 novembre (20/11/2011) sinon le 12/12/2012, le 20/12/2012 voire le 21/12/2012, mais ce sera déjà passé un très rude hiver, je vous le dis…


En vérité, je pensais à ces gamins d’Europe et d’ailleurs, qui, en 1911, regardèrent comme moi l’horizon d’un ciel et d’une terre plombés de tous les malheurs et de tous les bonheurs du monde.

À ces gosses, trop nombreux, échappés de leur campagne à jamais surpeuplée, qui dans des mégapoles encore et toujours en construction, ne savaient quoi faire de leurs deux bras désœuvrés.

Ces jeunes hommes vibrants vivants ne savaient pas encore que, trois ans plus tard, ils seraient jetés en tas, en masse, en grands troupeaux dans la plus infâme boucherie du monde.

En 1911, ces enfants de tout poil et de tout sang, ne faisaient qu’obéir bêtement à leurs seigneurs, leurs maîtres, leurs généreux généraux, leurs ministres, leurs gouvernants, qui étaient déjà les élites maffieuses, pourries, sycophantes, dispendieuses, traîne-savates, traîne-casseroles, démagogues, prévaricatrices, usurières, corrompues, fausses prophétesses, faignantes, fainéantes, simoniaques ; qui étaient déjà ces élites qui cent ans après, en 2011 de notre errance, ont toujours et à jamais, leur engeance, leurs patentes, leurs privilèges, leur place, leur fonction, et, in fine, tous les pouvoirs de vie, de loi, de justice, d’impôt et de mort.

Ces élites politiques ou intellectuelles, qui n’ont que le mot « démocratie » à la gueule et au micro et qui sont députés de père en fils, académiciens de mère en fille, sénateurs d’oncle en neveu, ministre de camarade en copain, bref, brigands de génération en génération et hélas, pour des cierges et des siècles, ah, mais.

Et ce seront ces enfoirés d’arrière-garde, mitrés, décorés qui, le 11 novembre 1918, signeront en toute gloriole un armistice qui, à la longue, se révèlera l’acte de décès de la France et quelque part, de l’Europe.

Et ce seront ces mêmes ordures de planqués qui, après de fausses pleurnicheries sur les millions de corps d’innocents ou pas, provoqueront, quelques années plus tard, par leur arrogance, leur mépris, et l’humiliation des vaincus (vae victis) le retour d’un nouvel holocauste dont ils ne cessent d’ailleurs de nous rebattre, en toute hypocrisie, en prime time et copyrights sonnants trébuchants de tiroir-caisse, les oreilles, les couilles et la foi, soixante ans après.

Pour preuve, lire ces Lettres Rhénanes, de l’indispensable Alexandre Vialatte, germanophile, traducteur de Kafka, véritable écrivain français, auvergnat s’il en fut, qui, trop jeune et imberbe pour avoir été poilu, participa à l’occupation de l’Allemagne de l’après 1918 où il perdit son âme et péta les plombs.

Comprenne qui pourra.

Et que l’icelle ou l’iceux qui aura visité un de ces cimetières de 14-18 et de la Somme, par exemple, et qui, en sortant, après avoir lu les noms, les origines et les âges sur les tombes n’aura ni remords de vivre ou du moins, des larmes aux yeux, aille se faire foutre.

Et que sont mes poètes devenus ? Pergaut, Péguy, tant d’autres ? Et Guillaume Apollinaire qui se sortit de ces infâmes tranchées, un trou dans la tête et qui ne sera jamais plus le même.

Et mon grand-père Henri, bouillant encore du sang bleu et vert des vignerons de Marly, de Charlemagne et de Guillaume le Conquérant et d’autres ducs de Bretagne et de Champagne, simple brancardier à Verdun, le meilleur des hommes m’a-t-on dit, qui revint indemne de cet enfer, sauf un tout petit point (poing ?) à l’estomac qui l’emportera enfin, doucement, très doucement, mais sûrement.

 

Frères humains qui, par milliards, avec moi vivez, en vérité je vous le dis : faisons tout désormais pour que notre monde ne devienne pas un enfer, à défaut d’un paradis maintes fois promis et auquel même nos morts ne croient plus.

En 2011, nous avons toute l’intelligence, la culture, l’expérience de nos ancêtres et les outils ad hoc pour gérer au mieux cet excédent de paires de fesses qui nous tombent sur la tête. La fessée (une vraie des familles hein !), d’accord, mais plus de guerre à la con. Promis ? (Oui, je sais, ce n’est pas dans la poche, je sais…)

 

Ce matin, 11/11/2011 à onze heures, onze minutes et onze secondes, j’espérais en fait qu’un de ces merveilleux rayons du jeune soleil d’hiver traversât cette grisaille automnale pour aller caresser la cime des arbres rougissants fiérots du bonheur d’avoir vécu jusque là, même tous nus de leurs feuilles, ou de ce cèdre pérenne, puissant des ses branches, des ses aiguilles et de sa sève, plus gros, plus vieux que la maison qu’il agrémente, ou encore, que notre star de Phébus vint s’accrocher aux sommets de pierres de quelque tour de Saint Maclou ou d’autre collégiale, fières de leurs neufs siècles toujours neufs.

Rien de cela. Hélas.

Ce sera pour la prochaine fois, sans doute, pour demain sans doute…

 

Illustration : Hieronymus Bosch (1450-1516 ?) Panneau central du triptyque de la tentation de Saint-Antoine (vers 1505)

 

Fin de loup


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Lundi 7 novembre 2011 1 07 /11 /Nov /2011 00:11

GoyaLesVieillesQueTal.jpgJe déteste le passé simple parce que le passé n’est jamais simple.

Le présent m’énerve, car je ne peux le maîtriser que lorsqu’il est déjà passé, vieilli, confit, décati, inutile enfin.

Le futur m’indiffère — surtout avec ses masques au subjonctif. Il n’existe pas. Le futur a toujours été un vieux con — comme moi.

 

Illustration : Francisco de GOYA Y LUCIENTES, 1746-1828, Les Vieilles (Que tal — Quoi de neuf ?), 1810-1812, huile sur toile,181 x 125 cm, Musée des Beaux-Arts, Lille, Europe.

 

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