Enfin de loup
Ce blogue (de sept ans n') est (pas encore) fermé.
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Huit minutes et vingt secondes, c’est à peu près le temps qu’il faut à la lumière du soleil pour parvenir à la terre.
Ainsi, en marchant, il faudrait 3415 ans pour atteindre notre étoile. (Le soleil pour les incultes)
Je pars tout de suite.
Fin de loup
J'ai trouvé ça au fond de ma tanière parmi les feuilles et les ossements:
L'écume des vagues, c'était en moi qu'il fallait la chercher
Balayée, remuée, tourmentée, déchirée, mais debout
Ar Men: la Pierre
Debout, la tête dans le vent
Debout, le regard devant
Et le passé qui revient, si fort
Y croire encore, ai-je tort ?
(Laouenanig, l’île de Sein, Face au vent-avel abenn)
Il y a des rêves insultants
Que le nombre installe
Et des songes qui s’égarent.
…
Neutralise le sapiteur qui s'essuie
Et tousse sur la butte.
…
L’huissier est immuable
Et je me vide possiblement.
…
La crêpe se retourne au crépuscule.
…
Purifie le funambule qui ruisselle
Et gangrène dans la flache.
…
Le public se fige trop souvent.
…
Satisfait l’oracle qui s'amuse
Et râle dans le parc.
…
En vacances, les fœtus gouvernent.
…
Le novice est anoure
Et se dénude lentement.
…
Le nombre explose à temps
Un
Américain, Robert McDonald, vient de terminer en Hollande la réplique
d’un drakkar viking de quinze mètres de long et constitué uniquement de
bâtonnets de glace.
Pendant deux ans, avec deux de ses potes, il a
assemblé et collé quinze millions de bâtons d’esquimau glacé pour
construire cet esquif sur lequel il rêve de traverser l’Atlantique.
Les bâtons sont en bois de bouleau et c’est vraiment du boulot.
Bon,
j’espère qu’il ne les a pas bouffés ces millions d’esquimaux parce que
l’océan n’est pas vraiment fait pour les obèses qu’Archimède et autre
polygone de sustentation ont vite fait de pousser par-dessus bord.
Quinze
millions d’esquimaux glacés ça fait aussi beaucoup de films à aller
voir pour les sucer, entre autres choses, pendant l’entracte ou la pub
(Pour Pepsi Danone bien sûr)
Cette homme-là doit être un grand cinéphile obèse maintenant.
Toutefois,
sur les drakkars, il y a des rames et ce sport-là est excellent pour la
ligne ; pour autant qu’on arrive à sortir du port.
Hier, aux JMJ de
Cologne, le pape Benoît XVI a dénoncé le bricolage de la religion, mais
pour construire un tel bateau, il faut assurément de la foi dans le
bricolage.
Il faut être un peu givré aussi, même si ce genre d’exploit laisse de glace beaucoup de gens finalement.
Quand
j’étais enfant, en regardant flotter dans mon bain une moitié de
coquille de noix (de celle qu’on fait échouer sur l’archipel de son
nombril), j’avais imaginé construire un bateau de pirates, grandeur
nature et formé uniquement de coquille de noix.
Il faut bien que les
enfants rêvent car qui le fera pour eux ? Certainement pas nos hommes
politiques et leurs factions d’abstentionnistes.
Tiens, je crois que je vais entreprendre cela dès demain : Le trois-mâts de Rackam le Rouge tout en coquilles de noix.
Oui, je le sens bien ce coup-là.
Le plus long sera sans doute de retrouver mon tube de colle…
Fin de loup
J'ai trouvé ça au fond de ma tanière parmi les feuilles et les ossements:
(René Char, 1907-1988, A une sérénité crispée, Recherche de la base et du sommet)
Note du loup : Comment ne pas se sentir intelligent à la lecture des poèmes et textes de René Char ? Derrière ce poète subtil, clair et précis surgit sans cesse un philosophe inquiet, rêveur et attachant (et vice vertu)
Il sera l’auteur de nombreuses runes encore : Une mine, un trésor !
Fin de loup
Le petit marché s’anime sous le beffroi
Où les bonimenteurs sont tous rois
Et j’ai froid.
Fin de loup
Lassé
d’appeler son chien perdu un temps à poursuivre l’immangeable, le
garçon inspectera l’étendue des champs à la recherche d’une meule de
paille.
Il trouvera son idéal dans une de ces constructions éphémères placées non loin d’une remise.
Les
remises sont ces petits-bois souvent oblongs qui parsèment les plaines
de Beauce ou de Picardie notamment : Elles servaient à remiser un temps
les machines et les outils agricoles et sont les abris permanents de
toute la faune, la flore et tous les artefacts de ces espaces
champêtres. Elles forment finalement des lieux paradisiaques pour les
enfants des campagnes. Les remises seront les objets d’un autre texte
de ce blogue.
A travers les chaumes meurtrissant de leur pique les
mollets, l’enfant marchera d’un pas décidé vers la meule choisie, qui
constituera pour lui le lieu unique de quelques heures d’un bonheur
intense et inoubliable.
Il faut évidemment investir cette
forteresse, en escalader les murailles et à cet effet, il fera un
crochet par la remise à l’orée de laquelle il ramassera quelques
solides bois morts.
Aux
pieds des remparts de paille faisant front à la remise – pour ne pas
être aperçu - l’enfant plantera les premières branches dans les
interstices accessibles de ces briques de paille ; puis il gravira cet
escalier de fortune jusqu’à ce qu’il se retrouve au sommet de cette île
blonde et éphémère.Là-haut,
après avoir poussé les moyettes retenant la bâche de mauvais plastique,
il la roulera soigneusement sur un des côtés pour libérer ce qui ira
vite devenir l’espace du salon de la plus haute tour.
A grande peine, quelques briques intérieures seront déplacées pour former les créneaux salvateurs de tous les regards.
En
creusant le sommet de cette immense brioche, l’enfant découvrira
qu’elle est désormais le squat de toute une faune chassée de son
domicile originel par les batteuses titanesques : sauterelles, fourmis,
guêpes, mulots, orvets, les serpents de verre, voire des couleuvres,
alouettes et bien d’autres s’y seront réfugiés après les moissons. Du
reste, cette population sera immanquablement de nouveau dérangée lors
de l’inévitable engrangement de la meule.
Après tous ces efforts, en
sueur, couvert de sueur et de poussière, décoré de centaines de fétus,
l’enfant s’allongera enfin dans son nid croustillant ; la tête appuyée
sur un morceau d’une botte sacrifiée à ce besoin.
Il fixera le ciel,
dénombrera les quelques nuages blancs s’affolant dans l’azur, repèrera
l’éventuelle alouette et enfin, soupirera d’aise et de grâce.
Il lui faudra maintenant compter une à une ces secondes de bonheur et de paix.
Bientôt,
il se dressera nonchalamment pour inspecter les alentours et se rendre
compte qu’aucune autre âme importune ne hante son paradis.
Au loin seulement, le nuage d’une dernière moisson et le son du clocher émergeant du vallon où sieste le village des adultes.
Alors,
parce qu’il est à un âge où le corps intéresse sans trop inquiéter
encore, il le libérera incontinent de tous ses vêtements : Les tennis
sautent ; la chemise vole puis le short et le slip seront jetés
hâtivement, non loin quand même.
Il s’étendra de nouveau, mais cette
fois complètement nu, livrant voluptueusement tout son être à la grâce
du ciel, du vent et du soleil.
D’un côté les caresses précises de
l’infini firmament et de ses éléments, et de l’autre, la gratte, la
pique, le chatouillis des insectes et de la paille non exempte d’orties
voire de ronces. Ce seront le sucré et le salé, le chaud et le froid,
l’aigre et le doux qui agiteront bientôt son sang et ses sens pour
provoquer peut-être une érection qui sera certainement saluée d’un rire
fier et cristallin.
Les mouches, les guêpes seront impitoyablement
chassées à coup de slip et de jurons étonnants et les sauterelles
harcelées jusqu’à la fuite.
L’enfant somnolera ensuite un bon moment dans le chassé-croisé voluptueux de tous ces contraires.
Après combien de temps viendra l’envie de pisser puis de partir ?
L’enfant
se lèvera alors de toute sa hauteur, bravant ainsi les impossibles
regards, puis, les mains sur la nuque, il libèrera tout sourire et en
archidiacre le jet de son urine à la grâce du vent et de l’altitude ;
sans pour une fois tenir le truc, c’est plus rigolo ainsi, bien sûr.
Alors,
du haut de la meule, il jettera ses vêtements que le chien, revenu d’on
ne sait où viendra renifler en remuant la queue ; il remettra
rapidement et scrupuleusement les lieux en place ; il glissera
agilement le long de la paroi dorée et se rhabillera hâtivement non
sans soupirer.
Il faut bien rentrer et quitter son
paradis : étriller et brosser le chien ; aller chercher le lait et les
oeufs à la ferme voisine ; avaler ces maudits salsifis ; finir les
devoirs de vacances ; prendre un bain ; enfiler ce foutu pyjama puis
constater qu’il est déjà vingt-deux heures pour aller se coucher en
traînant des pieds. Heureusement, il y aura la lecture de Jules Vernes ou de Bob Morane
sous les draps à la lampe de poche jusqu’à pas d’heure permise.
Avant de partir, l’enfant jettera un dernier regard à meule qui, dans une semaine au moins, aura disparu à jamais.
Toutefois, à l’ouest de la remise, s’étend un magnifique champ de maïs : Voici de nouvelles aventures en perspective !
Suivez le loup
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