Martin Lothar (depuis 2005)

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Enfin de loup

Ce blogue (de sept ans n') est (pas encore) fermé.

Mardi 23 août 2005 2 23 /08 /Août /2005 14:08

Classé dans la série : « Le loup savant »

Huit minutes et vingt secondes, c’est à peu près le temps qu’il faut à la lumière du soleil pour parvenir à la terre.
Ainsi, en marchant, il faudrait 3415 ans pour atteindre notre étoile. (Le soleil pour les incultes)
Je pars tout de suite.

Fin de loup


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Mardi 23 août 2005 2 23 /08 /Août /2005 10:15

Classé dans la série : « Les runes du loup-garou »

J'ai trouvé ça au fond de ma tanière parmi les feuilles et les ossements:

L'écume des vagues, c'était en moi qu'il fallait la chercher
Balayée, remuée, tourmentée, déchirée, mais debout
Ar Men: la Pierre
Debout, la tête dans le vent
Debout, le regard devant
Et le passé qui revient, si fort
Y croire encore, ai-je tort ?

(Laouenanig, l’île de Sein, Face au vent-avel abenn)


Note du loup : Maintenant qu’il ne vient plus rien du vent d’Ouest (comprenne qui pourra) le Vent-avel abenn semble hélas faiblir. Ce blogue, « Face au vent » de l’ombrageuse bretonne Laouenanig et qui est en lien à droite, est un des tous premiers dont j’ai découvert les charmes subtils. C’est plein d’embruns porteurs de toutes les lumières du monde, de flux et de reflux prometteurs, de rochers ou de galets diaprés, de goémons et de coquillages luisants des dernières caresses océaniques, polis de tendresse, de vie et d’amour. C’est aussi un buisson de fleurs colorées et parfumées, un festival d’oiseaux rieurs et d’insectes vibrants dans un jardin de délices.
Il y a encore des montagnes de larmes, de rêves et des déserts brûlants de solitude et de regrets.
Et puis les envies de pommes de cette Eve ensorceleuse…
Ce vent de paradis ne doit pas tomber : Comment voleraient les goélands du désir et les papillons du bonheur ?

Fin de loup


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Lundi 22 août 2005 1 22 /08 /Août /2005 22:02

 

Il y a des rêves insultants
Que le nombre installe
Et des songes qui s’égarent.

Neutralise le sapiteur qui s'essuie
Et tousse sur la butte.

L’huissier est immuable
Et  je me vide possiblement.

La crêpe se retourne au crépuscule.

Purifie le funambule qui ruisselle
Et gangrène dans la flache.

Le public se fige trop souvent.

Satisfait l’oracle qui s'amuse
Et râle dans le parc.

En vacances, les fœtus gouvernent.

Le novice est anoure
Et  se dénude lentement.

Le nombre explose à temps

 


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Lundi 22 août 2005 1 22 /08 /Août /2005 17:57

Classé dans la série : « Loups et loups-garous »

Un Américain, Robert McDonald, vient de terminer en Hollande la réplique d’un drakkar viking de quinze mètres de long et constitué uniquement de bâtonnets de glace.
Pendant deux ans, avec deux de ses potes, il a assemblé et collé quinze millions de bâtons d’esquimau glacé pour construire cet esquif sur lequel il rêve de traverser l’Atlantique.
Les bâtons sont en bois de bouleau et c’est vraiment du boulot.
Bon, j’espère qu’il ne les a pas bouffés ces millions d’esquimaux parce que l’océan n’est pas vraiment fait pour les obèses qu’Archimède et autre polygone de sustentation ont vite fait de pousser par-dessus bord.
Quinze millions d’esquimaux glacés ça fait aussi beaucoup de films à aller voir pour les sucer, entre autres choses, pendant l’entracte ou la pub (Pour Pepsi Danone bien sûr)
Cette homme-là doit être un grand cinéphile obèse maintenant.
Toutefois, sur les drakkars, il y a des rames et ce sport-là est excellent pour la ligne ; pour autant qu’on arrive à sortir du port.
Hier, aux JMJ de Cologne, le pape Benoît XVI a dénoncé le bricolage de la religion, mais pour construire un tel bateau, il faut assurément de la foi dans le bricolage.
Il faut être un peu givré aussi, même si ce genre d’exploit laisse de glace beaucoup de gens finalement.

Quand j’étais enfant, en regardant flotter dans mon bain une moitié de coquille de noix (de celle qu’on fait échouer sur l’archipel de son nombril), j’avais imaginé construire un bateau de pirates, grandeur nature et formé uniquement de coquille de noix.
Il faut bien que les enfants rêvent car qui le fera pour eux ? Certainement pas nos hommes politiques et leurs factions d’abstentionnistes.
Tiens, je crois que je vais entreprendre cela dès demain : Le trois-mâts de Rackam le Rouge tout en coquilles de noix.
Oui, je le sens bien ce coup-là.
Le plus long sera sans doute de retrouver mon tube de colle…

Fin de loup


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Lundi 22 août 2005 1 22 /08 /Août /2005 11:11

Classé dans la série : « Les runes du loup-garou »

J'ai trouvé ça au fond de ma tanière parmi les feuilles et les ossements:

  • Aucun oiseau n’a le coeur de chanter dans un buisson de questions…
  • L’essentiel est sans cesse menacé par l’insignifiant.

(René Char, 1907-1988, A une sérénité crispée, Recherche de la base et du sommet)

Note du loup : Comment ne pas se sentir intelligent à la lecture des poèmes et textes de René Char ? Derrière ce poète subtil, clair et précis surgit sans cesse un philosophe inquiet, rêveur et attachant (et vice vertu)
Il sera l’auteur de nombreuses runes encore : Une mine, un trésor !

 

Fin de loup


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Dimanche 21 août 2005 7 21 /08 /Août /2005 14:06

Classé dans la série : « Haïkus et iculs »

Le petit marché s’anime sous le beffroi
Où les bonimenteurs sont tous rois
Et j’ai froid.

Fin de loup


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Samedi 20 août 2005 6 20 /08 /Août /2005 18:21

Classé dans la série : « D'un labyrinthe »

Lassé d’appeler son chien perdu un temps à poursuivre l’immangeable, le garçon inspectera l’étendue des champs à la recherche d’une meule de paille.
Il trouvera son idéal dans une de ces constructions éphémères placées non loin d’une remise.
Les remises sont ces petits-bois souvent oblongs qui parsèment les plaines de Beauce ou de Picardie notamment : Elles servaient à remiser un temps les machines et les outils agricoles et sont les abris permanents de toute la faune, la flore et tous les artefacts de ces espaces champêtres. Elles forment finalement des lieux paradisiaques pour les enfants des campagnes. Les remises seront les objets d’un autre texte de ce blogue.
A travers les chaumes meurtrissant de leur pique les mollets, l’enfant marchera d’un pas décidé vers la meule choisie, qui constituera pour lui le lieu unique de quelques heures d’un bonheur intense et inoubliable.
Il faut évidemment investir cette forteresse, en escalader les murailles et à cet effet, il fera un crochet par la remise à l’orée de laquelle il ramassera quelques solides bois morts.

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Aux pieds des remparts de paille faisant front à la remise – pour ne pas être aperçu - l’enfant plantera les premières branches dans les interstices accessibles de ces briques de paille ; puis il gravira cet escalier de fortune jusqu’à ce qu’il se retrouve au sommet de cette île blonde et éphémère.Là-haut, après avoir poussé les moyettes retenant la bâche de mauvais plastique, il la roulera soigneusement sur un des côtés pour libérer ce qui ira vite devenir l’espace du salon de la plus haute tour.
A grande peine, quelques briques intérieures seront déplacées pour former les créneaux salvateurs de tous les regards.
En creusant le sommet de cette immense brioche, l’enfant découvrira qu’elle est désormais le squat de toute une faune chassée de son domicile originel par les batteuses titanesques : sauterelles, fourmis, guêpes, mulots, orvets, les serpents de verre, voire des couleuvres, alouettes et bien d’autres s’y seront réfugiés après les moissons. Du reste, cette population sera immanquablement de nouveau dérangée lors de l’inévitable engrangement de la meule.
Après tous ces efforts, en sueur, couvert de sueur et de poussière, décoré de centaines de fétus, l’enfant s’allongera enfin dans son nid croustillant ; la tête appuyée sur un morceau d’une botte sacrifiée à ce besoin.
Il fixera le ciel, dénombrera les quelques nuages blancs s’affolant dans l’azur, repèrera l’éventuelle alouette et enfin, soupirera d’aise et de grâce.
Il lui faudra maintenant compter une à une ces secondes de bonheur et de paix.   
Bientôt, il se dressera nonchalamment pour inspecter les alentours et se rendre compte qu’aucune autre âme importune ne hante son paradis.
Au loin seulement, le nuage d’une dernière moisson et le son du clocher émergeant du vallon où sieste le village des adultes.
Alors, parce qu’il est à un âge où le corps intéresse sans trop inquiéter encore, il le libérera incontinent de tous ses vêtements : Les tennis sautent ; la chemise vole puis le short et le slip seront jetés hâtivement, non loin quand même.
Il s’étendra de nouveau, mais cette fois complètement nu, livrant voluptueusement tout son être à la grâce du ciel, du vent et du soleil.
D’un côté les caresses précises de l’infini firmament et de ses éléments, et de l’autre, la gratte, la pique, le chatouillis des insectes et de la paille non exempte d’orties voire de ronces. Ce seront le sucré et le salé, le chaud et le froid, l’aigre et le doux qui agiteront bientôt son sang et ses sens pour provoquer peut-être une érection qui sera certainement saluée d’un rire fier et cristallin.
Les mouches, les guêpes seront impitoyablement chassées à coup de slip et de jurons étonnants et les sauterelles harcelées jusqu’à la fuite.
L’enfant somnolera ensuite un bon moment dans le chassé-croisé voluptueux de tous ces contraires.
Après combien de temps viendra l’envie de pisser puis de partir ?
L’enfant se lèvera alors de toute sa hauteur, bravant ainsi les impossibles regards, puis, les mains sur la nuque, il libèrera tout sourire et en archidiacre le jet de son urine à la grâce du vent et de l’altitude ; sans pour une fois tenir le truc, c’est plus rigolo ainsi, bien sûr.
Alors, du haut de la meule, il jettera ses vêtements que le chien, revenu d’on ne sait où viendra renifler en remuant la queue ; il remettra rapidement et scrupuleusement les lieux en place ; il glissera agilement le long de la paroi dorée et se rhabillera hâtivement non sans soupirer.   
Il faut bien rentrer et quitter son paradis : étriller et brosser le chien ; aller chercher le lait et les oeufs à la ferme voisine ; avaler ces maudits salsifis ; finir les devoirs de vacances ; prendre un bain ; enfiler ce foutu pyjama puis constater qu’il est déjà vingt-deux heures pour aller se coucher en traînant des pieds. Heureusement, il y aura la lecture de Jules Vernes ou de Bob Morane sous les draps à la lampe de poche jusqu’à pas d’heure permise.
Avant de partir, l’enfant jettera un dernier regard à meule qui, dans une semaine au moins, aura disparu à jamais.
Toutefois, à l’ouest de la remise, s’étend un magnifique champ de maïs : Voici de nouvelles aventures en perspective !

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