Mercredi 1 novembre 2006
3
01
/11
/Nov
/2006
14:47
Notre forêt se démène en ses squelettes sombres que baigne une brume torpide.
Nos arbres se dépouillent de leur vanité rousse et de leurs lambeaux se repaît le peuple minuscule de l’humus et de la terre morne et fraîche.
La nation croustillante des lichens s’épaissit en tapis ou en châles diaprés sur les meubles des souches et des fûts transis.
Les roches ne sont pas épargnées de champignons et de feuilles et s’épuisent en flux de rosée moissonnant leurs essences organiques.
Ce fleuve universel rejoint puissamment la masse des fibres, des feuilles et des élytres fourbues et s’infiltre en bruissant dans l’athanor argileux des sols gorgés de toutes les promesses.
Cycles de lunes, de saisons, de soleils, de chairs et de terres allant et venant en des vortex écumant de pluies, de sèves, de rosées, de larmes, de sangs, d’urines, de sueur, de baves et de
foutres éloquents.
Les peuples nomades des insectes, des mammifères et des volatiles maintenant se terrent dans les creux de toutes terres et de toutes pierres ou dans les murs nidifiés des écorces
ruisselantes.
Nous ne devinons plus que les haleines cotonneuses des sangliers en leur souille ou des cerfs rutilants désemparés dans leur juste taillis.
La meute vibrante d’une lune pâle entonne alors au soir les sirènes d’un automne d’avant-garde annonçant ainsi des temps porteurs d’ombres et de frimas.
Ecoutez-moi la meute :
D’un hiver, nous
voyagerons dans notre jungle en cherchant sans relâche notre première et unique tanière.
Je vous le dis la meute :
Nous la retrouverons enfin et nous en chasserons les usurpateurs même si nous les aimons.
Sans joie et sans pitié,
nous les massacrerons s’ils résistent même si nous les aimons.
Même si nous les aimons, nous rongerons leurs os sur
nos couches enfin reconquises.
Lève-toi la meute et marchons loin, très loin.
Il le faut maintenant car j’aperçois au loin les prémisses brumeuses de celle qui nous poursuit depuis la nuit des
temps.
Elle vient.
Quoi
?
L’apocalypse.
Mardi 31 octobre 2006
2
31
/10
/Oct
/2006
20:19
Le texte de cette troisième partie a été regroupé avec les trois autres dans cette
note.
Lundi 30 octobre 2006
1
30
/10
/Oct
/2006
20:04
Le texte de cette deuxième partie a été regroupé avec les trois autres dans cette
note.
Dimanche 29 octobre 2006
7
29
/10
/Oct
/2006
10:00
Le texte de cette première partie a été regroupé avec les trois autres dans cette
note.
Vendredi 20 octobre 2006
5
20
/10
/Oct
/2006
21:19
Le mot le plus rigolo de la langue française est vraiment le mot « rigolo »
D’abord parce qu’il est rigolo à dire et à écrire et ensuite, parce qu’il veut dire « rigolo »
C’est vrai que l’on dirait le nom d’un clown ou autre fantasque et distrayant personnage de comédie (ou pas) !
Bravo donc à Monsieur Camille qui a parfaitement répondu à ma question du jour.
Et bravo aux autres rigolos de service pour leur participation rigolote.
De plus le mot « rigolo » doit être un des mots les plus souvent prononcés dans la logosphère francophone.
A tel point, qu’on le croit « familier », voire argotique pour ne pas dire enfantin.
Le féminin de rigolo est « rigolote »
Ce qu’il y a de rigolo là-dedans c’est que le rigolo mâle ne prend pas le thé que sa femelle nous sert pourtant avec des œufs en plus.
Par ailleurs, le rigolo a été longtemps célibataire et beaucoup de nos ancêtres ont dit « des choses rigolos » qui étaient quand même rigolotes, hein !
Aussi, ne tiquerai-je pas quand d’aucune écrive « rigolot » en prenant le mâle thé (Merci Mido !)
Je ne sortirai pas mon revolver (appelé aussi rigolo) ni mon zizi (nommé souvent rigolo) non plus, hein !
Bien que maintenant il soit certainement supplanté par le jeune « marrant » des familles ou le « ça déchire grave » des banlieues en feu, le rigolo a ses lettres de noblesse et bien des avatars
pour ne pas dire de multiples cousins.
Notre bon maître François Rabelais « rigoullait » déjà dans son quart livre et dès lors, les étymologistes se perdent en conjectures et en théories sur les origines de notre « rigolo »
Bon, je vous passerai bien des délires pour ne retenir que la version voulant qu’il soit un des premiers « mots-valises » de notre belle langue Françoise, franche et oisive.
Notre rigolo viendrait ainsi des mots « rire » (Du latin « ridere » rire, sourire, se moquer) et « galer » (s’amuser, se divertire, s’envoyer en l’air)
Le mot « galer » vient lui du Francique « *wala » qui signifierait « bon, doux, agréable, paradisiaque) et qui devint le substantif désignant tout amusement, divertissement, ou débauche au grand
pied bleu.
Ce « galer » a produit les fameux « galant » et sa génération de galanterie et de galanthommerie pour finir par notre moderne « gala » bien people et pailleté (ou pas)
Charlie Bregman (en lien aussi à droite, pub) me rappelle par un commentaire sur cette note le cousin mot "régal" (re galer) qui nous
régale avant de nous faire rigoler.
Le bon François de Montcorbier ou des Loges alias François Villon (un voyou, vaurien et rigolo des neiges, des faubourgs et d’autres banlieues d’antan, auquel je me sens plus proche d’ailleurs
que certaines tâches graves, débiles, indélébiles et trop contemporaines) nous a aussi laissé cette note graphitée et intemporelle :
Je plains (je regrette) le temps de ma jeunesse
(Ouquel j’ai plus qu’autre galé
Jusqu’à l’entrée de vieillesse)
Qui son partement m’a celé…
(Le Testament, XXII)
Rigolons donc pendant qu’il en est temps sachant que dans notre beau pays luxueux, bananier, médiatique et insouciant, toutes les
fêtes galantes se terminent inévitablement sinon par une chanson que nous savons ou non de Marseille, du moins par un gros mal (ou manque) de tête et que les lendemains de banquets se ressourcent
dans les bains du sang de nos larmes coulant dans les rigoles de nos joues amaigries.
Attention : Ne pas confondre « rigolade » et « rigolage » Ce dernier étant relatif à l’irrigation des sillons enfin abreuvés dont on ne sait de quel liquide trouble ou troublant.
Fin de loup
Vendredi 13 octobre 2006
5
13
/10
/Oct
/2006
21:26
Le crache-thune est pour moi et certains autres, un distributeur de billets ou de monnaie.
Je tiens ce néologisme d’un loupiot de ma meute et ma foi, je l’ai adopté (le mot, pas le loupiot, hein !)
Bon, vous ne trouverez jamais ce terme dans les conditions générales des services que votre banquier peut vous fournir éventuellement.
Parce que les banquiers français qu’ils soient privés ou publics (Si vous y voyez une quelconque différence d’ailleurs – C’est comme la télé ou la radio - MDR !) se doivent de respecter toutes
les institutions franchouillardes dont, notamment la sacro-sainte Langue de chez France qui ne peut survivre – paraît-il - que de décrets bien légaux de chez Colbert & Jacobin SA.
Comme l’Histoire et la mémoire des Autres d’ailleurs… (Je me comprends et me contiens hein !)
Ce mot est composé d’une déclinaison du verbe « cracher » et du substantif « thune »
Le mot « cracher » viendrait du Latin « craccare » dérivé d’une onomatopée romane et germanique « krakk » qui grosso de chez Modo signifiait « produire, émettre, expulser »
Bon, malheureusement, les crache-thunes ne sont jamais pulmonaires ni nauséeux.
L’étymologie du mot « thune » est plus discutée.
Certes dans tous les cas, c’est de l’argot - fort ancien, mais qui dans une version viendrait de « Thunes ou Tunis » qui était le surnom du « roi des gueux » en sa cour des miracles.
Dans une autre explication (par forcément divergente) le mot « thune ou tune » aurait pour origine le mot gallo-romain « *tutina » dérivé de « tutari » (protéger, se protéger d’un besoin
quelconque) et qui en fin de compte (si j’ose dire) signifie « aumône »
Bon sinon, le crache-thune est une de ces machines du diable qui me stresseront toujours : Ma CB va t-elle revenir ? Le code que j’ai tapé est-il le bon ? Mon compte est-il « humide » de bon
liquide chèrement gagner à la sueur froide de mon front bouillonnant ? Les billets vont-ils enfin sortir ?
Est-ce que je demande un reçu (ou pas) ?
Cette note a une suite, mais classée dans une autre catégorie de ce blogue et qui sera publiée demain.
Fin de loup
Jeudi 12 octobre 2006
4
12
/10
/Oct
/2006
21:27
Hiram, fils d’Hiram et petit-fils d’Hiram naquit dans un
petit village de Macédoine en 293 avant Jésus-Christ.
Comme ses ancêtres, il cultivait l’humilité, les langues et de multiples arts telle l’alchimie, la médecine, la divination, la pharmacopée, la métallurgie, l’astrologie, la botanique.
Il gagnait sa vie à soigner tous les maux de la terre, des esprits et des corps ; à tatouer les peaux ; à désenvoûter ; à dératiser et surtout à vendre tout onguent, filtre et mixture de sa
composition.
Il était aussi maître dans l’art de l’embaumement des morts.
Hiram dérogeait cependant quelque peu à son hérédité en étant resté plus de trente ans dans le même pays et surtout, dans le même village.
Pourtant un jour, ses gènes sans doute lui commandèrent de quitter son pays natal pour aller s’établir avec sa femme et ses trois fils en Mésopotamie, non loin de Babylone dont le roi Alexandre
le Grand venait d’ouvrir la route et de prendre le trône.
Il s’établit dans un petit village de pêcheurs sur les bords de l’Euphrate où ses multiples arts et métiers furent très vite appréciés dans toute la région.
Ses jours s’écoulaient paisibles mais fort bien remplis quand vers la mi-juin de l’an 323, sa vie et celle de sa famille basculèrent soudainement.
Un soir en effet, toute la maisonnée fut réveillée par une galopade et bientôt de forts coups frappés à la porte.
Hiram ouvrit à un officier Grec de l’armée d’Alexandre qui sans aménité s’engouffra dans la maison, suivi de quatre soldats porteurs d’une civière sur laquelle reposait un cadavre recouvert d’un
drap blanc.
L’officier demanda à Hiram s’il pouvait embaumer ce corps dans les règles de l’art et le conserver pendant plusieurs semaines jusqu’à ce que l’on vienne le reprendre pour aller l’inhumer en son
pays.
Cette requête étonnante dans sa nature et ses circonstances attisa d’emblée l’inquiétude d’Hiram qui s’enquit alors auprès de l’officier de plus de détails sur le mort et sa funèbre
destination.
Le soldat refusa toute explication, mais tendit à Hiram une lourde caissette remplis de pièces d’or en acompte de ses services et de son silence.
Cette somme était considérable ce qui ne fit que compléter l’inquiétude d’Hiram.
L’officier l’assura que le même montant lui serait versé à l’enlèvement du corps embaumé.
Hiram, très hésitant, mais conscient qu’il n’aurait pas vraiment le choix, demanda à examiner le cadavre avant d’accepter cette « mission »
Le drap fut soulevé en découvrant le corps nu déjà putréfié d’un homme d’environ trente ans et en libérant une odeur infecte.
Hiram – en guise de défausse - déclara alors à l’officier que le cadavre était déjà bien trop pourri pour être embaumé efficacement et qu’il n’y avait plus qu’à le brûler ou l’enterrer au plus
vite.
L’officier lui rétorqua qu’il allait de sa vie et du bonheur de sa famille que de lui restituer dans quelques semaines, un corps présentable et transportable.
Sur ces menaces, il tourna les talons et disparu dans la nuit avec sa troupe.
Hiram resta jusqu’au matin à retourner sa panique dans son cerveau : A n’en pas douter, il était désormais mêlé peu ou prou à il ne savait quelque sordide histoire ou complot et quelque fut sa
compétence et son zèle dans cette « mission », rien de bon pour lui ne pouvait en résulter.
Il examina enfin le corps de plus près : le cadavre était dépouillé de tout vêtement et ornement. Les œuvres de la mort n’avaient pas encore terni le grain de la peau qui ne pouvait avoir
appartenu qu’à un être de la noblesse. De nombreuses cicatrices entaillaient à peu près toutes les parties du corps, mais elles étaient trop anciennes pour être à l’origine de la mort.
Hiram opta bientôt pour une mort par maladie ou éventuellement par empoisonnement.
Alors qu’il allait recouvrir le cadavre de son drap, Hiram remarqua un petit tatouage sur l’épaule gauche.
Il s’approcha pour l’examiner de plus près : Il représentait la lettre grecque « alpha » inscrite dans un cercle lui-même cerné d’un triangle et le tout entouré d’un carré.
Reconnaissant ce tatouage, Hiram crut défaillir.
Aussitôt, il réveilla toute sa famille et ordonna à ses fils d’aller creuser une tombe au plus profond de la cave située sous la maison et demanda à sa femme et ses serviteurs d’emballer tous
leurs biens pour un prochain départ.
Une fois le cadavre enterré dans la fosse de la cave et la fouille bien masquée ; une fois les meubles et les biens chargés sur des ânes et des charrettes, Hiram et toute sa famille quittèrent le
village nuitamment pour regagner leur Macédoine natale.
Hiram retrouva son village d’origine et il y reprit ses activités avec bonheur jusqu’à sa mort, vingt ans plus tard.
Peu avant de mourir, il écrivit toute cette histoire sur un parchemin qu’il enferma avec d’autres documents dans une caissette laissée à l’intention des ses enfants.
Ces derniers négligèrent ces papiers et ce n’est que trente plus tard que le petit-fils d’Hiram pourra lire cette aventure et en connaître le secret.
En fait, Hiram y révélait que le signe des plus ésotériques qui soit et aperçu sur l’épaule du mort avait été tatoué par son propre père sur la peau d’un jeune prince du nom d’Alexandre, fils du
roi Philippe de Macédoine.
Note : Le mystère plane encore sur les circonstances de la mort d’Alexandre le grand qui est survenue au cours de ses 33 ans, le 10 juin 323 (avant JC) à Babylone.
Beaucoup avancent qu’une fièvre emporta rapidement ce roi déjà bien fatigué par de nombreuses blessures au combat, des cuites régulières et des partouzes fréquentes.
Par ailleurs, nul ne sait si son corps a rejoint le tombeau qui lui aurait été construit à Alexandrie (ou à Memphis) et que d’ailleurs personne n’a encore retrouvé.
Derniers Commentaires