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Quantiques du loup

Samedi 18 décembre 2010 6 18 /12 /Déc /2010 22:09

ErnstEuropePluie.jpgFrères humains qui avec moi vivez, en vérité je vous le dis : je n’ai jamais connu un vieil automne aussi mordant, aussi floconneux, aussi glissant.

Je n’ai jamais connu un vieil automne aussi pisse-froid. Je n’ai jamais connu un vieil automne aussi chiant.

Même pas quantique.

Le plus jeune des hivers n’est pas encore né que j’en ai déjà marre de toutes leurs saisons à la con.

Saint-Jean le baptiste se prend déjà une tête qu’il n’a pas encore perdue.

Mardi, sur le plateau des équinoxes, sera le solstice. Mardi prochain sera le plus jeune des hivers, qui nous montrera peut-être sa face d’apocalypse.

Enfin !

Jupiter, le caillou, pas le deus pater, hélas, n’a jamais été aussi proche, mais les anges n’ont plus de ski ni de sexe et les ogres sont sans culotte.

Au prochain renouveau, au solstice d’été, aux feux de l’autre Jean, nous ferons sans doute les bilans de nos bals et de nos violons (ou pas…)

Les vautours, les cigales et les homards s’en brosseront les dents.

Pour sauter un feu, qu’il soit vert, orange ou rouge, pour sauter un feu il faut être vivant.

Comme quoi, la météorologie, l’ethnologie, la génétique, l’écologie, l’économie, sont des sciences trop jeunes et trop sages pour être confiées aux politiques.

Qu’ils aillent se faire foutre ces faux minuscules guignols à deux balles de mes deux.

Comprenne qui pourra.

Dig it. (digitus)

Et d’autres vieux parapets, comme disait Arthur (Rimbaud, pas le roi, hélas, pauvre Yorick…)

 

Illustration : Max Ernst (1891-1976) l'Europe après la pluie, 1942, Wadsworth Atheneum, Hartford, Collection. USA.

 

Fin de loup


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Dimanche 12 décembre 2010 7 12 /12 /Déc /2010 21:18

Je recopie bêtement ci-dessous un mail qu’un sacripant de jeune homme nommé Adrien Dupuis-Heptner  (metteur en scène) m’a envoyé il y a quelques jours.

Pourquoi je fais ça ? Je ne sais. Je connais Adrien (et son estomac), mais je ne saurai jamais ce qu’il fait ou ce qu’il vaut. Le reste ou la suite, c’est votre problème (c’est ça les blogues) :

 

Dans le cadre de la seconde édition du Festival Pleins Feux sur la jeune création, qui se tiendra du 5 au 30 janvier 2011 au Théâtre de l’Opprimé, nous avons le plaisir de vous inviter à venir découvrir : du 5 au 9 janvier (2011) :


Variations sur la mort


Une pièce de Jon Fosse, traduite par Terje Sinding, proposée par Teatro Nudo.

Mise en Scène : Adrien Dupuis-Hepner

Assisté par Honorine Sajan

Scénographie : Jean-Marc Alby

Lumières : Ruddy Fritsch

Avec :

La Femme Agée : Chloé Froget

L’Homme Agée : Xavier Guerlin

La Jeune Femme : Ariane Brousse

Le Jeune Homme : Pierre-Emmanuel Vos

La Fille : Blandine Laignel

L’ami : Jean Barlerin

 

S’il te plaît : oui j’ai pensé tout d’un coup. Oui à quand tu étais petite. Est-ce qu’il y a des choses dont tu souviens, dont tu souviens mieux que les autres. Quelque chose qui est resté gravé ? Oui. Oui quelque chose qui est là et qui persiste en toi ; quelque chose qui fait partie de toi ; quelque chose qui t’aide à vivre.

Une jeune fille est morte. La Jeune Fille et la Mort. Une jeune fille s'est noyée. Ses parents, séparés depuis des années, se retrouvent autour de ce deuil. Autour de cette mort incompréhensible vient le temps d'affronter souvenirs, non-dits et blessures.

Tout est si loin, dit la mère en deuil, et pourtant le passé redevient brusquement étonnement proche, comme si la vie entière allait recommencer...

Sur la structure musicale « thème et variations », Jon Fosse déroule les vagues de mémoire d’un couple confronté à la disparition.

Ce qui reste au-delà du manque et de l’absence c’est la vie elle-même, très douce et très terrible, dans un rapport nouveau où le Temps est comme aboli par la mort.

Mais chez Fosse, l’essentiel reste – entre les mots et les notes – la musique du silence et son indicible vertige. Entre la musique de cette écriture nordique et celle des Variations Goldberg, entre les mots du quotidien et la présence du sacré, il y a cet essentiel que nous cherchons à conquérir, doucement et humblement : le théâtre.

 

Du mercredi au samedi à 20h30, le dimanche à 17h

Plein Tarif : 16 € Tarif Réduit (chômeurs, étudiants, intermittents, habitants du 12ème) 12 €

Théâtre de l’Opprimé, 78, rue du Charolais - 75012 Paris.

Réservations au 01 43 40 44 44

 Stations de Métro : Gare de Lyon, Reuilly-Diderot ou Montgallet.

 

Fin de loup


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Vendredi 19 novembre 2010 5 19 /11 /Nov /2010 21:52

DurerChevalierMortDiable.jpgFrères humains, qui avec moi vivez, en vérité je vous le dis :
Puisque les hommes n'ont pas voulu obéir à la Vie, il faut qu'ils obéissent à la Mort. (Léon Bloy, Journal)
« Halt sunt li pui e li val tenebrus ». (Hauts sont les monts, obscures les vallées) Chanson de Roland.
Il est inique de vivre de vol ; mais voler sa mort est sublime (Sénèque, lettre à Lucilius. Lettre LXX)
La reproduction est le commencement de la mort. (James Joyce, Dedalus)
Nous troublons la vie par le soin de la mort ; l'une nous ennuie, l'autre nous effraye. (Montaigne, les Essais)
Soit cet homme est mort, soit le temps s'est arrêté. (Groucho Marx, film « A day at the races »)
Un remords vaut mieux qu'une hésitation qui se prolonge. (Henry de Montherlant, La Reine morte)
Que le chauve sourit, même la mort ne le décoiffera pas (Martin Lothar, les Chroniques du loup-garou)
Tous les jours vont à la mort, le dernier y arrive. (Montaigne, les Essais)
Quand on ne sait pas ce qu'est la vie, comment pourrait-on savoir ce qu'est la mort ? (Confucius, Entretiens)
Tu ne luttes point contre la mort en ensevelissant les cadavres. (Antoine de Saint-Exupéry, la Citadelle)
L'ennui est un des visages de la mort (Julien Green, Journal)
Un tombeau reste toujours la meilleure fortification contre les tempêtes du destin. (Georg Christoph Lichtenberg, Aphorismes)
Mourir est vraiment la dernière des choses à faire (Martin Lothar, les Chroniques du loup-garou)

Illustation : Albrecht DÜRER (1471-1528, Nürnberg) Le chevalier, son chien, son cheval, sa mort, son diable, sa vie, sa poésie, sa prose, sa femme, son gosse, son voisin, son Graal, son épée, sa bite, son château, son Espagne, son tas de sable, son couteau, son prochain et sa merde enfin, voire encore et plus (1513) Gravure (245 x 188 mm) Staatliche Kunsthalle, Karlsruhe, Europe.

Fin de loup


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Vendredi 12 novembre 2010 5 12 /11 /Nov /2010 13:49

BoschArcheNoe BoschChuteAnge

Quand je serai jeune, j’irai pisser avec l’ange du tepuy

Un tepuy est une montagne magique, modelée il y a des cierges et des siècles par on ne sait trop quel géant tellurique et tropical.
Un tepuy est un lieu souvent inaccessible, plus a-humain qu’inhumain, où grouillent, une faune et une flore sans doute de première et de dernière génération.
Un tepuy est un monde perdu, un monde non trouvé dirais-je, où vivent, croissent, se forment, se déforment et se délitent les fractals fantasques d’une nature songeuse et infantile en son désert du haut.
Un tepuy est une sorte de paradis terrestres, un tepuy est à coup sûr le repère, la tanière du Grand Pan pourchassant et enchantant inlassable les formes, les couleurs, les téguments, les sensations du présent des êtres et des choses qui n’existent que dans cet impossible endroit.
Un tepuy est un lieu quantique suspendu entre un ciel de brume et une terre d’Amazone.
Un tepuy est une forteresse d’enfance percluse d’insondables dolines où s’imaginent des arches et des aventures incroyables.
Un tepuy...
Sur un de ces tepuys, il y a un ange qui pisse une cascade longue dans la gorge du diable. Cet ange est le vrai fils de Pan, mais ce diable est un voyou, ce démon n’est qu’un vulgaire hors-la-loi sans grand avenir, dirons-nous.

Gâte l’ange qui s’asperge
Et s’affaisse sur la berge.

Quand je serai jeune, j’irai pisser avec l’ange du tepuy.



Illustrations : Hieronymus Bosch (vers 1450-1516) La chute de l’ange rebelle et l’arche de Noé sur le mont Ararat (1500-1504) huile sur deux faces d’un même panneau (69 x 38 cm)
Museum Boijmans Van Beuningen, Rotterdam, Europe.

Lien : Les tepuys sur Wikipedia

 

Fin de loup


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Vendredi 5 novembre 2010 5 05 /11 /Nov /2010 22:49

J’ai reçu ça, au fond de ma tanière, sur le tas de feuilles et d’ossements :

Les Heures Musicales de Bon Secours
Concert du dimanche  7 novembre 2010 à 19h30
Eglise luthérienne du Bon Secours
20, rue Titon   75011 Paris
M° Faidherbe-Chaligny ou Rue des Boulets
Résonances pour un temple
Lise Lienhard, piano
François Couperin, Urmas Sisask, Emmanuel Chabrier, Toru Takemitsu, Mel Bonis, Frederic Mompou
(durée 45 mn environ, participation libre)
Entre les univers de l'estonien Urmas Sisask puisant son inspiration sous le ciel étoilé, du japonais Toru Takemitsu caractérisé par la complexité de sa fulgurance sonore, et du catalan Frederic Mompou qui, à travers une alchimie de sonorités et de silence, fait surgir en nous une écoute toute intérieure, les musiques de Couperin, Chabrier et Bonis ponctuent ce concert avec leurs harmonies plus familières.
Invitation à entrer dans l'intemporel.
 
Le Piano Lyrique
31850Mondouzil


pianolyrique@gmail.com

Note du loup
En plus, ce concert est gratuit. Ceux qui n’y seront pas seront damnés (comme moi, na ! Et je peux vous dire que ça fait mal d’être damné)
Mon informatrice est la charmante, chantante et musicale Giov (une soprano de chez Pro & Authentique — j'ai testé — et de chez Frivoli aussi. Alors...)
Bon d’accord (en bémol) : l’intemporel peut faire très peur, mais maître Couperin, quand même...
Exécution. Silence dans les rangs. Rompez.

Fin de loup


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Vendredi 8 octobre 2010 5 08 /10 /Oct /2010 19:06

OieFregiere.jpgSi le foie est gras, la foi est grâce

Et si nos lois nous lassent,

L’oie passe.

 

Illustration : Photo de Martin Lothar. L’oie, hôtesse du restaurant. Aveyron, Europe. Juin 2010

 

Fin de loup


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Mercredi 26 mai 2010 3 26 /05 /Mai /2010 19:58

Je suis furieux ; je suis révolté ; je suis ulcéré, déçu, frustré, désenchanté ; je suis même zoutré grave.
Le festival cinématographique de notre bonne ville de Cannes (Europe) a en effet méprisé profond mon génial film « du miel pour les ours »
non seulement, ce minimétrage n’a eu aucun prix, mais il n’a jamais été évoqué par le jury ou encore les festifs veaux qui trainaient leurs mocassins dorés sur la Croisette.

C’est honteux ; c’est une insulte à l’art ; c’est une injure à mon génie !

Bon d’accord, il n’avait pas été sélectionné ni même proposé à la sélection, et le génie n’a pas de prix, mais ce n’est pas une raison, na !

Au lieu de ça, c’est un film même pas européen qui a eu le napalm d’or et je ne m’en souviens ni du titre, ni du nom du réalisateur qui est à coucher dehors (son nom, pas le bonhomme)
Je n’ai pas vu ce navet pistonné au politiquement correct, mais selon les premières victimes de sa projection, ce serait aussi long et chiant qu’un film de Duras — il fallait le faire hein !

Moi, qui ai dépensé tant de temps, de santé et d’argent pour réaliser cet archi chef-d’oeuvre de toute l’histoire du cinéma qu’est « le miel pour les ours » ; moi, qui me suis pressé les neurones, les manettes et même le reste du ciboulot pour écrire un scénario passionnant et des dialogues étourdissant d’humour et de spiritualité ; moi qui ai composé une musique originale et ultra contemporaine que même Phillip Glass, les Pink Floyd ou encore Bach en sont jaloux, je le sais, je le sens.

Tant pis pour eux, je vous le dis !
Dorénavant, je les méprise ces nuls de la bobine. Qu’ils aillent se faire projeter et palmer au diable !

Pour ceux de mes lecteurs de tout âge, poil, sexe, horizon et statut qui n’ont pas assisté à la première de « du miel pour les ours », ils peuvent s’en payer gratos la projection en continu en allant voir par ici.

Je suis zoutré.

Fin de loup


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